La saison des mangues / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. La saison des mangues

Couverture du livre La saison des mangues

Auteur : Cécile Huguenin

Date de saisie : 05/03/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 9782350872988

GENCOD : 9782350872988

Sorti le : 15/01/2015

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

À vous lecteurs sur le point de donner une seconde vie à ces personnages qui font déjà partie de la mienne, je dédie ce livre. En prenant possession de leur histoire vous y mêlez la vôtre.
Ainsi, d'auteur à lecteur, de lecteur à auteur se trame une aventure qui nous conduit ensemble sur des chemins inattendus. Celle que je vous propose à travers continents, rencontres, amour et amitié, c'est le voyage qui conduit à la découverte de soi. Imprévisible et parfois dangereux, c'est le seul que nous faisons tous. Métissé d'origines, d'influences et de cultures, au carrefour de nos croyances et de nos légendes, de ce puzzle émerge un jour l'être unique que nous sommes.
Je voudrais vous dire encore que tout âge a sa «saison des mangues» et qu'il n'y a pas de date limite pour s'asseoir sous le manguier magique qui exauce les souhaits. Faire un voeu. Puis se mettre en route pour le réaliser.

Cécile Huguenin



  • La présentation de l'éditeur

Trois femmes, trois générations, trois continents. Radhika, la belle Indienne déracinée, mariée par son père à un major anglais qui l'emmène loin de sa terre natale. Anita, l'adolescente britannique qui rencontre sur le chemin du pays de ses ancêtres un Français fou de l'Inde. Et Mira, la quarteronne au doux visage couleur de mangue, partie vivre en Afrique où son destin l'attend. Sur le sentier sinueux de la tolérance, chacune apprendra à combattre - les préjugés et à déjouer les pièges de l'exil en invoquant les traditions.

La Saison des mangues est un voyage aux saveurs universelles, un hymne au partage, une ode à la mixité culturelle. Sensible et juste, Cécile Huguenin nous entraîne dans un univers magique où la vie n'est pas exempte de douleurs mais sonne avant tout comme un espoir, une promesse.

CÉCILE HUGUENIN a été psychologue et coach. Alzheimer mon amour, extraordinaire témoignage, a paru aux Éditions Héloïse d'Ormesson en 2011. A soixante-quatorze ans, La Saison des mangues est son premier roman.





  • Les premières lignes

C'est un matin ordinaire de ce gris parisien qu'elle s'est mise à aimer. De la fenêtre de sa cuisine perchée au-dessus du parc, Anita aperçoit la cime des arbres qui lui racontent les saisons et lui font des signes de sémaphore les jours de grand vent. Elle se penche au-dessus de la poêle où le beurre fond lentement en laissant de minuscules cristaux de sel qui crissent sous la spatule.
La préparation du petit déjeuner est l'heure de son «rassemblement». Un rituel quotidien pour ne pas se perdre, elle aussi. Pour récolter les morceaux d'elle-même que la nuit a dispersés et, chaque matin, recomposer sa vie avec les pièces manquantes. Les fibres de son être, François et Mira, Mira sa fille et François son amour, partis chacun de leur côté à la poursuite de leurs chimères. Mais elle, Anita, doit veiller. C'est la sentinelle, la gardienne du foyer déserté. Être là pour les accueillir le jour où... Elle n'ose jamais terminer la phrase. Elle sait bloquer à temps le poison de l'espoir.
Elle dépose délicatement, en prenant bien soin de ne pas les faire chevaucher, les tranches de bacon rosé qui grésillent et lui soufflent au visage une bouffée familière. Mais traîtreusement, l'effluve transporte dans son sillage une cohorte de clandestins. Anita parvient d'habitude à les maintenir dans le parloir de sa mémoire, où ils attendent qu'elle les convoque. C'est elle qui décide de leur ouvrir la porte. Aujourd'hui, cependant, ils s'imposent. Elle doit leur résister de toutes ses forces. Elle s'agrippe des deux mains au rebord de l'évier, ses phalanges blanchissent sous l'effort, son dos se voûte légèrement, comme pour parer une tornade qui s'annonce. Sa longue natte noire dévale de sa nuque jusqu'au creux de ses reins. Chevelure déjà rayée de traces argentées. «L'écume de l'amour», se dit-elle à mi-voix lorsqu'elle brosse ses cheveux, la marque de ses chagrins. C'est tout ce qui lui reste de ses disparus.
Sa silhouette est étroitement dessinée par la robe dans laquelle Anita se glisse au saut du lit. Une robe rouge récupérée dans une friperie au milieu de vieilles nippes, dont elle a fait sa «robe de maison». Depuis son arrivée en France, elle n'a jamais pu adopter les robes de chambre dans lesquelles les femmes d'ici s'enveloppent au petit matin. Elle se préfère enlacée par ce tissu doux comme une seconde peau qui redonne forme à son corps.
«Sexy», avait dit Mira. Un mot inconnu d'elle, vocable banni de son enfance corsetée par les pudibonderies anglicanes autant que de la prude éducation indienne qui avait pris la suite. «Ne relève pas ton sari plus haut que le mollet», criaient ses tantes lorsqu'elle trempait ses pieds dans le golfe du Bengale. Mandatées par la famille pour transformer en véritable Indienne l'écolière débarquée de la British Airways en jupe plissée et blazer à écusson, elles lui enseignaient quelles parties du corps il est bienséant d'exposer, les chevilles et un fragment de peau entre la ceinture et le rebord du boléro. En public, oui. (...)


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli