Donnybrook / Passion du livre

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.. Donnybrook

Couverture du livre Donnybrook

Auteur : Frank Bill

Traducteur : Antoine Chainas

Date de saisie : 28/02/2014

Genre : Policiers

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Série noire

Prix : 17.50 €

ISBN : 9782070141784

GENCOD : 9782070141784

Sorti le : 13/02/2014

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Bienvenue au Donnybrook : un tournoi de combats à poings nus qui se déroule sur un terrain de cinq cents hectares dans les forêts du sud de l'Indiana. Vingt concurrents, un ring en fil de fer barbelé, et le match se prolonge jusqu'au dernier homme debout. Les spectateurs, saouls ou défoncés, misent sur leur favori.
Marine est un père désespéré. Non seulement il est prêt à tout pour nourrir ses gosses, mais c'est aussi le pugiliste le plus redoutable du Kentucky. Le Donnybrook constitue pour lui une chance unique d'accéder à une vie meilleure. Le prix accordé en espèces au gagnant résoudra tous ses problèmes, il en est convaincu.
Angus La Découpe, de son côté, a raccroché les gants depuis longtemps. Cette légende des combats clandestins, jusqu'alors invaincue, s'est reconvertie avec sa soeur, Liz, dans la fabrication de méthamphétamine. Leur dérive les mènera loin. Si loin que Liz décide de le trahir. Le Donnybrook sera le lieu de leur dernière confrontation.
Des quatre coins de l'Amérique profonde, divers protagonistes, guidés par leurs propres obsessions - drogue, violence, sexe, argent, honneur -, vont converger vers les lieux de leur perdition. Ou de leur ultime rachat...
Donnybrook est un livre féroce et explosif. Entre Donald Ray Pollock et Chuck Palahniuk, Frank Bill nous offre un voyage dopé aux amphétamines à travers une Amérique rurale en pleine débâcle.

Frank Bill vit et travaille dans le sud de l'Indiana. Après Chiennes de vies (2013), Donnybrook est son deuxième ouvrage à paraître à la Série Noire.





  • Les premières lignes

Je ne pourrai pas nourrir mes gosses, Zeek et Caleb, si je vais en taule, pensa Marine Earl. Il devait néanmoins saisir sa chance de leur offrir une vie meilleure.
Il glissa deux nouvelles cartouches de 12 dans le fusil.
La première avait résonné dans les oreilles de Dote Conrad après qu'il avait tendu l'arme à Marine.
Celui-ci leva le canon et dit : «Mains en l'air ! Tourne-toi vers moi, lentement.»
Dote, face au mur, aurait pu s'emparer de n'importe quel flingue ou fusil alignés derrière le comptoir de son armurerie. Mais aucune arme n'était chargée.
Il leva ses bras poilus, les écarta comme un gardien de but. Ses mains étaient au même niveau que ses oreilles décollées. Les pavillons ressortaient de sa casquette de camionneur marron, sur laquelle se déployait un drapeau des confédérés à moitié effacé. Il portait un T-shirt gris. Ses bretelles rouges s'étiraient sur sa bedaine. Les attaches en laiton soutenaient son treillis. «Je peux te le mettre de côté, si tu veux pas l'acheter tout de suite. La saison de la chasse est encore loin.
- Je t'achète que dalle. Va au bout du comptoir. Je te suis jusqu'au coffre. Sauf si t'as assez en caisse.»
À Hazard, il était de notoriété publique que Dote ne déposait sa recette à la banque qu'une fois par mois. Le coffre et la caisse étaient pleins. Dote s'était toujours refusé à garder une arme chargée pour assurer sa sécurité. Inutile de se soucier des braquages dans une armurerie rurale paumée dans les montagnes du Kentucky, dans une bourgade où, après avoir passé son brevet d'études, chacun savait avec qui il allait se marier et avoir des gosses.
«D'accord, les temps sont durs, risqua Dote. L'économie se casse la gueule, les gens se retrouvent au chômedu. J'ai entendu dire que l'État allait bientôt embaucher à la voirie. Ce qui te manque, tu l'obtiendras pas avec ce fusil. Quels que soient tes projets.»
Les visages barbouillés de Zeek et Caleb s'incrustèrent dans l'esprit de Marine. Ils gémissaient : «Faim, papa.» Pas le temps d'écouter les conseils de Dote. «Montre-moi déjà ta caisse.
- Marine, je peux pas...»
Le canon dévia à cinquante centimètres de la tête de Dote, la décharge creusa un trou dans la cloison. La cartouche rebondit sur le comptoir. Une autre la remplaça. Les tympans de Dote sifflaient. Il tenta d'agripper le canon. Marine s'avança. Le métal brûlant glissa entre les mains de l'armurier et frappa son nez grêlé d'un coup sec. Le cartilage céda. Dote, les larmes aux yeux, cria : «Merde !
- C'est un ordre.»


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