Carnet de route à quatre voix / Passion du livre

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.. Carnet de route à quatre voix

Couverture du livre Carnet de route à quatre voix

Auteur : Angela | Cinta | Monique | Soledad

Préface : Michelle Bachelet | Dilma Rousseff

Date de saisie : 08/06/2015

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Document-témoignage

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782915293876

GENCOD : 9782915293876

Sorti le : 14/03/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Dans ces pages nous est contée l'histoire inouïe d'une rencontre provoquée par un événement majeur - le coup d'état du général Pinochet contre le président de la République du Chili Salvador Allende. Comme l'écrit Michelle Baehelet : «Parcourir la vie et les histoires de ces quatre femmes - Angela, Lena [Cinta], Monique, Soledad - c'est parcourir une période de notre histoire à la fois terrible et lumineuse. Une histoire qui entrelace l'histoire du Chili à celle de l'Amérique Latine et de l'Europe.»
Mais qui sont-elles, d'où viennent-elles ? La présidente du Brésil nous en informe : «Monique, française, comme Lena qui est aussi d'origine espagnole militent dans le réseau Solidarité, que rejoint la brésilienne Angéla, exilée politique comme Soledad, la militante chilienne. Une rencontre tressée de rêves, d'utopies, d'espoirs, une histoire singulière en rapport avec la persécution politique...»
Ce récit naît en France, terre d'accueil des exils que les dictatures ont engendrés ; patchwork que tissent des souvenirs, entre Rio, Paris, Santiago du Chili. Femmes... Comme le notera dans sa préface la présidente du Chili : «Ma génération, la génération de ces quatre femmes, a connu la joie de l'engagement, l'espérance d'un monde meilleur, la conviction qu'il était possible de construire des sociétés plus solidaires, plus intégrantes. Ces convictions de notre jeunesse, pour lesquelles certaines ont payé un prix, très fort, guident encore aujourd'hui nos actions.»
Elles sont une part clans la genèse du mouvement de la libération de la femme, que nous nommons aujourd'hui féminisme. «Cette lecture nous fait partage avec elles ce qu'elles ont nommé une "sensibilité commune aux bruits du monde"», comme l'écrit dans sa préface Dilma Rousseff.

Michel Reynaud

Monique Blaquière Roumette, universitaire, Paris-Nord. A publié trois livres sur le cinéma latino-américain et participé à l'écriture de cinq documentaires. Traductions d'articles divers, de deux romans, de poètes argentins, dont Juan Gelman. A publié un essai, L'énigme des anges, éd. e/dite, 2005 ; un roman, Le val d'absinthe, 2011, éd. de l'Aube, sous le nom d'Anna Roman. A pris l'initiative de ce livre pluriel.

Angela Arruda, Brésilienne, après onze ans d'exil, au Chili d'abord, à Paris ensuite, vit et travaille actuellement au Brésil dans l'Institut de Psychologie de l'Université Fédérale de Rio de Janeiro. A publié des essais portant sur les cultures et les identités latino américaines en collaboration avec des chercheurs brésiliens, mexicains, vénézuéliens et français.

Cinta Freire Cordier vit en France dans les Landes. Fille de trois pays, la France où elle est née, l'Espagne que sa mère a dû quitter lors de la Retirada, la Russie patrie d'un père à peine connu, elle a parcouru l'Amérique latine en tant que journaliste. Collaboratrice à l'agence SIPA PRESSE, free lance dans diverses revues et publications. Elle participe avec sa mère au travail de mémoire sur les femmes et les enfants républicains espagnols qui furent internés dans les camps français.

Soledad Bianchi, universitaire chilienne, a dû quitter son pays entre 1975 et 1987. Exilée à Paris, elle collabore à la revue Araucaria et enseigne à l'université de Paris-Nord les littératures chilienne et latino américaine contemporaines. Elle a publié deux anthologies et quatre essais sur poésie et littérature chilienne.

