Macadam / Passion du livre

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.. Macadam

Couverture du livre Macadam

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent

Date de saisie : 30/11/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-84626-963-6

GENCOD : 9782846269636

Sorti le : 10/09/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Pour tromper l'ennui lors des confessions, un prêtre s'adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l'amour aux caisses d'un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l'écriture la plus noire. Une fois l'an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit...
Primées à travers toute la France, onze nouvelles qui ont révélé l'auteur du Liseur du 6h27 et son univers à la fois noir, drôle, poétique et généreux.

Nouvelliste exceptionnel, lauréat à deux reprises du prix Hemingway, Jean-Paul Didierlaurent vit dans les Vosges. Le Liseur du 6h27, lauréat du prix Michel Tournier, du prix du premier roman de Chambéry et du prix du roman d'Entreprise et du Travail, est en cours de publication dans vingt-sept pays et d'adaptation au cinéma.





  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, novembre 2015

En quelques mots, justes, touchants, le nouvelliste dépeint la poétique du quotidien, qu'il soit enchanteur ou - le plus souvent - angoissant. La nouvelle est un art et Jean-Paul Didierlaurent l'un des plus flamboyants hérauts du genre....
Jean-Paul Didierlaurent, dont l'imagination est débordante et la fantaisie délicieuse, nous fait prendre des démons pour des anges et des anges pour des démons. Diabolique.


  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 1er octobre 2015

Si l'on devait conseiller un recueil de nouvelles en cet automne littéraire, ce serait assurément celui que propose l'auteur du remarquable Le Liseur du 6 h 27, premier roman publié en 2014. Onze textes composés tout au long des quinze dernières années témoignent de la virtuosité et de la fertilité de cette écriture. Le trait y est rapide et précis, le ton léger ou grave, ironique ou tendre, la vision toujours surprenante. L'art du bref contemporain trouve ici l'une de ses plus séduisantes illustrations...
Tout du long, l'écriture se tient ainsi au plus haut. Juste et sensible, inventive et dense, continûment variée dans ses thèmes et ses approches. Un authentique régal de lecture.



  • Les premières lignes

In nomine Tetris

Depuis près de dix minutes, la voix d'Yvonne Pinchard se déversait dans l'oreille gauche du père Duchaussoy sans discontinuer. Le volet ajouré derrière lequel se tenait le prêtre peinait à filtrer le flot de syllabes chuchotées qui emplissait le confessionnal. Le ton geignard de la bonne femme charriait de pleines bouffées de repentir. De temps à autre, le curé murmurait un «oui» discret d'encouragement. Après plusieurs décennies de sacerdoce, l'abbé excellait dans cet exercice délicat qui consistait à inviter ses ouailles à s'épancher sans jamais les interrompre. Tout le secret d'une bonne confession résidait dans ce savoir-faire si particulier. Souffler doucement sur les braises, raviver la faute du pécheur afin que vienne la pénitence. Surtout ne pas les stopper dans leur élan, ne pas mettre en travers du chemin de l'expiation une réflexion compatissante, un questionnement inutile, voire un début de pardon précipité. Non, il fallait les laisser se vider de leurs mots, de tous leurs mots. La clé du salut était là. Écouter leur monologue jusqu'à ce qu'enfin, saoulés par leur propre logorrhée, ils s'affaissent sur eux-mêmes sous le poids du remords et s'offrent docilement à la bénédiction du prêtre. Absoudre devenait alors un jeu d'enfant et ne demandait pas plus d'effort que celui nécessaire à la cueillette d'un fruit arrivé à maturité. Le père Duchaussoy tira le minuscule carnet qui ne quittait jamais la poche de sa soutane et nota de son écriture appliquée : L'absolution est au pécheur ce que la vendange est à la vigne. Le prêtre adorait collectionner analogies et métaphores et en usait plus que de raison lors de ses sermons. Il calcula mentalement que, malgré un débit soutenu, Yvonne Pinchard en avait encore pour au moins cinq minutes. L'homme d'Église s'adossa à la cloison de bois et étouffa dans ses mains un énième bâillement. Son estomac émit une série de gargouillis que la dame Pinchard prit comme autant d'encouragements à poursuivre la confession de ses fautes.

Le vieux curé s'en voulait d'avoir trop mangé. Lors de ses premières années de prêtrise, il avait pris la sage habitude de souper frugalement les soirs de veillée pénitentielle. Un potage suivi d'une pomme faisait souvent l'affaire. Ne pas s'alourdir plus que de raison, garder de la place pour tout le reste. Il avait appris à ses dépens que le poids des péchés n'était pas une vaine vue de l'esprit et que deux heures de confessions pouvaient vous remplir l'estomac aussi sûrement qu'un banquet de communion solennelle. Un siphon d'évier, voilà tout ce qu'il était lorsqu'il se retrouvait confiné avec Dieu dans ce réduit minuscule. Un siphon qui devait récupérer dans son culot toutes les salissures de la terre. Les gens s'agenouillaient devant lui et déposaient sous son nez leur âme sale comme ils auraient glissé des souliers crottés de boue sous le filet d'eau d'un robinet. (...)


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