Les bûcherons de Cazaux-Debat : des Autrichiens dans la Résistance : 1943-1945 / Passion du livre

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Couverture du livre Les bûcherons de Cazaux-Debat : des Autrichiens dans la Résistance : 1943-1945

Auteur : Françoise Bouygard

Préface : Pierre Daix

Date de saisie : 24/06/2014

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782915293821

GENCOD : 9782915293821

Sorti le : 12/05/2014

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  • La présentation de l'éditeur

Suivant de 1934 à 1945 l'épopée d'une dizaine de personnes nées dans l'empire austro-hongrois, on mesure ce qu'il leur a fallu de courage et de détermination pour poursuivre coûte que coûte leur combat contre le nazisme. De la guerre civile en Autriche en 1934 à la fuite hors de leur pays annexé par l'Allemagne, de la guerre d'Espagne dans les Brigades internationales aux camps d'internement en France, de la Résistance à la déportation dans les camps nazis, leur engagement communiste les guide. Plus tard, pour certaines, la prise de conscience de la réalité soviétique et du stalinisme déclenchera de nouvelles luttes...
Comme l'écrit Pierre Daix dans sa préface : «Soixante-dix ans plus tard, c'est donc avec une émotion particulière que je lis Les Bûcherons de Cazaux-Debat. Des Autrichiens dans la Résistance 1934-1945. Un essai qui nous plonge, et pour la première fois avec une telle richesse d'information et une telle liberté de jugement, dans cette résistance restée par trop méconnue.»
Ce récit singulier éclaire ce que fut le Travail allemand, cette branche souvent ignorée de la Résistance en France. Infiltrés dans les services allemands, chargés d'un travail de propagande auprès des soldats de la Wehrmacht, revenus en Autriche pour y organiser la résistance à l'occupant allemand, ces Autrichiennes et ces Autrichiens, juifs pour la plupart, prennent des risques inouïs. Dans cette vie de clandestin, il n'y a guère de place pour leurs enfants et l'un d'eux, Georg, deux fois arrêté par la Gestapo, ne sera pas sauvé malgré l'aide d'institutrices pyrénéennes.
Cet ouvrage donne une résonance encore plus forte d'émotions à l'Affiche rouge et ouvre les pages de notre histoire aux étrangers dont on nous a si peu parlés et qui furent pourtant le terreau de notre résistance.
Travail d'historien sur le rôle d'Autrichiens dans la Résistance en France, ce livre nous plonge dans le quotidien de ces étrangers dans la France occupée, que des Français ont eu le courage de soutenir quand d'autres les pourchassaient.

Michel Reynaud

Françoise Bouygard est originaire du Sud-ouest. Diplômée en droit et en sciences politiques, elle a d'abord enseigné les sciences économiques et sociales. À sa sortie de l'École nationale d'administration, elle a travaillé essentiellement au ministère du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Elle est conseiller maître à la Cour des comptes.





  • Les premières lignes

Les bûcherons et les charbonniers de Cazaux-Debat dans les Pyrénées jouèrent un rôle prépondérant dans le groupe de résistants autrichiens. La plupart de ses membres avaient un point commun : ils étaient particulièrement menacés. Il s'agissait en effet de Juifs ou de personnes qui, en Espagne ou dans les années précédentes en Autriche, avaient eu fortement maille à partir avec les nazis.

POURQUOI LES BÛCHERONS DE CAZAUX-DEBAT ?

Ces bûcherons m'évoquent d'abord le village de mon arrière-grand-mère, Cazaux-Debat dans les Hautes-Pyrénées, et les événements qui s'y sont produits pendant la Seconde Guerre mondiale : la venue puis le départ d'«étrangers parlant allemand» et les arrestations opérées par la Gestapo. De ces faits, il ne restait que quelques bribes dans les mémoires, sans qu'il soit possible de les articuler entre eux.
Les bûcherons de Cazaux-Debat, voilà aussi comment des travaux historiques désignent certains résistants autrichiens.
Mémoire locale et travaux universitaires étaient demeurés trop vagues ou trop généraux pour sortir de l'oubli ce pan méconnu de l'histoire de la Résistance en France, dont les héros étaient des étrangers. Soixante-dix ans après, ce livre souhaite y remédier et rendre hommage aux résistants antifascistes autrichiens qui ont vécu dans les Pyrénées entre 1940 et 1943 et à celles et ceux qui les ont aidés.
La création de l'association des amis de Cazaux-Debat en 2009 a été le point de départ de ce livre pour mieux connaître et comprendre les événements qui se sont déroulés dans ce village pyrénéen. L'initiative et le mérite en reviennent au président de l'association, Paul Bouygard, puissamment aidé par Katharina Labarthe, membre de l'association et germanophone. M'appuyant sur des archives retrouvées en France, en Autriche, en Allemagne, je laisse le plus possible la parole aux acteurs de cette histoire. Des «Repères» en fin de chaque chapitre éclairent la façon dont leurs vies, racontées à hauteur d'homme, s'inscrivent dans la grande Histoire.

Le contact avec la population était bon. Les autorités ne nous inquiétaient pas du tout, elles non plus, et comme avéré plus tard, elles ont même sympathisé avec nous au point de ne pas nous dénoncer aux fascistes allemands, même quand les Allemands ont occupé la zone libre de la France.

Chapitre 1

CES AUTRICHIENS BIEN TRANQUILLES

En 1940, une famille suisse installée à La Barthe de Neste, dans les Pyrénées, accueille un couple de réfugiés autrichiens. Non loin de là, à Lannemezan, un autre couple, Harry Spiegel et sa femme Irène, se cache dans un entrepôt de bois. Petit à petit, d'autres Autrichiens arrivent dans cette région montagneuse perdue. «Harry Spiegel nous attendait à la gare de La Barthe de Neste. Je ne le connaissais pas, mais Richard Sehr le connaissait, car ils avaient été tous les deux dans l'infanterie, en Espagne. Sur place se trouvait un groupe de bûcherons, composé de cinq personnes, qui avaient quitté une compagnie de travailleurs. Au moment de la démobilisation ils s'étaient tout simplement sauvés et rendus dans les Pyrénées où Harry Spiegel, qui parlait très bien français, leur avait trouvé du travail comme bûcherons.»

DANS LA MONTAGNE

Le petit groupe d'Autrichiens habite d'abord dans des granges, non loin du col d'Aspin puis, semble-t-il, près du village de Jézeau.
(...)


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