Dictionnaire amoureux du journalisme / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Dictionnaire amoureux du journalisme

Couverture du livre Dictionnaire amoureux du journalisme

Auteur : Serge July

Illustrateur : Alain Bouldouyre

Date de saisie : 25/03/2015

Genre : Presse Audiovisuel

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Dictionnaire amoureux

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-259-20599-3

GENCOD : 9782259205993

Sorti le : 29/01/2015

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Comme je suis très investi sur le présent, à force d'en avoir fait un métier, sans doute encouragé par mon histoire personnelle, ma mémoire a toujours beaucoup de mal à utiliser le passé composé. Elle a flanché à de nombreuses reprises, il y a déjà très longtemps.
Au fil de cette déambulation sur le fil tendu de l'alphabet, j'ai accroché quelques aveux qui donnent à ce kaléidoscope des allures de mémoires éclatés. Je n'irai sans doute pas au-delà.

Serge July



  • La présentation de l'éditeur

«Citizen July» est partie intégrante de notre mythologie. Fondateur et patron emblématique de Libération, il est aussi un grand témoin de l'histoire des médias : des bidonnages au triomphe de la communication, des nouveaux médias aux reportages qui changent les manières de penser.
Avec naturel, simplicité et talent, ce journaliste nous raconte toutes les facettes du métier, depuis les origines jusqu'aux réseaux Internet.
Il évoque les figures majeures, les articles et les grandes oeuvres essentielles de l'histoire du journalisme, de Hérodote à Joseph Pulitzer, de Daniel Defoe à Gabriel Garcia Marquez, de Tintin à Curzio Malaparte, d'Alexandre Dumas à Marguerite Duras, d'Albert Londres à Albert Camus, de John Reed à Michael Herr, de Voltaire à Emile Zola, de Robert Capa à Jean-François Bizot...
Dictionnaire amoureux du Journalisme

Serge July est né en 1942. Journaliste et documentariste, il a dirigé pendant trente-trois ans le quotidien Libération.





  • La revue de presse Patrick Rambaud - L'Obs du 26 février 2015

Mon Serge, vieux renard, j'ai vagabondé avec gourmandise dans ton dictionnaire. Ma lecture était orientée, tu t'en doutes, et je suis d'abord entré dans les rubriques qui me renvoyaient en pleine figure les couleurs de nos années 1970. Nous les avons traversées ensemble, «Libé» et «Actuel»...
Tu es curieux de tout, Serge. Quand César, à Rome, impose la publication des débats du Sénat, il invente notre quotidien du matin. Et voici Gide, et voici Gaston Leroux, voici Girardin qui lança la grande presse et les feuilletons. Avec toi nous poussons la porte du bureau de Lazareff à «France-soir», où une pancarte indiquait : "Une phrase se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément. Pour les adjectifs, me prévenir. Au premier adverbe, vous êtes viré." Ta rubrique «Machine à écrire» me réjouit. Le vacarme des Underwood ajoutait à l'excitation. Les salles de rédaction sentaient la fumée des cigarettes, on travaillait vite, dans la fébrilité. Les journaux de maintenant ressemblent plus à des cliniques : pas de bruits, quelques chuchotis, des écrans. Tu racontes que, le 26 août 2014, les journalistes du «Times» inaugurent leurs locaux. Soudain, dans la soirée, des haut-parleurs balancent des bruits de machines à écrire, et la vitesse de frappe s'emballe. Il s'agissait de motiver la rédaction, de retrouver les réflexes d'autrefois.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 1er février 2015

