La chute des princes / Passion du livre

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.. La chute des princes

Couverture du livre La chute des princes

Auteur : Robert Goolrick

Traducteur : Marie de Prémonville

Date de saisie : 08/12/2014

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Anne Carrière, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-84337-737-2

GENCOD : 9782843377372

Sorti le : 28/08/2014

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  • La présentation de l'éditeur

New York, années 1980. Une bande de jeunes hommes trop doués vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le grand manège de Wall Street. Dans leur chute, ils rencontreront des anges : Jools, la jeune héritière qui restaure un Titien ; Holly, le travesti le plus spectaculaire de Midtown ; Alan, le décorateur adulé qui ne savait pas qu'on pouvait mourir d'aimer ; Carmela, la femme d'une vie qui, à défaut de rester, pourra témoigner du temps de la grandeur. Personne ne réussira à sauver ces princes qui courent à leur perte, car des monstres trop puissants les pourchassent : le sida, les overdoses, les suicides, la ruine, le regard chargé de honte de leurs parents, l'amour s'excusant, chaque fois, de n'avoir sauvé personne.

Après Féroces et Arrive un vagabond (Grand Prix des Lectrices de Elle 2013), Robert Goolrick offre une chanson de geste aux démons fondateurs du libéralisme. Dans l'incandescence, l'indécence et la chute, il a trouvé la beauté.





  • La revue de presse Marine de Tilly - Le Point du 20 novembre 2014

Dans un quatrième roman qui a tout d'un chant expiatoire, l'américain Robert Goolrick revient sur ses féroces années au pays de la "gloire". Sensationnel...
La Chute des princes est le quatrième roman traduit en français de Goolrick. Mais c'est le "fondateur", le plus personnel, et assurément, le plus spectaculaire. C'est un aveu intelligent et lucide, un acte de contrition. "Je suis désolé", répète-t-il à son lecteur-confesseur. "Pardon d'avoir supposé que je valais mieux que vous. Pourquoi le lire ? Parce qu'il faut être passé par le royaume des morts pour en parler si bien. Parce qu'en plus d'égaler la crudité d'Easton Ellis, la folie de DeLillo, la lucidité speedée de Scorsese et la cruauté de Stone, il les surpasse à peu près tous par son élégance, sa sensibilité et sa classe, toutes fitzgéraldiennes. Parce que le fric, finalement, ce n'est pas si chic.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 6 novembre 2014

Dans La Chute des princes, son troisième roman, c'est un monde clinquant et fou qu'il décrit, et sa disparition brutale. C'est le New York des années 1980 et des traders, celui des millions de dollars empochés par des gamins en guise de primes de Noël, des kilotonnes de cocaïne sniffées pour tenir le coup entre journées de labeur et nuits de débauche, celui des fêtes somptuaires et des dépenses ahurissantes. Son narrateur, Rooney, occupait à l'époque l'un des postes les plus convoités de Wall Street, obtenu, après une batterie de tests et d'entretiens, à la suite d'une partie de poker avec le président de la firme. Viré à cause des excès de drogue et d'alcool, il raconte, vingt-cinq ans plus tard, cette " grande fiesta de l'insouciance " - et c'est la profonde mélancolie avec laquelle il le fait qui donne sa beauté et son prix au roman...
La force de La Chute des princes est de ne jamais vouloir mimer la fébrilité de l'époque : le roman, très bien traduit, est tout entier imprégné d'une douceur triste, qui en fait un texte entêtant.


  • La revue de presse Karen Lajon - Le Journal du Dimanche du 28 septembre 2014

Beaucoup de sexe, de drogue, d'alcool et de fric. Une histoire vraie, la sienne. Robert Goolrick veut expier. Sa faute, sa culpabilité. Il raconte tout. Le Prince, c'est lui. Rooney dans le livre. Un de ces types imbuvables qui pullulaient dans les années 80, à Wall Street...
Dans cette nouvelle vie de malheur, Rooney hante le temps, vit par procuration, fait semblant. N'est-ce pas, au fond, ce qu'il a fait toute son existence ? Il est comme un poisson rouge dans un bocal. Il remonte à la surface prendre de l'air. Le luxe, la fête, les amis lui manquent. Mais il découvre aussi que lorsqu'on perd tout, on ne meurt pas pour autant...
"Je suis désolé", écrit l'auteur à la page 23. "Pardon d'avoir supposé que je valais mieux que vous". La chute des princes est tour à tour un cri d'agonie et un appel à la rédemption. Robert Goolrick ne veut pas de notre pitié. Il veut qu'on l'aime, qu'on lui pardonne. Il expie. Il cherche le calme de l'âme, il veut s'éloigner de la tempête qui fracasse sa vie depuis sa naissance.


