Les femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Les femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale

Couverture du livre Les femmes des PTT et la Seconde Guerre mondiale

Auteur : Charles Sancet

Préface : Laurence Thibault

Date de saisie : 28/04/2014

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782915293777

GENCOD : 9782915293777

Sorti le : 01/03/2014

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Peu de pages nous furent laissées, lues, racontées, écrites. Presque rien ne fut dit sur ces actes et cendres. Trop de pages blanches dans notre histoire sur ces deux-cent-vingt-quatre femmes dont l'auteur dans cet ouvrage exhume et témoigne de leurs actions en nous dévoilant en inédit cet engagement au féminin. Son travail et ses recherches rendent justice et terrassent cet oubli de notre mémoire collective à l'égard de ces femmes des PTT. Résistante, déportée, amie des juifs, et tant d'autres engagements ici défilent, dans ces pages, leurs histoires, leurs témoignages qui nous informent, nous font connaître, partager, quelquefois pleurer et creusent pour notre mémoire ce sillon de savoir pour ces luttes.

Les Demoiselles des Postes, Télégraphes et Téléphones ont agi, de la fin 1939 à 1945, dans le cadre de leurs fonctions - souvent à rencontre des règles déontologiques - en transmettant à la Résistance des informations capitales. Elles ont été l'oreille, la parole, la main; passeuses, sauveuses, passerelles, aides inlassables de l'armée des Ombres, opposantes idéales à l'Occupation. Elles ont été ces grains de sable qui ont grippé les rouages nazis sur notre territoire. Charles Sancet nous livre ici de précieuses indications sur le féminisme dans notre société, ses luttes et son rôle aux heures du combat et de la solidarité, il ajoute avec cette histoire au féminin une pierre héroïque à la construction de notre mémoire.

Et au fil des pages, nous nous répétons les vers de Paul Éluard :
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer Liberté.

Michel Reynaud

Né le 2 septembre 1939 à Auch (Gers), Charles Sancet entre par concours aux PTT en 1957 à Paris. Inspecteur des télécommunications en 1968, il poursuivra sa carrière à France Télécom jusqu'en 1999. Secrétaire général de Libération Nationale PTT-ANACR, l'association d'anciens Résistants de l'Administration des PTT. Il est membre du Bureau national de l'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (ANACR).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Charles Fournier-Bocquet

Pour faire comprendre la Résistance, il convient de dire, paradoxalement, ce qu'elle ne fut pas. Ni western joué par les cow-boys de l'ombre que nous aurions été, ni roman d'espionnage, elle n'eut rien non plus de la conspiration étriquée, chère à des historiens et à des revues de vulgarisation très vulgaires, (qui d'ailleurs tendent à accréditer que si la Résistance fut une belle chose, Vichy n'en était pas une tellement mauvaise). Elle n'a pas été un volontariat de persécutés, de vaincus, car si elle recevait des coups, elle en portait, et elle s'acheva par une grande victoire. Elle n'a pas été une mosaïque de fractions rivales coupées d'un peuple retranché du mouvement de l'histoire, mais la conjonction de forces nombreuses, très diverses et victorieuses ensemble. Elle n'a pas été le baroud d'honneur, moins dénuée de panache que d'efficacité, louée par d'hypocrites écrits qui se gardent bien de dire quel rôle elle joua pour la libération de la France.
La Résistance, il faut d'abord, pour la comprendre, savoir qu'elle ne fut pas le fait d'une élite, d'une poignée de héros dominant la foule. Elle eut ses organisations, ses mouvements nombreux, dont les noms sont connus : Libé-Nord, Combat, Libé-Sud, le Front National, les Francs-Tireurs et Partisans Français, l'Armée secrète, les Réseaux FFC, les syndicats, les partis adhérents au Conseil national de la Résistance. S'il est normal que les membres homologués de ces mouvements se voient attacher le titre de résistants, il faut penser que dans cette armée-là, aussi, comme dans toutes les autres, pour un soldat qui se battait, au sens habituel du terme, pour un FTP dans un groupe de sabotage, pour un combattant de l'AS dans un maquis, il y avait d'autres «soldats sans uniforme», représentant en fait ce qu'il est convenu d'appeler «les services» d'une armée régulière. Il fallait mener l'action, bien sûr, mais il fallait aussi renseigner, se cacher, cacher les camarades, prendre les mesures de sécurité répondant à la rigoureuse vigilance, fabriquer les faux papiers d'identité, pour les combattants des villes, changer souvent de «planques», se ravitailler dans un pays souffrant de la famine (par moments, 150 grammes de pain par jour pour les légaux, et nous étions clandestins !) : il fallait recruter, informer, exalter, publier journaux, tracts, papillons, cacher des aviateurs alliés abattus sur notre territoire, renseigner les Alliés (par les réseaux) sur les mouvements des troupes allemandes, démoraliser celles-ci par un harcèlement de plus en plus généralisé, y compris le harcèlement moral. Tout cela était un combat. Il fallait aussi préparer l'unification des mouvements sous l'autorité du Conseil national de la Résistance et de l'État-Major National des Forces Françaises de l'Intérieur, car seule l'unité pouvait apporter l'efficacité et le succès.
Il fallait soigner clandestinement les blessés, secourir les familles des fusillés, des déportés, cacher les enfants ou adultes juifs, sauver et entraîner dans la lutte les réfractaires au Service du Travail Obligatoire, cette institution héritée des négriers qui voulait faire tourner les usines allemandes avec la main-d'oeuvre des pays occupés, pour envoyer au front tous les Allemands valides.
Or, cela ne fut possible que grâce à un afflux toujours croissant de bonnes volontés, renforçant de plus en plus les mouvements mais les débordant à la fin, et qui devint une puissante conspiration populaire autour de la résistance organisée. Les survivants, vous le savez, raconteraient tous l'histoire du passant qui vous prévient qu'il faut éviter le prochain carrefour, des inconnus qui ramassent les tracts jetés dans la rue et les diffusent à leur tour, de la porte qui s'ouvre au dernier moment devant un traqué, des gamins qui montent dans les bois prévenir le maquis que les Allemands arrivent, des moteurs sabotés dans tel atelier où n'existe pas un seul résistant connu des chefs de mouvements. Et l'histoire, donc, de l'insurrection parisienne, où les anciens de 1914 ramassent un fusil et aux collégiens apprennent à s'en servir, sur des barricades commandées par des officiers de vingt ans et construites avec l'aide de tous les habitants du quartier, des concierges aux enfants des écoles.


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli