Deux fers au feu : De Gaulle et l'Algérie : 1961, Suivi de Un crime d'Etat : Paris 23 mai 1959 / Passion du livre

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.. Deux fers au feu : De Gaulle et l'Algérie : 1961, Suivi de Un crime d'Etat : Paris 23 mai 1959

Couverture du livre Deux fers au feu : De Gaulle et l'Algérie : 1961, Suivi de Un crime d'Etat : Paris 23 mai 1959

Auteur : Jean-Philippe Ould Aoudia

Date de saisie : 29/05/2015

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 16.00 €

ISBN : 9782915293883

GENCOD : 9782915293883

Sorti le : 06/05/2015

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  • La présentation de l'éditeur

Tout n'a pas encore été révélé sur la conduite de la politique algérienne menée par le général de Gaulle. Parcourant l'année 1961, riche en événements, l'auteur analyse l'habileté du chef de l'État pour contourner ou bousculer les obstacles et les hommes placés sur son chemin.

Des témoignages incontestables et des documents inédits nous plongent au coeur du projet élyséen de partager l'Algérie en deux entités, française et algérienne, une sorte «d'Israël pied-noir», avec ses manoeuvres, ses chantages et ses intrigues qui finiront dans le sang et les larmes d'Algériens, de Français et de Tunisiens.

Ce livre se situe au coeur du conflit entre deux logiques : la raison d'État contre la recherche de la vérité au service de l'Histoire. Tel l'assassinat, par l'OAS, de six dirigeants des Centres sociaux éducatifs créés par la déportée résistante Germaine Tillion. Le lecteur découvrira avec stupéfaction la responsabilité de la délégation générale à Alger, fourvoyée avec les membres les plus bruts de l'OAS.

Lire Deux fers au feu et ses révélations inédites et «surprenantes» est indispensable pour qui veut découvrir le fil exact des arcanes de la politique ayant mené à l'indépendance de l'Algérie.

Jean-Philippe Ould Aoudia est né le 4 septembre 1941 à Alger. Médecine la retraite il est l'auteur de plusieurs ouvrages aux éditions Tirésias. Et a collaboré à de nombreuses publications sur la guerre d'Algérie. Il préside l'association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons qui honore l'oeuvre et la mémoire de six dirigeants des Centres sociaux éducatifs - créés par Germaine Tillion dont les cendres entrent au Panthéon en mai 2015 -, assassinés par l'OAS sur leur lieu de travail et dans leur mission d'éducation, «victimes de leur engagement pour les valeurs de la République et pour l'indépendance de l'Algérie dans une relation fraternelle avec la France» [Extrait de l'inscription gravée sur la plaque commémorative au ministère de l'Éducation nationale].





  • Les premières lignes

AVANT-PROPOS

Plusieurs termes utilisés dans ces pages méritent des explications.

A l'époque des faits, on désignait les membres de la population majoritaire en Algérie par les noms de : «indigènes», «musulmans», «Arabes», «Algériens», «Algériens musulmans», «Français musulmans», «Français de souche nord-africaine (FSNA)». Ils étaient bien de nationalité française mais d'une nationalité dénaturée par une série de mesures restrictives et discriminatoires.
Ainsi, jusqu'en 1919, il était impossible aux conseillers municipaux indigènes de participer à l'élection du maire. Les Français musulmans n'étaient pas «citoyens» français mais «sujets» français soumis à une législation spécifique, le Code de l'indigénat, et inscrits au «deuxième collège» électoral. Lors de l'adoption du nouveau statut de l'Algérie le 20 septembre 19472, 7 800 000 indigènes étaient représentés par 60 délégués à l'Assemblée algérienne.

Les membres de la population minoritaire de l'Algérie étaient appelés : «Européens», «Français», «Français d'Algérie», «Pieds-noirs». Possédant la citoyenneté française, à part entière et sans aucune restriction quelle que soit leur origine (espagnole, italienne, maltaise, etc.), ils étaient inscrits au «premier collège» électoral. En 1947, 922 000 Européens étaient représentés par 60 délégués à l'Assemblée algérienne.
De fait, un électeur indigène «valait» donc 8 fois moins qu'un électeur européen.
La loi du 5 février 1958 institue le collège unique mais cet engagement ne sera pas tenu.
Le général de Gaulle revenu au pouvoir en mai 1958 avait appelé «10 millions de Français à part entière» à participer «dans un collège unique» au référendum sur la Constitution de la Ve République. Une affiche électorale proclamait qu'il y avait : «50 millions de Français de Dunkerque à Tamanrasset».
Cette Constitution adoptée en 1958, reconnaît la citoyenneté à part entière à tous les nationaux français de statut local, en Algérie et en France. Mais cet octroi arrivait trop tard, la majorité des musulmans étant gagnée par l'idée d'une nation algérienne. De surcroît, cette citoyenneté ne sera pas respectée, elle non plus.
Jamais ailleurs qu'en Algérie, la distance n'a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique.

Pendant les deux grands conflits mondiaux, indigènes et pieds-noirs ont appartenu au collège unique, celui du sang versé pour la France.
Toutefois, en 1962, le gouvernement décide de «cristalliser» les pensions militaires de tous les nationaux français originaires des ex-colonies françaises, ayant servi sous le drapeau français pour défendre la France pendant les deux guerres mondiales. Par cette décision inique, un pensionné militaire algérien, malgache, marocain, sénégalais ou tunisien, peut percevoir jusqu'à vingt fois moins qu'un pensionné français même s'ils ont, les uns et les autres, combattu pendant la même durée, sous le même uniforme, ou subi le même préjudice.
Jusqu'à présent, il fallait être de nationalité française au moment de la promulgation de la loi du 31 juillet 1963 pour pouvoir bénéficier d'une pension d'invalidité en tant que victime civile d'un attentat ou de violences pendant la guerre d'Algérie (1954-1962) bien que la victime fut de nationalité française à l'époque des faits à l'origine de l'invalidité.
Alors que tous les gouvernements ont tout fait pendant la colonisation pour empêcher les indigènes d'être citoyens français, la République leur livrera une guerre longue et impitoyable pour les empêcher de devenir Algériens.


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