  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express, septembre 2014

La Chute des princes dissèque sans pitié l'univers décadent et incandescent des jeunes loups de Wall Street de la dernière décennie du XXe siècle...
Cette décennie aussi décadente qu'incandescente, l'auteur de Féroces l'exhume sans fard et la dissèque sans pitié, dans un style au scalpel. C'est fou, c'est fort. Un grand roman.



  • Les premières lignes

L'invention de l'argent

Quand vous craquez une allumette, la première nanoseconde elle s'enflamme avec une puissance qu'elle ne retrouvera jamais. Un éclat instantané, fulgurant. L'incandescence originelle.
En 1980, j'ai été l'allumette et je me suis embrasé pour n'être plus qu'une flamme aveuglante. Cette année-là, j'étais un missile pointé droit sur vos tripes - dégage de mon chemin ou je t'abats. Je n'en suis pas fier. En fait, j'en rougis de honte rien que d'y penser. Mais c'était comme ça. Aujourd'hui je ne suis plus le même homme, tout est différent. À l'époque j'étais cette pointe de lumière ardente vers laquelle tout et tous convergeaient. On pouvait me voir distinctement depuis l'espace, étincelle blanche et pénétrante, traçant sans pitié ni culpabilité son sillon dans le coeur de la ville la plus chaude et la plus flamboyante du monde. Si vous aviez été de sortie dans le cosmos un de ces soirs-là, vous vous seriez retrouvé aux premières loges de mes outrances publiques et de mes excès privés. Sous la couette à mille dollars, sur le matelas à quinze mille, dans ma douche carrelée de marbre, ou dans la veste sur mesure en cachemire noir qui me tenait chaud les soirées neigeuses d'hiver - dans ma vaste illumination, j'étais incontournable.
Je ne le dis pas avec fierté. Je ne présente pas d'excuses. Je décris des faits irréfutables. J'avais tellement de charme que j'aurais convaincu un poussin d'éclore, ou vendu la clim à un Esquimau mort.
Après des milliers d'heures passées entre les mains des meilleurs entraîneurs dans la salle de sport la plus chère du monde, mon corps avait atteint une telle perfection que les femmes se bousculaient pour entrer dans ma chambre où elles restaient littéralement bouche bée, à remercier la chance qui les avait placées dans ma ligne de mire, qui avait fait d'elles, ne serait-ce qu'une nuit, les plus belles créatures de la terre, avec leurs bras graciles, leur épiderme aussi doux que la peau de chamois, leur odeur - mon Dieu, cette odeur - et leur chevelure dorée cascadant sur leurs épaules pour venir effleurer mon torse. Il suffisait d'un regard pour qu'elles sentent la chaleur et la faim tirailler leur ventre, avant même de connaître mon nom. D'ailleurs, elles s'en moquaient, j'aurais aussi bien pu être tueur en série qu'évêque.
Il fallait me voir, fermement campé dans mes chaussures Lobb directement envoyées de Londres, avec mes jambes puissantes, capables de soulever cent trente kilos de fonte ou de franchir les gratte-ciel d'un bond félin, et tout le reste de mon corps - bassin et hanches souples, ventre aussi dur et plat qu'un lac gelé et pourtant si chaud sous la paume. Peu importait à ces femmes de se faire marquer au fer rouge. Pareilles à ces toxicos incapables de s'arrêter avant la dernière dose, elles savaient bien qu'ensuite il y aurait le supplice du sevrage, et malgré ça n'aspiraient qu'à la jouissance aiguë de la piqûre, qu'à être pénétrées par l'aiguille incandescente - moi.
Le jour, on bossait comme des brutes.


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