L'abécédaire d'un pianiste : un livre pour les amoureux du piano / Passion du livre

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.. L'abécédaire d'un pianiste : un livre pour les amoureux du piano

Couverture du livre L'abécédaire d'un pianiste : un livre pour les amoureux du piano

Auteur : Alfred Brendel

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 04/11/2014

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-267-02697-9

GENCOD : 9782267026979

Sorti le : 09/10/2014

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  • La présentation de l'éditeur

C'est en 2008 qu'Alfred Brendel a donné son dernier concert public, à Vienne, mettant un terme à une carrière de près de soixante ans. Depuis lors, il n'a cessé de faire part de ses impressions, de transmettre son expérience au fil de nombreux cours, conférences et lectures.
Déployant une extraordinaire éloquence linguistique et musicale, Alfred Brendel s'adresse dans cet ouvrage à tous les musiciens et amateurs de musique. Érudit, spirituel, didactique et profondément personnel, cet abécédaire d'un pianiste passionnera tous ceux que l'histoire, le répertoire et la technique du piano intéressent. En effet, rarement cet instrument a-t-il été décrit de façon aussi ludique et intelligente.

Alfred Brendel est né en 1931 à Wiesenberg. Issu d'une famille allemande de Moravie, il a vécu à Graz pendant la guerre et a suivi une formation musicale à Vienne. À partir des années 1970, il joue dans le monde entier et acquiert une renommée internationale. En 1989, il est anobli par la reine Elisabeth II, qui récompense l'ensemble de sa carrière. En 2004, il a reçu le Prix Ernst von Siemens, souvent présenté comme le prix Nobel de la musique. En 2007, il a obtenu le prix Une vie en musique - Arthur Rubinstein. Poète, d'influence dadaïste, Alfred Brendel a publié trois recueils, tous traduits en français aux éditions Bourgois.





  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 25 septembre 2014

Depuis qu'il ne donne plus de concerts, le virtuose anglais Alfred Brendel met sa fantaisie au service de l'écriture. Son dernier opus, L'Abécédaire d'un pianiste, rend un hommage drôle et inattendu à son instrument fétiche...
Aux essais sur la musique - et, plus récemment, en Allemagne, sur le cinéma - sont venus s'ajouter deux recueils de poèmes quasi dadaïstes débordant d'espièglerie (Poèmes et Une aile blanche et l'autre noire, Bourgois, 2001 et 2005). Et un savoureux Abécédaire d'un pianiste destiné à «tous les amoureux du piano», qui paraîtra fin octobre. Comment l'idée a-t-elle surgi ? «De façon soudaine, au beau milieu d'une nuit, assure Brendel. J'aime que l'écriture vienne me chercher et non l'inverse.» D'«accents» à «zarzuela», en passant par «danse», «doigté», «Liszt», «pulsation», «Scarlatti», «Silence» ou «toux», l'auteur égrène 90 mots-clés dont il donne des définitions inattendues. A côté de réflexions pointues sur le jeu et la pratique musicale, on retrouvera le goût du maître pour le non-sens et l'anarchisme joyeux.



  • Les premières lignes

Avant-propos

Ce livre distille ce que j'ai à dire, arrivé à un âge avancé, sur la musique, les musiciens et ma profession en général. Mon deuxième métier, la littérature, m'impose en l'occurrence de dire les choses simplement, mais sans simplifier outre mesure. Mon goût de l'aphorisme et du fragment n'est pas non plus absent de cette histoire. Je ne recherche pas l'exhaustivité. J'invite ceux qui ne connaissent pas mes essais et mes entretiens avec Martin Meyer à s'y reporter pour prolonger et élargir leur lecture. Je voudrais notamment renvoyer au chapitre consacré à l'interprétation dans Le Voile de l'ordre.
On peut s'abandonner en quelque sorte les yeux fermés à la musique, la «rendre» simple sans y réfléchir. On peut la formaliser, l'intellectualiser, la psychologiser, la poétiser. On peut, si l'on y tient, énoncer sous l'angle sociologique ce qu'elle doit être ou ne pas être. On peut extraire des morceaux leur nature profonde ou bien leur injecter ce qu'ils doivent être. J'ai au moins évité cette dernière attitude autant que faire se pouvait. Le besoin de me confronter à la musique, d'en avoir pleinement conscience, d'associer la musique et le goût du langage, ne m'a pas abandonné.
Le mot de «grand maître» que j'utilise ici paraîtra peut-être désuet à certains, ou évoquera même des termes ironiques, comme ceux de «grand critique» ou «grand écrivain». Il révèle cependant quelque chose de cette vénération étonnée dans laquelle me plonge la grande musique. Je l'utilise lorsque les compositeurs concernés me paraissent surpasser les autres dans leur maniement de certaines formes ou de certains genres. La grandeur, le génie et la maîtrise sont des mots dont mon vocabulaire ne peut faire l'économie.
Les noms de compositeurs évoqués en détail dans ce livre ne vont pas jusqu'au XXe siècle - mais que l'on n'en tire pas de conclusions erronées. L'absence d'hommage à Debussy et Ravel, à Schoenberg, Bartók ou Stravinski par exemple, ou à des compositeurs plus récents comme Messiaen et Ligeti, tient au fait que mon propre répertoire était majoritairement lié à une époque musicale qui prenait encore ses racines dans le cantabile. J'aimerais dire qu'elle fut l'apogée de la musique pour piano. Le XXe siècle a, par la suite, en bonne partie abandonné cette base chantée. Ceux qui me connaissent savent avec quelle passion je me suis consacré, en tant que témoin auditif, à la musique des cent dernières années. Quelques rares compositeurs ont pris pour la première fois, vers 1908-1909, le risque de tirer les conséquences de la liquidation du système tonal ; ce fut un acte héroïque auquel je ne saurais vouer assez d'admiration. Du reste, j'ai joué soixante-huit fois et sur cinq continents le Concerto pour piano de Schoenberg. On trouve parmi mes essais un texte qui se confronte à cette oeuvre.
La rédaction de ce livre a été menée à bien sous l'amicale égide du Wissenschaftskolleg de Berlin. J'ai reçu l'aide très précieuse de Monika Möllering, Till Fellner, Georges Starobinski et Maria Majno. Je remercie tout particulièrement Chara Iacovidou, pianiste et linguiste accomplie, de ses suggestions pertinentes lors de son travail sur la version française du texte. Je dédie cet ouvrage aux musiciens qui m'ont donné des points de repère, avec admiration ou en désaccord amical ; aux auditeurs avec ma gratitude ; et aux grands compositeurs avec amour.

Alfred Brendel
Londres, 2014


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