Le langage imagé des rêves : dialoguer avec notre double secret / Passion du livre

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.. Le langage imagé des rêves : dialoguer avec notre double secret

Couverture du livre Le langage imagé des rêves : dialoguer avec notre double secret

Auteur : Francine Perrot

Date de saisie : 22/01/2015

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Honoré Champion, Paris, France

Collection : Champion Essais, n° 40

Prix : 28.00 €

ISBN : 9782745328298

GENCOD : 9782745328298

Sorti le : 01/07/2014

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  • La dédicace de l'auteur

86 ans ! Quel plaisir de contempler, du haut de mes longues années, l'aventure de mon existence avec ses aléas, ses joies, ses peines, ses métamorphoses. Ces souvenirs sont d'une telle richesse ! Quelle mine de renseignements sur un monde disparu et quelle jubilation de me les remémorer et de pouvoir les transmettre.
J'ai le sentiment d‘avoir vécu plusieurs vies, et cependant, à travers ces étapes, je distingue un fil rouge, une continuité, une direction, une sorte de roman (la recherche de moi-même, de mon propre mythe et de l'incarnation du Dieu qui m'habite comme il le fait en chacun de nous).
Une poussée intérieure et de nombreux rêves m'ont amenée à témoigner dans les pages de ce livre (Le Langage imagé des rêves, dialoguer avec notre double secret). Oui la vie a du sens et dialoguer avec notre être intérieur (avec nos rêves) nous mène à un enrichissement et à un accomplissement.
Ce court «Essai» est sous-tendu par la musique, celle des sons, des couleurs, du rythme, de la sonorité des mots et des phrases. La musique et les arts en général sont les vecteurs les plus fidèles de notre monde intérieur et de l'indicible. Toutes les cultures et toutes les religions ont leurs rites, leurs musiques et leurs danses. Notre monde, souvent tourné vers la réussite extérieure, laisse assoiffé «d'autre chose» de nombreuses personnes. J'essaye d'inviter le lecteur à se tourner vers les créations spontanées de l'humanité : mythes, contes, poésie, arts, et enfin rêves. Inutile d'aller chercher au loin, ou dans des sectes plus ou moins utopiques, des valeurs existant en chacun de nous.
Je n'ai jamais été aussi heureuse et gaie que dans cette dernière étape de mon séjour terrestre (j'ai presque honte de l'avouer). Je jouis de la liberté donnée par l'âge : j'ose dire ce que je pense et parler aussi des états «décalés» dont j'ai fait l'expérience. En outre, J'ai la chance d'avoir, malgré les handicaps physiques de l'âge, conservé jusqu'à présent ma tête. J'ai le privilège aussi de ne pas avoir de gêne matérielle, à condition de mener une vie sobre (qui me convient). De profondes amitiés m'unissent également à des personnes épatantes, aimantes et dévouées. Cela n'a pas de prix. Que cet Essai, résumant mon expérience, puisse aider les lecteurs à se trouver véritablement.



  • La présentation de l'éditeur

Les philosophes, les sages antiques et les fondateurs de religions ont tous propagé leur enseignement à l'aide de mythes, de récits symboliques, d'allégories, de paraboles et de contes. C'est que seul le symbole peut exprimer l'indicible qui dépasse la raison raisonnante. C'est pourquoi, dans cet essai, Francine Perrot est avant tout, conteuse; elle nous raconte des histoires fantastiques que le génie naturel de l'esprit humain crée spontanément, en particulier la nuit, dans nos rêves.
Nous rêvons tous, même si nous ne nous en souvenons pas, et ce que nous avons vécu intensément dans notre sommeil est réel sur le plan émotif et psychique et influence notre vie diurne. C'est pourquoi tenter, dans la mesure du possible, de comprendre nos rêves, est primordial. À l'aide d'exemples et non de théories, Francine Perrot essaie ici de nous faire pénétrer dans ce monde fantastique et riche de sens caché. Nous pencher vers notre univers profond est contraire à l'attitude collective de notre société rationnelle, tournée vers l'activisme extraverti et le profit, et demande un certain courage dont les héros des dits «contes de fées» nous montrent l'exemple.
Francine Perrot a appris l'interprétation des rêves auprès d'Elie Humbert, à Paris, puis de Marie-Louise von Franz, disciple et proche collaboratrice du psychiatre suisse Cari Gustav Jung, avec qui l'auteur fut en analyse à Zurich, depuis la mort de Jung, en 1961. Elle a continué de la voir jusqu'à sa mort, en 1998, et a établi, d'après des notes dactylographiées de cours qu'elle a donnés à l'Institut C. G. Jung de Küsnacht (Zurich) les versions françaises de neuf des dix études sur le sens des contes de fées et leur application à notre temps qui forment un ensemble unique. Avec son mari, Etienne Perrot, écrivain et traducteur d'oeuvres maîtresses de la maturité de Jung, ont été fondées, en 1978, «Les Éditions de la Fontaine de Pierre» qui continuent d'éditer depuis des livres d'inspiration junguienne.
Le présent Essai ne prétend pas enseigner l'interprétation des rêves, discipline qui exige l'existence d'une vocation particulière, un long travail sur soi et des études variées. Il aura atteint son but s'il donne au lecteur l'envie de se tourner vers la richesse cachée au fond de lui comme elle l'est en chacun de nous. L'attention à nos intuitions et à nos rêves, même compris sommairement, peut nous aider à nous orienter dans la vie quotidienne, élargir notre vie et l'épanouir, et nous éviter bien des écueils.





