Demain 17 heures, Copacabana / Passion du livre

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.. Demain 17 heures, Copacabana

Couverture du livre Demain 17 heures, Copacabana

Auteur : Guénane

Date de saisie : 29/09/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Apogée, Rennes, France

Collection : Piqué d'étoiles

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782843984518

GENCOD : 9782843984518

Sorti le : 14/05/2014

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  • La dédicace de l'auteur

Pour parvenir à aimer au long cours il faut souvent beaucoup ferrailler. Une histoire d'amour à rebondissements sous-tend ce roman, mais pour moi c'est d'abord un rendez-vous d'amour avec le Brésil des années 70-80.
Avant l'avènement irréversible des Tristes Tropiques, j'ai eu le privilège de côtoyer le Nouveau Monde et quelques arpents du Paradis originel. C'étaient pourtant des années de ronces cruelles sous la botte des généraux, mais elles n'ont pu m'empêcher d'approcher les âmes multiples du Brésil et j'ai voulu l'écrire, pour mémoire, pour partager ce qui fut avant l'emballement économique. Déjà, l'un des héros constate : «Nous décollons et nous pourrissons en même temps, là est le miracle !»
Ce pays, alors «en voie de développement», m'a souvent semblé - ô paradoxe ! - en avance sur l'Europe si sûre d'elle.

Guénane



  • La présentation de l'éditeur

«Demain 17 heures [...] Tachycardie violente, ma poitrine résonnait, mes tempes tressautaient mais je n'hésitai pas.»

Voici contée l'histoire d'un coup de foudre irrépressible entre Yvanne, Bretonne très déterminée aux origines modestes, et Luis Antonio, intellectuel brésilien descendant d'une grande famille de propriétaires terriens.
L'héroïne s'envole à destination du Brésil - pays contrasté entre volupté et misère, douceurs et cruautés - où elle nous embarque dans un décor somptueux : luxuriance tropicale de l'Amazonie, déserts écorchés du Nordeste, urbanisme démesuré de Brasilia et Rio...
L'amour est ici un concerto pour deux solistes qui ne met pas seulement en scène ces deux êtres à la sensualité vive et dévorante mais de nombreux personnages aux caractères bien trempés. Pour Yvanne, c'est une quête effrénée avec en filigrane, malgré le traumatisme de l'absence du père qu'elle n'a pas connu, la volonté de ressentir constamment les vibrations du monde.

Guénane nous livre un quatrième roman très intense dont le souvenir ne nous quitte plus.

Née à Pontivy, Guénane a vécu douze ans en Amérique du Sud. Elle a publié quatorze recueils de poèmes aux Éditions Rougerie. Après Le Mot de la fin (2010), La Guerre secrète (2011). Dans la gorge du diable (2012), Demain 17 heures Copacabana est son quatrième roman publié aux Éditions Apogée.





  • Les premières lignes

C'est toujours rempli d'étés chauds, l'enfance. Mi sol si sol la si sol la si mi si si la sol fa mi la si do la sol la si sol fa... Émue, je solfiais un concerto, la musique a toujours apaisé mon rythme cardiaque. Nous longions sans un mot les vestiges des marais salants et je revoyais le vaste quadrillé des oeillets, ce joli nom des bassins où cristallise la fleur de sel. Gil devinait et respecta le silence complice.
Derrière des buissons de tamaris se camoufle Ty Forn. La chaleur d'une cheminée et d'un saxo New Orléans nous accueillit. Nos hôtes habitaient Rennes, une maison cossue du beau quartier Sévigné, mais Pierre, lassé des canapés à franges et des tables juponnées, avait acheté cette longue chaumière où il avait tout orchestré : écru, coquille, ivoire, sable, mastic, beige, bistre, brun, ocre, terre de Sienne, élégance d'une seule note dans toutes ses nuances. Voisine de la cheminée, une piscine d'eau salée, liée au rythme des marées, que le maître faisait chauffer en même temps que son orgueil. C'était hélas marée basse. «Une raison de plus pour n'autoriser l'entrée en Bretagne qu'à la pleine mer !» ironisa Pierre.
Discrets, des projecteurs satinaient les couleurs. Fanny revenait du marché les paniers prometteurs, s'étonna de l'absence de Luis Antonio et Tania, un couple venu du Nouveau Monde pour Saint-Pol-Roux. Je n'arrivais pas à y croire : alors que la plupart des Français ignorent tout du poète et le rangent plus près des Évangiles que de Camaret, des Brésiliens venaient pour saluer, comprendre, traduire celui qu'on appela le Magnifique et qui s'offrit le magnifique plaisir de se faire oublier. Je découvris, perdu sur un planisphère, São Luis do Maranhão, un point au bout du Nordeste brésilien, un peu avant les bouches de l'Amazone, environ deux degrés sous l'équateur. Gil, passionné par l'histoire des grands conquérants, m'expliquait les différentes phases de la colonisation, quand j'aperçus Luis Antonio, sa peau cannelle et ses yeux d'aigue-marine, suivi de Tania au regard anthracite.
La samba, aidée par un vin des nonnes de Beaune, délia les corps. Quand on peut étirer ses pieds nus dans une laine moelleuse, qu'une flamme mauve danse dans votre verre, que des fesses brésiliennes mettent en transes les ombres du mur, que l'homme de votre vie vous serre contre lui, le vin infuse la durée, la certitude que tout continuera, braise, Brésil, bois rouge, vin rouge, la joue sur le pull rouge de Gil je respirais l'amour.
Le dîner eut sa part d'exotisme. Je me disais qu'il manquait à Gil un regard marin et je rougis de l'entendre articuler cet aveu intime :
- Yvanne est sûrement fascinée par la couleur de vos yeux !


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