Le bouddhisme et l'art de la psychothérapie / Passion du livre

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.. Le bouddhisme et l'art de la psychothérapie

Couverture du livre Le bouddhisme et l'art de la psychothérapie

Auteur : Hayao Kawai

Date de saisie : 25/05/2015

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : la Fontaine de Pierre, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-902707-53-9

GENCOD : 9782902707539

Sorti le : 07/02/2015

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  • La dédicace de l'auteur

Dès que j'ai entamé la lecture du Bouddhisme et l'art de la psychothérapie de Hayao Kawaï, j'ai su que j'avais à le traduire. Ce livre correspond en effet à deux passions : la psychologie de l'inconscient et l'ouverture à des civilisations autres que la nôtre.
Au fur et à mesure que j'avançais dans la traduction se révélaient les différences de conceptions entre l'Occident et l'Orient - en même temps que se dévoilait ce qui se situe, au-delà des caractéristiques propres à chaque culture, au coeur de la psyché, de l'âme humaine, dans ce fond commun que C.G. Jung a appelé l'inconscient collectif.
Psychologie et bouddhisme peuvent paraître antagonistes, difficilement conciliables. Peu à peu toutefois, l'auteur nous conduit, à travers rêves et contes, à travers des itinéraires (le sien et celui de certains de ses patients), à travers l'analyse de certaines découvertes de la psychologie de l'inconscient alliée à l'étude de soutras bouddhistes, à dépasser des clivages et à placer le lecteur au centre.
Quel centre ? On dit parfois «être centré», «être décentré». Chacun sent à sa manière ce qu'est le centre pour lui et l'associe peut-être à des expériences de vie, à des intuitions intérieures, à des sortes d'évidences vécues comme étant essentielles. Hayao Kawaï va à l'essentiel et y conduit son lecteur. Avec simplicité, avec rigueur, avec humour aussi.

Monique Bacchetta, la traductrice de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

Dans Ma Vie, C.G. Jung évoque l'importance qu'a eue pour lui la confrontation avec d'autres civilisations pour mieux comprendre les caractéristiques du monde occidental, sa mentalité. Il relate également à quel point il a été sensible aux regards que des êtres venus d'horizons très divers portent sur notre propre civilisation.

Le point de vue de l'auteur du Bouddhisme et l'art de la psychothérapie est celui d'un Japonais qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, s'oriente vers la psychologie, étudie à Los Angeles, puis à Zurich. Revenu au Japon, il y introduit la psychologie junguienne. En la pratiquant, en se mettant à l'écoute de l'inconscient de ses patients japonais, de son propre inconscient, il retrouve certaines racines orientales, notamment bouddhistes, qui s'étaient occultées en lui, il les voit se revivifier en ses patients aussi.

Hayao Kawaï entremêle étroitement son expérience personnelle et l'analyse approfondie de certains textes ou images comme celles du Rosaire des philosophes et de L'Apprivoisement du buffle, il raconte des rêves de patients aussi bien que des mythes et légendes, il s'interroge sur la relation entre le thérapeute et le patient. Et il a cette rare qualité de sourire en se remettant en question. Son livre est aussi profond que vivant.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

En psychothérapie, il est important que le patient puisse accéder à un état psychique qui permette au conscient et à l'inconscient d'être en harmonie. On a réussi, dans l'Europe moderne, à camper un moi fort. C'est, comme le dit Erich Neumann, «l'accomplissement spécifique de l'Occidental». Bien que ce moi très fort soit parvenu à des résultats étonnants en se fondant sur le savoir scientifique, il est toutefois en perpétuel danger de perdre tout lien avec l'inconscient. Aujourd'hui, nombre de patients souffrent d'une «perte de contact». Pour guérir, il peut être bon que le patient ou la patiente essaye de se pencher sur son propre inconscient, comme le recommande la psychologie des profondeurs.
De surcroît, il faudrait à mon sens étudier comment, sous des formes diverses, s'exprime la conscience que le moi a de lui-même. Le moi de l'Occidental moderne a accompli tant de choses qu'il a influencé d'autres cultures partout dans le monde. Pourtant, si nous prenons en compte le fait que le moi très fort de l'homme moderne a tendance à perdre contact avec l'inconscient, il serait utile d'étudier comment le moi conscient se manifeste dans les différentes cultures. Comme je suis Japonais, j'aimerais parler de la situation dans mon pays.
À une réception qui a eu lieu la veille de la première «Fay Lecture», j'ai commencé mon discours par ces mots : «On dit que, dans ce genre d'occasions, un orateur japonais commence souvent en s'excusant, alors qu'un Américain aime commencer en plaisantant. Si je suis vraiment typiquement japonais, je me dois de commencer en disant que je ne suis pas assez qualifié pour donner un cours ici et que je n'ai aucune connaissance me permettant de parler de psychothérapie.» Je me suis demandé pourquoi cette différence existait et suis arrivé à l'interpréter ainsi : quand, au Japon, des participants à une réunion se rassemblent en un lieu, ils éprouvent un sentiment d'unité qui n'est pas lié au fait de se connaître ou de ne pas se connaître précédemment. On ne doit pas rester isolé, se séparer des autres. Telle est la raison pour laquelle, quand on commence à parler, on doit s'excuser et assurer qu'on n'est en aucun cas différent des autres. En Occident par contre, même si des gens se réunissent en un lieu, chacun est séparé des autres en tant qu'individu. Telle est la raison pour laquelle, quand on commence à parler, on aime à le faire en plaisantant, ce qui permet à tous les participants d'éprouver, grâce au rire, un sentiment d'unité.
Cet exemple dénote la différence entre le moi conscient des Japonais et celui des Occidentaux. En Occident, chacun essaie de construire un moi individuel, séparé des autres, pour s'efforcer ensuite de trouver comment créer des liens avec les autres. À l'inverse, un Japonais semble instaurer un sentiment d'unité d'abord, puis essaie de devenir un individu séparé des autres ensuite.
Quand on adopte le point de vue d'une culture spécifique pour aborder un sujet, il est facile de critiquer un autre groupe culturel ; mais il n'en reste pas moins impossible de juger laquelle des deux positions est «juste». En recherchant une conscience postmoderne, nous pouvons, me semble-t-il, en arriver à nous connaître les uns les autres et à découvrir quelque chose de nouveau, pour notre plus grand bien.
En étudiant ce qu'était la conscience japonaise, j'ai découvert qu'elle était fortement influencée par le bouddhisme. Je ne me suis pas tout de suite rendu compte de cela en pratiquant la psychothérapie. Mais, quand j'ai eu l'occasion de parler de ma pratique aux États-Unis et en Europe, j'ai de mieux en mieux perçu l'importance du bouddhisme dans les soins psychothérapeutiques que j'apportais. Des observateurs occidentaux m'ont aidé à devenir conscient de ma manière de soigner.
(...)


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