  • Les premières lignes

FUGUE

I

LE MONDE DES RÊVES

Il nous arrive de rêver éveillés et de nous inventer des histoires. Il peut être instructif de suivre ces rêveries et de voir où elles nous mènent. Les enfants, demeurés proches de l'inconscient, vivent spontanément ces mondes fantasmatiques auxquels ils donnent corps dans leurs jeux, leurs dessins et leurs aventures imaginaires souvent incomprises des adultes murés dans l'étroitesse de leur rationalité. Le jeu et l'imagination sont indispensables à la construction et au développement mental de l'enfant et nous devons nous garder de rationaliser leurs productions, car ils expriment et représentent, non le monde concret, mais leur monde intérieur.

Quant aux musiciens, aux romanciers, aux poètes, aux cinéastes et à tous les artistes qui ont la chance d'avoir gardé de leur enfance un lien privilégié et spontané avec l'irrationnel et ses inspirations, avec leur double intime, ne donnent-ils pas forme dans leurs oeuvres, par leur labeur et leur art, leur «métier», à leurs rêves, leurs phantasmes et leurs sentiments profonds ? Toute oeuvre artistique ou littéraire n'est-elle pas la réalisation, la concrétisation d'un rêve, le fruit d'une rencontre avec notre être intérieur ?

Les peuples de l'Antiquité attachaient beaucoup d'importance aux rêves qui faisaient partie des initiations et aussi des thérapies car ils savaient que la santé du corps et celle de l'âme vont de pair. Ainsi, à Épidaure, les malades se préparaient à recevoir des songes envoyés par Esculape, le médecin mythique porté au rang des dieux, par des jeûnes, des prières et des rites, avant de passer une nuit «d'incubation» dans son temple. Des serpents y vivaient en liberté. Le serpent représente notre moelle épinière et notre vie instinctive nécessaires à la préservation de notre santé. C'est pourquoi des serpents s'enroulent autour du caducée qui continue à symboliser, depuis ces temps lointains, la profession médicale. Ils sont deux, car la santé, tant morale que physique, est un équilibre entre les énergies complémentaires. Le caducée était également un attribut de Mercure au casque et aux talons munis d'ailes, esprit mobile et insaisissable comme le métal dont il porte le nom et comme les inspirations et les rêves qui ont tendance à nous échapper si nous ne réussissons pas à les saisir sur le vif. Il faisait le lien entre «le domaine des dieux» et le monde des humains, entre l'inconscient et le conscient, il participait des deux, c'est pourquoi il était hermaphrodite. Au matin, les prêtres-médecins du temple interprétaient les rêves du patient, et c'est d'après les indications qu'ils en tiraient qu'ils lui prescrivaient les remèdes appropriés et des conseils de vie saine. En alchimie, le Soufre, masculin, est à la fois opposé et relié à Mercure, qui était représenté comme androgyne.

Tous les peuples de cultures dites traditionnelles, non industrielles qui ont conservé un lien avec leur vie spontanée vénèrent les «grands rêves», tant pour le rêveur que pour la communauté et les racontent solennellement à la tribu réunie. Si ces rêves sont ressentis comme ayant un contenu religieux, ils peuvent donner lieu à la création de rites et de cérémonies, de chants et de danses. De même, les contes populaires et les mythes sont le fruit de l'imagination créatrice des différents peuples, les réponses symboliques à leurs questionnements sur la naissance du monde, les grandes énigmes de la vie et leurs aspirations profondes. Ils sont l'expression d'une sagesse millénaire, ces «vérités éternelles» qu'il nous faut traduire dans un langage de notre époque. Et les religions n'ont-elles pas, à l'origine, été «révélées» par des songes et des visions ? Ainsi, on voit parfois aux chapiteaux de nos cathédrales un ange, messager divin, penché sur l'épaule de l'évangéliste pour lui dicter son texte.

(...)


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