Guillermo Nuñez, peintre né à Santiago du Chili où il a reçu en 2007 le Prix National des Arts. Son courage, son audace et son humour valurent à ce grand artiste, qui est aussi écrivain, d'être par deux fois détenu sous la dictature. Dans son oeuvre ample et variée il exprime avec une grande force plastique «les formes extrêmes de violence exercées par l'État sur les corps».





  • La revue de presse Michel Rogalski - L'Humanité du 4 juin 2015

Quatre femmes que l'histoire chilienne fait se rencontrer et se raconter. Il fallut le coup d'État de Pinochet pour que leurs routes se croisent et se mêlent. Du Brésil, de France, d'Espagne et du Chili, leurs parcours les réunissent autour de la solidarité internationaliste envers l'Amérique latine et ses combats des années 1970. Dure décennie, celle de l'apogée des dictatures dans le continent. C'est dire si l'engagement solidaire était alors nécessaire...
Elles se croisent, s'estiment, s'apprécient, s'entre-reconnaissent et sentent que cette action commune partagée restera un lien indissoluble. Elles savent qu'une relation forte s'est construite et perdurera au-delà de leurs trajectoires, qui les sépareront et les éloigneront vers différents pays...
Quatre parcours croisés, quatre voix de femmes assumées, mais ne se réclamant pas de la geste féministe. Et à travers ces parcours des éclairages sur l'histoire tourmentée de l'Amérique latine, sur des engagements militants lourds de périls et de courage, sur l'exil et ses allers-retours.



  • Les premières lignes

Nous étions trois,
Nous sommes quatre, Paris 1974

Angela du Brésil, Monique de France, Cinta à la fois de France, d'Espagne et de Russie ne se connaissent pas, elles appartiennent à des histoires différentes, mais l'autre Histoire, celle dont la majuscule ressemble à une hache, les fait se rencontrer au début des années 70.
L'occasion de cette rencontre est un voyage, pas n'importe lequel. Le Chili de ces années-là n'est pas une destination touristique. Ce qui les y conduit, chacune au terme d'un itinéraire singulier, a à voir avec la persécution politique, la répression policière et la solidarité. Solidarité fut d'ailleurs le nom d'un réseau auquel elles appartiennent toutes les trois et qui est le véritable espace de leur rencontre. Un espace sans assignation géographique précise, quelque part entre l'Europe (France, Espagne) et l'Amérique latine (Brésil, Chili), mais où naît et se développe une amitié nourrie aujourd'hui de souvenirs et de confidences.
Elles pensaient intituler leur carnet de route ou leur journal, Une, deux, trois : Soleil !- comme dans les jeux de l'enfance -, bousculant leurs souvenirs entre pays et dates, pour célébrer leur amitié. Mais leur trio devint un quartet lorsqu'elles accueillirent le récit de Soledad la Chilienne, l'amie de Monique : une voix chilienne, chaleureuse, qui disait le traumatisme de ces années avec toute la force de son émotion. Ce sont donc finalement quatre femmes de la même génération qui mêlent leurs voix, au gré de la reconstitution fragmentaire d'une histoire qui n'est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. Entre témoignage engagé et interrogation personnelle sur la construction de leurs personnalités et le sens de leur aventure et de leur rencontre.
Leur récit est né un jour de mars 1974 où elles écoutaient Angela parler d'elle pour la première fois.
«Pendant que je dormais, il suffisait qu'un bruit de pas résonne dans la rue, dans la cour, dans l'escalier, pour que le troupeau de bottes revienne envahir mon espace, et il me fallait toujours quelques minutes pour m'apercevoir que j'étais allongée dans la chambre blanche, près de la fenêtre qui donne sur un jardin intérieur, dans un quartier tranquille de Paris. Alors je distinguais même des voix gaies, les rires étouffés d'un couple de voisins montant paisiblement l'escalier tandis que le bruit des pas s'éteignait.»


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