On a beaucoup reproché aux journalistes leurs jugements caustiques, trop souvent fondés sur l'esbroufe ou un humour arrogant. Mais, depuis qu'elle est née, la presse est elle-même la cible de cruels détracteurs. Serge July commence son Dictionnaire amoureux du journalisme par un florilège de ces réflexions vachardes. Ainsi George Bernard Shaw : "Journal : institution incapable de faire la différence entre un accident de bicyclette et l'effondrement de la civilisation." Au-delà des six premières pages de mortifications, le livre est une longue, passionnante et stimulante randonnée dans ce que le journalisme, aux yeux de l'Histoire, a fourni de meilleur en titres, en hommes et en articles...
L'essentiel du livre n'est cependant pas là. Il est dans la constante interrogation de l'auteur sur les rapports du journalisme et de la littérature, sur les relations du reportage et de la fiction, des choses vues et entendues avec les choses imaginées. Car le nombre de grands écrivains qui ont été ou qui sont devenus de grands journalistes est impressionnant. Camus, Hemingway, Mauriac, Alexandre Dumas, Kessel, Gide, Orwell, Mailer, Capote, Malaparte, Vassili Grossman, Zola, Sartre, Daniel Defoe, Karl Marx, García Márquez, Hegel, etc...
Le désordre de l'ordre alphabétique du dictionnaire restitue bien le foisonnement des journaux, l'éclectisme des curiosités.



  • Les premières lignes

Amoureux

La qualification amoureuse de ce dictionnaire signale aux lecteurs la présence d'un petit lupanar d'affects. Il y a de la passion et des sentiments qui circulent entre ces pages qui parlent d'amour de la presse et des journalistes, alors que les uns et les autres subissent de sévères mises au pilori. Malgré les supplices, j'ai des raisons sérieuses d'accrocher à ce dictionnaire la qualité d'amoureux.

Comme je suis très investi sur le présent, à force d'en avoir fait un métier, sans doute encouragé par mon histoire personnelle, ma mémoire a toujours beaucoup de mal à utiliser le passé composé. Elle a flanché à de nombreuses reprises, il y a déjà très longtemps.
Cette indisposition à raconter ma vie me rend inapte à écrire des mémoires sauf à les inventer à 90 % : cette proportion invalide toute ambition de ce type. Il faut au moins atteindre le seuil des 50 % pour se rendre intéressant, et à ce niveau il devient possible de faire la courte échelle à son imagination pour combler ses propres défaillances. Mon cas à cet égard est assez désespéré.
J'ai essayé néanmoins d'aller au-delà de l'égrenage habituel d'une vie publique assez identifiée, des batailles de la décolonisation en passant par Mai 68, le gauchisme, Libération, le cinéma, la télévision, la radio, les documentaires...
Au fil de cette déambulation sur le fil tendu de l'alphabet, j'ai accroché quelques aveux qui donnent à ce kaléidoscope des allures de mémoires éclatés. Je n'irai sans doute pas au-delà.

Ma subjectivité a été également mobilisée pour sélectionner les reportages, les livres et les films qui pour moi ont fait et font toujours référence pour cette profession. Tous les journalistes en herbe comme ceux que les enquêtes et les voyages ont déjà burinés gagneraient à les découvrir ou à les relire. J'ai comme ambition de donner envie de fréquenter un certain nombre de tous ces textes, qui à force d'histoire immédiate consommée à chaud, sont comme des trésors enfouis et souvent oubliés. J'ai eu beaucoup de plaisir à réunir ce qui constitue pour moi, déjà, la plus belle rédaction du monde.
J'ai même fantasmé de faire un dictionnaire amoureux des journalistes et au-delà j'ai caressé l'idée de pouvoir feuilleter un recueil des meilleurs articles du monde, qui à ma connaissance n'a jamais été fait, mais cela nous éloignait beaucoup de la collection, sans compter le nombre de volumes qui auraient été nécessaires à la réalisation de cette ambition, qui aujourd'hui est devenue possible grâce à Internet.
J'aime des journaux, des articles, des formules rédactionnelles, des angles, des idées de traitement, des journalistes de toutes qualifications, des équipes rédactionnelles, pas tous et pas toutes, j'aime des cinéastes et leurs films. J'aime passionnément tout ce qui articule le talent individuel et le talent collectif. Un tiers du dictionnaire leur est consacré, sous forme de portraits.
(...)


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli