La chasse au trésor / Passion du livre

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.. La chasse au trésor

Couverture du livre La chasse au trésor

Auteur : Andrea Camilleri

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 10/01/2015

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782265093973

GENCOD : 9782265093973

Sorti le : 08/01/2015

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  • La présentation de l'éditeur

Collectionneurs de croix et fervents dévots, Gregorio Palmisano et sa soeur Caterina se prennent subitement pour le bras vengeur de Dieu. Pour punir les pécheurs de Vigàta, ils leur tirent dessus depuis leur balcon.
N'écoutant que son courage, Montalbano monte à l'assaut et neutralise les fanatiques. Religion et perversion faisant parfois bon ménage, le commissaire découvre que Gregorio partageait sa couche avec une poupée gonflable décatie et rafistolée. Une anecdote sordide dont la presse fait ses choux gras, mais bientôt pour Montalbano un sujet d'interrogation méritant investigation.
Car un meurtre est signalé, le corps a été jeté dans une poubelle. Il s'agit en fait d'une seconde poupée, en tous points semblable à la première... S'agit-il de l'oeuvre d'un copycat particulièrement tordu, s'en prenant à d'innocentes baudruches de plastique ?
Une enquête équivoque débute, qui tourne au bras de fer intellectuel quand un mystérieux épistolier convoque Montalbano à une chasse au trésor...

Italien d'origine sicilienne, né en 1925, Andrea Camilleri a mené une longue carrière dans le théâtre, la radio et la télévision, avant de se tourner vers la littérature. Avec succès, puisque les enquêtes de son désormais célèbre commissaire Montalbano ont donné naissance à rien de moins que le «phénomène» Camilleri.





  • Les premières lignes

Que Gregorio Palmisano et sa soeur Caterina aient été des grenouilles de bénitier depuis leur première jeunesse, c'était connu dans tout le pays. Ils ne rataient pas un office matutinal ou vespéral, une sainte messe, une célébration des vêpres, et certaines fois ils allaient à l'église même sans raison, juste parce qu'ils en avaient envie. Le léger parfum d'encens qui stagnait dans l'air après la messe et l'odeur de la cire des chandelles étaient pour les Palmisano plus attirants que le fumet de sauce tomate pour qui n'a pas mangé depuis dix jours.
Toujours agenouillés à la première rangée, ils ne baissaient pas la tête pour la prière, ils la gardaient levée, les yeux bien ouverts, mais ils ne regardaient ni vers le grand crucifix au-dessus de l'autel majeur ni vers la Madone des douleurs à ses pieds ; non, ils ne détachaient pas un instant leur regard du curé, de ce qu'il faisait, ils observaient comment il se déplaçait, comment il tournait les pages de l'Évangile, comment il bénissait, comment il bougeait les bras quand il disait «domino vobisco» et puis finissait avec «ite missa est».
La vraie vérité, c'était qu'ils auraient voulu être parrino, curé, l'un et l'autre, se mettre l'aube, l'étole, les parements, ouvrir la petite porte du tabernacle, tenir en main le calice d'argent, donner la communion aux dévots. Tous les deux, Caterina aussi.
Quand elle avait dit à sa mère Matilde ce qu'elle voudrait faire quand elle serait grande, cette dernière l'avait résolument corrigée :
- Tu veux dire bonne soeur.
- Non, maman, curé.
- Tè ! Et pourquoi tu veux faire curé et pas bonne soeur ? avait demandé en riant Mme Matilde.
- Passque le parrino, y dit la messe et la soeur non.
Mais ils avaient été obligés d'aider leur père, grossiste en produits alimentaires qu'il entassait dans trois grands entrepôts mitoyens.
A la mort des parents, Gregorio et Caterina avaient changé de marchandises ; à la place des pâtes, des buatte de tomates, du stockfish salé, ils s'étaient mis à vendre des antiquités. C'était Gregorio qui dénichait les objets en écumant les églises les plus vieilles des villages voisins et les palais à moitié en ruine des nobles autrefois riches et aujourd'hui crève-la-faim. Un des trois entrepôts était plein à éclater de crucifix, depuis ceux qu'on garde accrochés au cou par une chaînette à ceux en grandeur nature. Et il y avait aussi trois ou quatre croix nues, en fac-similé, énormes, très lourdes, destinées à être portées sur le dos par un pénitent lors des processions de la semaine sainte, pendant que ces bordilles de centurions romains lui flanquaient des coups de fouet.


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