Allmen et les dahlias / Passion du livre

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.. Allmen et les dahlias

Couverture du livre Allmen et les dahlias

Auteur : Martin Suter

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 07/06/2014

Genre : Policiers

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-267-02651-1

GENCOD : 9782267026511

Sorti le : 02/05/2014

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Après deux enquêtes menées avec succès, le dandy-détective Friedrich von Allmen est passé maître dans l'art de la recherche d'oeuvres d'art volées. Toujours secondé par Carlos, son fidèle domestique guatémaltèque, c'est sur les rives d'un lac suisse qu'il est appelé pour retrouver un tableau de Fantin-Latour dérobé à Mme Gutbauer, excentrique milliardaire qui occupe tout l'étage d'un vieil hôtel de luxe. Élisant domicile sur les lieux du délit, Allmen devient partie prenante d'un habile huis-clos au sein duquel Martin Suter combine à la perfection suspense, élégance et ironie.

«Rien n'est plus agréable que d'être manipulé avec classe.» Gladys Marivat, Chronic'art





  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 8 mai 2014

Beaucoup de personnages gravitent autour de l'histoire, aucun d'eux n'étant à proprement parler honnête suivant les critères en vigueur dans la plupart des morales courantes. Mais Martin Suter raconte tout cela avec une ironie élégante qui déteint sur chacun. Son détective a-t-il l'air amoché après un passage à tabac ? «Mais Allmen fit un signe de héros de western pour indiquer que tout allait bien. Ce n'était qu'une égratignure.»



  • Les premières lignes

C'était l'un de ces matins où il devait nouer sa cravate trois fois de suite avant d'obtenir les bonnes longueurs.
Allmen avait mal dormi. Il avait déserté l'ennuyeuse inauguration d'un club pelucheux pour aller s'ensabler avec quelques autres renégats dans les locaux du Goldenbar, puis au Blauer Heinrich. Lorsqu'il avait enfin regagné son lit, une conférence nocturne avec la Colombie organisée par Mark Moreno l'avait arraché à son tout premier sommeil.
Carlos, lui aussi, conférait fréquemment avec sa famille au Guatemala, mais il le faisait toujours avec discrétion. Lorsque c'était Maria, en revanche, dans la maison mal insonorisée du jardinier, on aurait juré que sa chambre était pleine de Colombiens venus faire la fête.
Juste après l'heureuse conclusion de l'affaire du «Diamant rose», il avait voulu proposer un emploi fixe à Maria Moreno. Cela lui paraissait pure logique. L'argent, désormais, ne manquait pas, Allmen aimait avoir du personnel et Carlos aimait Maria Moreno.
Mais, une fois de plus, il n'avait pas compté sur la pingrerie de ce dernier. Même à présent que les réserves bancaires de Carlos dépassaient largement celles de son patron, il mégotait sur le moindre sou. Il n'avait pas voulu accepter l'offre d'Allmen, qui proposait de l'employer non plus à temps partiel en échange du gîte et du couvert, mais à plein temps et moyennant un bon salaire. Il préférait rester à mi-temps comme jardinier et concierge chez K, C, L & D Fiduciaire, la société qui avait acheté la villa Schwarzacker et laissé à Allmen l'usufruit emphytéotique de la maison de jardinier. «Nunca sesabe», avait-il dit : on ne sait jamais. Allmen savait parfaitement de quoi il était question : on ne savait jamais à quel moment Don John serait de nouveau en faillite. Et il s'avéra bientôt qu'on y était presque.
Il avait également réussi à faire échec à l'embauche fixe de sa Maria. Il lui conseilla de continuer à travailler à l'heure et de garder la main sur le reste de sa clientèle. Nunca se sabe.
Pour ce qui concernait sa situation domestique, Carlos était moins strict. L'entrée de Maria Moreno dans les lieux s'était déroulée par étapes. Ce furent d'abord des visites féminines occasionnelles chez Carlos, visites qu'Allmen, en homme du monde, toléra bien sûr comme si cela allait de soi. Non sans être effleuré par une émotion désagréable, toutefois, ses vidéoconférences avec la Colombie n'étant pas la seule occasion pour Maria Moreno de se manifester bruyamment. Elle n'avait pas tardé à rester le week-end, ce qui ne le dérangeait pas plus que cela, car elle offrait un spectacle réjouissant. Le jour où Carlos était venu expliquer à Allmen, avec ses circonvolutions habituelles, que Maria était provisoirement sans domicile, il n'avait vu aucune objection à ce qu'elle trouve refuge un moment auprès d'eux, dans la maison du jardinier. Et lorsqu'il la vit, un soir, assister Carlos en robe noire et petit tablier blanc, Allmen sut qu'il avait laissé passer le moment d'intervenir. Depuis, il hébergeait deux immigrés clandestins. Pas seulement «por mientras», c'est-à-dire provisoirement, comme le disait Carlos.


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