Sombre est mon coeur / Passion du livre

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.. Sombre est mon coeur

Couverture du livre Sombre est mon coeur

Auteur : Antti Tuomainen

Traducteur : Alexandre André

Date de saisie : 08/10/2015

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve éditions, Paris, France

Collection : Fleuve noir

Prix : 18.90 €

ISBN : 9782265098664

GENCOD : 9782265098664

Sorti le : 08/10/2015

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  • La présentation de l'éditeur

À une heure de route de Helsinki, entre l'immense forêt et la côte battue par les vents, Aleksi prend ses fonctions au manoir de Kalmela - un monde d'ombres et de silences...
Étrange nouveau gardien que ce jeune homme ténébreux, solitaire, traversé de désirs contradictoires.
Étrange également la ronde qu'il mène avec la cuisinière, mutique, et la fille de la maison, aussi hautaine que cajoleuse. Étrange enfin la complicité menaçante que lui impose son sulfureux patron, le millionnaire Henrik Saarinen... Car Aleksi n'est pas là par hasard.
Vingt ans auparavant, sa mère succombait sauvagement sous un poignard anonyme - affaire classée pour tous sauf pour lui qui ne vivrait plus, désormais, que pour trouver des réponses. Pour y arriver, il a tout sacrifié : son métier, ses désirs, jusqu'à l'amour d'une fille.
Cette obsession le dévore encore, maintenant qu'il croit toucher au but.

Antti Tuomainen, né en 1971, figure parmi les meilleurs auteurs de la littérature noire finlandaise. Ses livres ont tous été salués par la critique et sont désormais traduits dans 27 langues.
La Dernière Pluie a obtenu le Clue Award du meilleur roman policier finlandais en 2011. Sombre est mon coeur est son quatrième roman et le deuxième à paraître chez Fleuve Éditions.

«Le roi du noir de Helsinki... Le roman rappelle James Ellroy, plus précisément le brillant Ma part d'ombre où Ellroy essaie de trouver un sens à l'assassinat de sa propre mère.»
Hanna Koikkalainen, Aamulehti

À propos de La Dernière Pluie :

«Une ambiance intense, des personnages attachants [...] une tension extrême dès les premières pages et une langue dépouillée et poétique sont les marques essentielles de ce livre "coup de poing" qui se dévore.»
Sébastian Graciotti, Le Progrès





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

Elle avait rencontré un homme, et là, sa bouche se gorgeait de sang. Se pouvait-il que ces deux choses soient liées ?
Qu'avait-elle fait de mal ?
Rien.
Et pourtant...
Elle avait le menton déboîté, l'auriculaire et l'annulaire gauches brisés. Elle hurlait de douleur. Et le pire semblait à venir.
Ses pensées se sont emballées à une vitesse incroyable. Elle a vu défiler toutes sortes de choses, de souvenirs.
Sa vie avait complètement changé durant l'année précédente. Enfin pas complètement. C'était treize ans auparavant, à la naissance de son fils, qu'elle avait complètement changé. Mais l'année précédente, sa vie avait éclos comme une feuille de papier froissée remise à plat, comme si la tempête avait fait place au soleil longtemps caché sous l'horizon.
Elle avait entendu dire que les moments de danger n'ont en réalité plus rien de dangereux : soit vous mourez tout de suite, soit vous ressentez une telle panique, un tel choc que vous ne vous voyez pas mourir. C'était bien sûr faux. Elle pensait avec une lucidité rare.
Ainsi pouvait-elle voir comme tout était beau et songer à ce qu'elle laisserait derrière elle. Son fils. Sa vie. Dans cet ordre-là.
Ses réflexions ont empli par leur limpidité l'intérieur de la voiture, endroit exigu et confiné, coloré par le vert artificiel et fiévreux du tableau de bord. C'était comme si elle était montée dans un sous-marin pour sombrer à des kilomètres. Ses pensées ne sont pas restées pour autant sous la surface. Elles ont illuminé ce morne après-midi d'octobre, son épais rideau gris de pluie semblable à du brouillard, qui était en réalité de l'eau glacée. Ses impressions l'avaient effleurée du haut de ses trente-deux ans, et elle a su distinguer l'essentiel de l'accessoire.
Si elle en avait eu le temps, elle aurait peut-être ri. Si elle en avait eu le temps, elle aurait imaginé - toute pragmatique et optimiste qu'elle était - que les choses auraient pu être bien pires. Elle aurait pu voir défiler sa vie sans en comprendre la beauté, sans s'apercevoir des miracles qui l'entouraient. Elle aurait pu se pencher sur le superflu.
Mais au lieu de cela, elle repoussait des coups de couteau avec ses mains.
La longue lame d'acier continuait à lui transpercer la peau. Sa main, fine et gracieuse. L'arme blanche, large et froide. Elle lui a ouvert la paume, des articulations jusqu'au poignet.
Elle était convaincue que tout cela lui arrivait parce qu'elle avait rencontré un homme.
Elle se l'est dit plusieurs fois. Une vérité qui l'a bouleversée. Elle avait fait la connaissance d'un homme, et elle repoussait des coups de couteau avec ses mains. Deux choses à peine distinctes. Et pourtant, la première avait engendré la seconde. Elle s'est souvenue d'un film américain où un policier las essayait de résumer la nature de la vie à son jeune collègue : n'importe quoi peut arriver à n'importe qui à n'importe quel moment.
Sans doute.


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