Rester debout : la Résistance vue par ses acteurs / Passion du livre

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Couverture du livre Rester debout : la Résistance vue par ses acteurs

Auteur : Yves Blondeau

Préface : Christine Levisse-Touzé

Date de saisie : 02/06/2014

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 27.00 €

ISBN : 9782915293845

GENCOD : 9782915293845

Sorti le : 12/05/2014

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

La Résistance a rassemblé des gens que tout séparait, sauf l'essentiel. C'est ce que veut montrer ce livre qui donne la parole aux acteurs de cette période. Ils nous font découvrir les différentes facettes de la Résistance : la propagande, la solidarité, les réseaux de renseignements et d'évasion, l'action armée urbaine, l'action des maquis. Mais ils nous disent aussi leurs motivations, leurs espoirs en la fondation d'un monde meilleur. Ils continueront à militer pour changer le monde en faisant connaître l'épopée de la Résistance et en montrant que, même dans les périodes les plus noires, on peut rester debout.
Comme l'a si bien écrit dans sa préface Christine Levisse-Touzé : «Héritage humain inestimable pour l'histoire, le témoignage est aussi comme l'a affirmé Germaine Tillion, un combat». Aujourd'hui, encore ils pensent que le combat de la Résistance n'est pas terminé.
Ont témoigné : Michèle Agniel, Raymond Aubrac Robert Chambeiron (secrétaire général adjoint du CNR), Jean-Louis Crémieux-Brilhac, André Damasio, Jean-Marie Délabre, Jacques Delarue, Odile de Vasselot, Denise Lallich-Domenach, Pierre-André Dufetel, Josette Dumeix, Francis Faivre, Louis Gendillou (compagnon de Georges Guingouin), Monique Georges (fille du colonel Fabien), Charles Gonard, Gisèle Guillemot, Robert Hébras (survivant d'Oradour), Stéphane Hessel, Henry Karayan, Raymond Lévy, Lise London, Pierre Morel, Jacqueline Ollivier-Timbaud (fille de Jean-Pierre Timbaud, fusillé à Chateaubriant), général René Omnès, Jacqueline Pardon, Paul Prompt, Serge Ravanel, Madeleine Riffaud, Marius Roche, Cécile Roi-Tanguy, Pierrette Rossi, Bernard Sidobre, Jacob Szmulewicz, Arsène Tchakarian, Suzanne Teboul, Claude Urman, Paulette Urman.

Yves Blondeau, né en 1945, est docteur en Histoire. A collaboré au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, le Maitron. Professeur d'histoire dans un lycée parisien, il a régulièrement fait participer ses élèves au Concours de la Résistance et de la Déportation. Avec Serge Ravanel, il a participé à l'opération : «valeurs de la Résistance, valeurs des jeunes d'aujourd'hui», a été le conseiller historique du film de Vincent Goubet, sur la Résistance intérieure : Faire quelque chose. Il a été secrétaire général de Ciné Histoire et dans ce cadre, a participé à l'organisation de plusieurs colloques à l'hôtel de Ville de Paris. Il est actuellement secrétaire général de l'ADVR, Association de défense des valeurs de la Résistance.





  • Les premières lignes

Avant-propos

Ce livre aborde l'Histoire autrement, par le témoignage. Il donne la parole à trente-sept acteurs-actrices, vingt-quatre hommes et treize femmes, d'une période essentielle de notre Histoire. Il permet d'appréhender l'Histoire à travers leur action et aussi leur réflexion.
Je n'ai donc pas écrit ce livre, j'ai simplement organisé les témoignages de façon à donner un éclairage sur ce qu'a été la Résistance à travers ceux qui l'ont faite. On y trouvera certes des figures connues (Raymond Aubrac, Serge Ravanel, Robert Chambeiron, Stéphane Hessel, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Cécile Roi-Tanguy, Lise London, Madeleine Riffaud...) mais également beaucoup d'anonymes dont la parole est d'autant plus précieuse qu'on la leur a rarement donnée. Certains ont été des cadres, des chefs, d'autres des exécutants, mais il faut souligner que, quelle que soit leur place dans la Résistance, tous ont pris les mêmes risques. Pour ceux qui étaient arrêtés c'était la torture, la prison, la mort ou la déportation. Sept des témoins du livre ont été déportés. Dix autres ont été arrêtés, dont quatre ont réussi à s'évader. Mais il ne faudrait pas oublier, à travers le témoignage de leurs filles, le colonel Fabien, arrêté et évadé, et Jean-Pierre Timbaud, arrêté et fusillé.
J'ai été conseiller historique du film Faire quelque chose, réalisé par Vincent Goubet, j'ai donc préparé et recueilli avec lui plus de quatre-vingt-dix heures d'interviews, plus de 1 200 pages pleines de la richesse, de la vie, des espoirs, des interrogations, des déceptions des résistants et j'ai pensé que tout cela il fallait le partager. Le film le permet, bien sûr, mais en quatre-vingts minutes il laisse une certaine frustration par rapport à la richesse des témoignages.
J'ai donc décidé, en accord avec Vincent Goubet, de donner beaucoup plus largement la parole aux témoins. Ce livre est un livre de paroles, non d'écrits. Je tiens à préciser que j'ai donc choisi de respecter l'expression orale de chacun afin de ne dénaturer ni le message, ni la personnalité de chacun. L'ambition de ce livre est de faire découvrir la Résistance de l'intérieur, en en montrant la diversité sociale, politique, intellectuelle et en montrant que son unification, par-delà cette diversité, en a fait un moment unique dans notre histoire. En effet, jamais on n'a connu dans notre pays une telle volonté, de la droite à l'extrême gauche, de mettre sur pied une nouvelle société. Certes, les circonstances étaient exceptionnelles, mais le contexte aurait justement pu rendre les choses encore plus difficiles !
L'unité n'était pas nécessairement inscrite dans la logique de l'Histoire. L'engagement s'est fait à partir des motivations les plus diverses, sur des voies parallèles ou divergentes, mais la nécessité largement ressentie de s'organiser a permis la naissance des mouvements, des réseaux. Quant à l'action, là encore la diversité des choix est grande : le renseignement, l'information, les filières d'évasion, l'action directe. On a vu sur ce point des désaccords profonds, voire des oppositions, mais finalement les différents types d'actions se sont complétés et tous ont été nécessaires.
À l'origine de l'unification il y a le rôle remarquable de Jean Moulin, qui permet aux rivaux de travailler ensemble, mais il y a aussi, au fond de chacun, cette volonté, cette compréhension, qu'il faut l'unité pour construire un monde meilleur.
Le CNR apporte donc la trame sur laquelle se fera ce monde meilleur. Son programme, adopté à l'unanimité de ses membres, apporte de grandes réformes sociales et économiques. Il est porteur de l'espoir des résistants Mais le CNR est également porteur, par son unité, de la paix civile que connaît la France à la Libération. Il permet la reconnaissance du général de Gaulle par les Alliés et le rétablissement du rang de la France parmi les grandes nations.
Bien sûr si certains, et on le voit dans cet ouvrage, pensent déjà, pendant les combats, à ce que sera la France de l'après-guerre, beaucoup ne vivent, par la force des choses, que dans le présent de l'action et des risques mais, consciemment ou non, tous travaillent à ce monde meilleur, plus juste, qui sortira de la guerre.

Au-delà de l'hommage rendu à ceux qui ont résisté, qui ont su rester debout, c'est à l'héritage qu'ils nous ont laissé que ce livre veut donner sa place.


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