La reine de Poméranie / Passion du livre

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.. La reine de Poméranie

Couverture du livre La reine de Poméranie

Auteur : Andrea Camilleri

Traducteur : Dominique Vittoz

Date de saisie : 12/02/2015

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782213678115

GENCOD : 9782213678115

Sorti le : 11/02/2015

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  • La présentation de l'éditeur

Que se passe-t-il, dans la bourgade sicilienne de Vigàta, quand deux marchands de glace aussi imaginatifs qu'obstinés sont rivaux en amour et en affaires ? Ou qu'en plein fascisme un brave maraîcher hérite d'un âne particulièrement têtu baptisé Mussolini ? Ou que, la démocratie revenue, les Vigàtais s'adonnent au petit jeu risqué de la lettre anonyme ? Le bal de la roublardise est ouvert. L'ingénuité s'y invite. Et le gagnant est rarement celui qu'on croit.
Le charme des huit nouvelles qui composent ce recueil réside dans la description d'une société à taille humaine où vices et vertus finissent toujours par prêter à sourire. Dans l'atmosphère tantôt bon enfant, tantôt féroce d'un microcosme savoureux, la vision de l'homme que Camilleri nous livre n'est jamais pessimiste, même si sa plume épingle volontiers les abus des plus puissants.

Né en 1925 près d'Agrigente, en Sicile, metteur en scène de théâtre, réalisateur de télévision et scénariste, Andréa Camilleri s'est fait connaître tardivement comme romancier, mais avec un succès foudroyant. Auteur culte de la série des Montalbano, il écrit parallèlement des romans inspirés par des documents d'archives.





  • Les premières lignes

Un

On n'était pas arrivé à la moitié de l'an 1899 que déjà gazettes et journaux du monde entier barjaflaient tant que tant du nouveau siècle qui approchait et des années de civilisation, paix, progrès et prospérité qui s'annonçaient grâce à l'application des grandes découvertes scientifiques, telles que la fée électricité qui, la nuit, éclairerait les rues comme en plein jour ou l'espèce de calèche à moteur appelée automobile, capable de rouler à la vitesse folle de trente kilomètres heure. D'aucuns vous soutenaient même sans mollir que les savants étudiaient une machine qui permettrait aux gens de voler comme des piafs.
La presse disait aussi monts et merveilles des festivités grandioses qui se préparaient aux quatre coins de la Terre, à Paris comme à New York, et se répandait ni peu ni assez sur le ballet Excelsior qui serait à l'affiche de la Scala de Milan. C'est donc en grand tralala qu'on souhaiterait la bienvenue au premier siècle moderne, celui où la vie allait changer pour tout le monde et son père. En mieux, comme de bien s'accorde.
«Et nous à Vigàta, on va jouer les cogne-mou ?» commença-t-on à entendre à droite et à gauche.
Résultat, monsieur le maire proposa à son conseil municipal réuni le premier octobre un «Grand réveillon avec bal masqué pour saluer le nouveau siècle», idée que les conseillers enthousiastes approuvèrent sans catoller.
On décida que l'événement serait accueilli au théâtre Mezzano, loué pour l'occasion, et qu'il durerait de vingt-deux heures à trois heures du matin. Les participants s'installeraient aux balcons, l'orchestre jouerait sur la scène et on danserait au parterre, qu'on aurait désencombré de ses fauteuils.
Jamais, de mémoire d'homme, Vigàta n'avait connu un tel bal.
Comme bien on pense, on dansait aux noces ou aux fiançailles, mais c'était toujours en privé, entre invités, et pas du tout dans le cadre de réjouissances publiques, où l'on admet tout ce qui a un trou au derrière.
Le maire, M. Butera, fit rédiger une affiche invitant «pour des raisons d'ordre public» tous ceux qui comptaient venir à se signaler auprès de l'employé municipal avant le trente décembre à midi.
On n'accepterait personne qui ne se fût inscrit à temps. De même qu'on n'accepterait personne, homme ou femme, non costumé.
Au club, la trouvaille du maire fut loin de susciter le même enthousiasme qu'au sein du conseil municipal. Certains ne voulaient en entendre parler ni par beau ni par laid.
(...)


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