Transparence : splendeurs et misères de Günter Glass, roi des carreaux / Passion du livre

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Couverture du livre Transparence : splendeurs et misères de Günter Glass, roi des carreaux

Auteur : Alex Christofi

Traducteur : Nathalie Peronny

Date de saisie : 25/11/2015

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fleuve éditions, Paris, France

Collection : Littérature générale

Prix : 18.90 €

ISBN : 9782265099470

GENCOD : 9782265099470

Sorti le : 03/09/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

À l'image du verre, dont il porte le nom, Günter Glass est la transparence, la pureté, l'honnêteté même. Dans la ville de Salisbury où il a grandi (un peu), il fait figure de Candide bouboule, myope et accro aux gaufres. Si bien qu'à vingt ans, muni d'un optimisme débordant, d'une frêle culture wikipédiesque et d'une fascination immodérée pour la matière translucide, il se satisfait pleinement d'un emploi de laveur de carreaux - discipline où il excelle au point d'être réclamé sur les plus hauts gratte-ciel londoniens... Mais la vie est opaque aux ingénus. Entre un patron fasciste, un premier amour désarçonnant, un frère aussi teigneux que sourd-muet et un colocataire aussi allemand qu'ermite, le naïf Günter expérimente les vertiges de l'âge adulte. Comment faire le bien quand tout est si compliqué ? Voir au travers d'un monde aux facettes si multiples ? Et si la perfection, comme le verre, passait plutôt par des milliards de petites impuretés ?

Alex Christofi est né en 1987 à Dorset en Angleterre. À seulement 27 ans, cet auteur prodige a déjà écrit pour le théâtre et a publié plusieurs textes dans des revues de poésie de référence au Royaume-Uni. Remarqué par les critiques littéraires du Guardian, Transparence a été classé parmi les premiers romans les plus prometteurs de 2015 et vendu dans plusieurs pays avant parution.

«Une histoire aux multiples niveaux de lecture qui dépeint l'apprentissage d'un homme à travers le prisme, déformant mais formateur, de la vie.»
Financial Times

«L'écriture de Christofi impressionne par son humour, son inventivité et son charme décalé.»
The Times





  • Les premières lignes

La maison de Glass

Mon nom est Glass. Ça ne s'invente pas. Ma mère avait conclu un marché avec mon père : puisqu'il me transmettait son patronyme, c'était à elle de choisir mon prénom. Par nostalgie de sa terre natale, sans doute, elle opta pour un solide prénom germanique, un nom de héros. C'est ainsi que je fus baptisé Günter.
Je crains de ne pas survivre à ma vingt-troisième année. Depuis le décès de ma mère, il y a neuf mois, j'ai entamé un nouveau travail, ce qui m'a valu de rencontrer un certain nombre de personnes et de tuer l'une d'entre elles par suite d'un malentendu. Mais mes vingt-deux premières années d'existence ont été riches d'autres événements que je me dois d'expliquer d'abord.
Mes débuts, comme vous pouvez l'imaginer, furent somme toute ordinaires. Je passai par toutes les phases habituelles : légumière (0-1), animale (1-4), mémorable (4+). Avec le recul, j'analyse ma petite enfance comme une période où la pauvreté de mon vocabulaire me rendait incapable de classifier les choses. L'avantage, c'est que tout me faisait l'effet d'une épiphanie. Une matière visqueuse ! Comme elle a bon goût ! La lumière change de couleur à travers elle ! C'est tout poisseux ! Ça colle aux poils du chat ! L'inconvénient, c'est que je devais m'imposer certaines règles de conduite, par exemple : «un peu de miel, seulement de temps en temps» (mais quand ?) et «ne pas en verser sur le chat». Je comprends aujourd'hui, même si je ne m'en rendais pas compte à l'époque, que grandir implique de renoncer à la pureté des expériences personnelles au profit du confort et de la fiabilité des règles établies.
Je dirais que nous formions une famille heureuse. Certes, mon père n'est pas du genre à se définir comme un homme heureux, et il va de soi qu'en prenant n'importe quel jour de ma vie de famille au hasard, vous étiez sûr de tomber sur un sujet de discorde ou une querelle quelconque, mais chaque problème en chassait un autre dès le lendemain, si bien que les conflits n'avaient jamais le temps de s'envenimer. Il semblerait que mes parents ne se soient jamais disputés avant la naissance de Max, mais il naquit seulement un an après moi et je n'ai pas le moindre souvenir de cette période. Je ne peux m'imaginer avoir été une source de conflits pour mes parents.
Je me dois peut-être de préciser un détail à propos de mon frère. Les gens pensent que, sous prétexte qu'il est sourd, il ne peut pas être foncièrement mauvais. Mais sa surdité n'a pourtant rien à voir avec le fait qu'il soit un sale con.


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