Le culte des droits de l'homme : une religion républicaine française : XVIIIe-XXIe siècle / Passion du livre

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.. Le culte des droits de l'homme : une religion républicaine française : XVIIIe-XXIe siècle

Couverture du livre Le culte des droits de l'homme : une religion républicaine française : XVIIIe-XXIe siècle

Auteur : Valentine Zuber

Date de saisie : 14/06/2014

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Bibliothèque des sciences humaines

Prix : 26.00 €

ISBN : 9782070142507

GENCOD : 9782070142507

Sorti le : 06/03/2014

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  • La présentation de l'éditeur

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, oeuvre éclair du mois d'août 1789, est devenue dès sa promulgation l'un des symboles révolutionnaires les plus populaires en France et à l'étranger. Véritable évangile des principes sacrés de la République française, elle a immédiatement été considérée comme l'indispensable abrégé, le catéchisme de la formation politique des futurs citoyens. Le souci constant de son affichage et de sa diffusion en France depuis la Révolution jusqu'à nos jours montre encore l'exceptionnalité conférée à ce texte singulier, finalement constitutionnalisé.
La sacralisation implicite de la Déclaration des droits, credo révolutionnaire devenu républicain, pose la question de l'existence d'une forme de religion civile dans la République, en dépit de sa laïcité revendiquée. Le culte des droits de l'homme, élaboré dès les premiers mois de 1789, s'est en effet constamment perpétué dans la tradition républicaine, du centenaire de 1889 au bicentenaire de 1989, jusqu'à l'exaltation plus contemporaine de la France «pays des droits de l'homme».

Valentine Zuber est historienne, spécialiste de l'histoire de la liberté religieuse et de la laïcité en France et en Europe. Elle enseigne à l'École pratique des hautes études. Elle a notamment publie Laïcités-démocraties, des relations ambiguës (2003), Les Conflits de la tolérance (2004), avec Jean Baubérot, et Laïcités et sociétés en Méditerranée (2012), avec Jacques Huntzinger et Marjorie Moya.





  • La revue de presse Roger-Pol Droit - Le Monde du 12 juin 2014

Le texte fut rédigé dans l'urgence. Cette oeuvre éclair de l'été 1789 - écrite à plusieurs mains, remaniée jusqu'à la dernière seconde, d'abord critiquée dans son principe, dans ses détails - se trouva aussitôt figée, fixée, embaumée. La Déclaration des droits de l'homme et du -citoyen devint l'évangile de l'Age nouveau...
Célébrations et professions de foi ensevelirent les doutes, questions et critiques. Le culte des droits de l'homme, fondement sacralisé de la République, s'était déjà installé. Valentine Zuber, qui enseigne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, éclaire l'histoire de sa mise en place comme de son évolution. Elle scrute à la loupe l'histoire du texte, les aléas de sa fulgurante émergence...
Valentine Zuber retrace aussi les périples au long cours de la sacralisation du texte et de ses usages, au fil d'une enquête minutieuse et véritablement passionnante.



  • Les premières lignes

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC), oeuvre éclair de l'été 1789, est devenue, dès sa promulgation et en dépit de son inachèvement, l'un des symboles révolutionnaires les plus populaires en France comme à l'étranger. Comme l'ont remarqué un certain nombre d'auteurs, la DDHC a même été presque immédiatement comparée à un nouvel Évangile, chargé de guider l'homme, par la simplicité et la généralité de ses formules, vers un destin nouveau marqué par les principes intangibles de l'égalité et de la liberté. Dans l'esprit de ses concepteurs, le texte devait ainsi servir de médiateur entre les idéaux révolutionnaires et la nouvelle société en train d'émerger.
Tout au long du XIXe siècle, les auteurs progressistes et les hommes politiques républicains ont rappelé le destin historique exceptionnel des principes de la DDHC, diffusés largement en province et à l'étranger dès leur proclamation à la fin de l'été 1789. Contrairement aux tenants de la France catholique et monarchiste, ils y trouvent la racine première et sacrée de la démocratie républicaine à la française. Les protestants français de leur côté revendiquent la paternité religieuse de la DDHC et donc du progrès politique qu'elle inaugure. Cette relecture historique instrumentalise ensuite la DDHC en l'universalisant au monde entier. La célébration récurrente (1889, 1989) et l'affichage de ces «tables de la loi républicaines» (affichage public voté à l'unanimité en 1901, réitéré en 1946, dans les années 1980 et, plus récemment encore, en juillet 2013) montrent encore le caractère spécial, l'exceptionnalité conférée et donc, par là même, la sacralisation de ce texte historique particulier.
L'histoire de la rédaction de la DDHC, de sa promulgation puis de sa postérité juridique et symbolique a cependant été contrastée tout au long des XIXe et XXe siècles. Objet de critiques émanant de plusieurs bords politiques, le modèle déclaratif a disparu dans les textes constitutionnels de 1848 à 1946. La tardive insertion de la DDHC dans la Constitution de la IVe République n'a d'ailleurs pas réglé l'ambiguïté de son statut. Elle n'entre véritablement dans le corpus de droit positif qu'en 1971. Texte normatif ou credo révolutionnaire devenu républicain, la sacralisation implicite de cette déclaration, longtemps non assumée par la République elle-même, pose la question de l'existence d'une forme de religion civile républicaine en France, élaborée dès les premiers mois de la Révolution française. Albert Mathiez, dans un petit ouvrage consacré aux origines des cultes révolutionnaires, avance cette hypothèse séduisante dès 19041. Ses analyses, qui s'appuient sur le droit d'inventaire sociologique réclamé par Emile Durkheim au lendemain du centenaire de 1789, n'ont pas trouvé d'écho immédiat dans la pensée politique française. Cependant, dans ses réflexions récentes sur l'intelligence politique de la Révolution française, Sophie Wahnich considère comme un acquis cette idée de la sacralité révolutionnaire se muant en véritable religion civile. C'est à l'exploration des fondements, des formes et de la postérité de la religiosité civique révolutionnaire que nous avons voulu consacrer notre essai. Nous y concluons à la pérennité de l'existence d'une religion civile républicaine, élaborée dès les premières semaines de la Révolution et professée jusqu'à nos jours, dont la DDHC serait le texte patrimonial et sacré.
Notre travail se divise en deux parties thématiques. À l'intérieur de chacune d'elles, nous avons essayé de respecter un déroulement de type plus classiquement chronologique.
La première partie, intitulée «le modèle déclaratif en question», est à la fois descriptive et analytique. Elle s'attache à définir l'objet «déclaration», fil rouge de toute notre recherche. Ainsi, «la fabrique des déclarations des droits» retrace l'élaboration historique des textes déclaratifs français depuis la Révolution française jusqu'à nos jours. Elle nous permet de poser comme un acquis que les déclarations des droits, en tant que textes historiquement datés, constituent bien de véritables objets d'étude. Leur postérité symbolique et leur longévité politique découlent des conditions historiques de leur élaboration. Nous avons donc essayé de retracer la généalogie de l'idée déclarative à partir des débats fondateurs menés à l'Assemblée constituante lors de l'été 1789, en présentant d'abord les arguments des députés porteurs de ce projet.
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