Heinrich Himmler : d'après sa correspondance avec sa femme : 1927-1945 / Passion du livre

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.. Heinrich Himmler : d'après sa correspondance avec sa femme : 1927-1945

Couverture du livre Heinrich Himmler : d'après sa correspondance avec sa femme : 1927-1945

Auteur : Heinrich Himmler

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 23/03/2014

Genre : Histoire

Editeur : Plon, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-259-21472-8

GENCOD : 9782259214728

Sorti le : 20/02/2014

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  • La dédicace de l'auteur

Banalité tranquille de l'horreur : lettres mièvres à l'épouse idéale et à la fille idéales, blondes comme le blé allemand, solides comme la terre allemande, fortes de la conscience du devoir envers "l'Allemagne". Elle va chercher ses légumes au camp de Dachau, lui "visite" les campagnes polonaises en 1942, à l'heure où les fours crachent leur fumée ignoble - mais leur monde suit tout de même son bonhomme de chemin. Terreur ordinaire, platement humaine au bord du gouffre sans égal : lorsque la fin justifie tous les moyens, la fin tout court est toujours proche. Les lettres de Himmler en sont, en creux, un éclatant exemple. Que nous dédions aux innombrables victimes innocentes de cette normalité-là, auxquelles ce livre d'histoire laisse toute la place qui leur revient.

Olivier Mannoni



  • La présentation de l'éditeur

Longtemps on a cru que les lettres de Heinrich Himmler à sa femme Marga, ainsi que d'autres documents appartenant au Reichsführer SS, étaient définitivement perdues. Mais 60 ans après son suicide et la fin de la Seconde Guerre mondiale, les lettres ont été retrouvées à Tel Aviv, en Israël. Complément parfait de celles de Marga, conservées aux archives fédérales de Coblence, elles constituent une plongée inédite dans la vie privée de l'une des figures les plus importantes du régime nazi.
On ne dispose d'une telle quantité de documents personnels pour aucun autre chef nazi. Il était jusque-là admis que depuis sa nomination au poste de Reichsführer SS, Himmler s'était "fondu" dans l'organisation, mais ses lettres dépeignent une tout autre image de celui qui fut l'un des plus grands criminel du XXe siècle : un homme qui oscille entre banalité et vanité, entre distance et attention pour sa famille, et qui cherche à se construire une sphère privée harmonieuse tout en organisant quotidiennement la persécution et l'extermination de masse des populations considérées comme non-aryennes et des opposants au régime.
Ces lettres, totalement inédites et publiés pour la première fois, confirment qu'Himmler était bien le grand ordonnateur de la Solution finale et révèlent sa proximité avec Hitler dès les années 1920.

Michael Wildt est professeur d'histoire allemande du XXe siècle à l'université Humboldt à Berlin. Spécialiste du nazisme internationalement reconnu, il a publié de nombreuses études et ouvrages de référence sur ce sujet.

Katrin Himmler, petite-nièce de Heinrich Himmler, est écrivain et politologue. Elle est l'auteur de Les Frères Himmler, histoire d'une famille allemande (David Reinharc, 2012).





  • La revue de presse Laurent Lemire - Le Nouvel Observateur du 20 février 2014

Ce n'est pas la banalité, mais la petite-bourgeoisie du mal qui ressort de ces lettres, le confort de la haine dans le mépris de la démocratie...
L'agronome éleveur de poulets n'aimait pas Berlin, symbole pour lui de la décadence comme la république de Weimar. Elle lui donne du «tête de mule», du «lansquenet bien-aimé» et signe «Ta Marga». Pour lui, c'est «Ton Heini». Ils se comprennent, ils s'appartiennent dans la même détestation des autres et la vénération pour Hitler. Quand elle le qualifie de «très méchant mari», c'est de l'humour. On s'écrit pour ne rien se dire, ou si peu. Pas besoin de mots quand le dégoût des autres est si fort...
Ce chef sans charisme parle de son «travail», comprenez tortures, tueries, exterminations. Il est un bourreau appliqué. Sa femme est fière de lui. Himmler n'a pas la mythomanie de Goebbels. Il a une mission à accomplir et il le fait au mieux. Epoux attentionné et criminel convaincu.


  • La revue de presse Annette Lévy-Willard - Libération du 6 mars 2014

Les lettres que l'un des plus grands criminels du XXe siècle échangeait avec sa «bonne petite femme» sont aujourd'hui publiées, soixante-neuf ans après son suicide en avalant une capsule de poison après son arrestation. Chef des SS et de la police allemande, Heinrich Himmler avait été chargé, par Hitler, de la persécution et de l'extermination des juifs d'Europe.


  • La revue de presse Jean-Marc Bastière - Le Figaro du 27 février 2014

De prime abord, ces échanges transpirent le conformisme et même la sentimentalité. Les expressions stéréotypées pullulent. Et alors, dira-t-on ? On peut être tenté de projeter sur certains propos anodins l'horreur connue. Comment, également, distinguer dans la rudesse de l'éducation entre la part personnelle et celle de l'époque ? Pourtant, derrière une inquiétante normalité, des notations décèlent un mépris glaçant pour l'humanité...
Ce qui frappe à la lecture, c'est la permanence du langage crypté. Le mot «décent» apparaît ainsi de ­façon obsessionnelle. Les nazis ont un côté politiquement correct. Le comportement d'Himmler est cohérent. Il agit de façon méticuleuse et «correcte». Il n'éprouve pas l'ombre d'un doute, d'un remords.


  • La revue de presse Elisabeth Roudinesco - Le Monde du 13 février 2014

C'est de ce terrifiant acteur de l'histoire que paraît aujourd'hui la correspondance : ouvrage éditorialement unique, puisqu'il donne accès aux lettres qu'un dirigeant nazi de premier plan a échangées avec sa femme, Marga, entre 1927 et 1945. Lettres volées par des soldats américains, puis vendues et finalement échouées, les unes à Coblence, les autres à Tel-Aviv...
Partagé entre épouvante et fou rire, on cherche quelle discipline, quel axe de réflexion philosophique, éthique, politique pourrait fournir les moyens de penser l'énigmatique unité de cette personnalité et l'insignifiance de tels échanges, au regard de l'énormité des massacres. Le concept arendtien de " banalité du mal ", s'il vaut peut-être pour Eichmann qui, jugé par un tribunal, cherchait à se disculper en se présentant comme un rouage ignorant du mécanisme totalitaire et de l'énormité criminelle de l'entreprise nazie, n'éclaire pas le cas Himmler tel qu'il apparaît à travers cette correspondance privée. Car ce qui reste inintelligible, c'est l'articulation entre, d'une part, la sentimentalité médiocre, convenue, de cet homme, et, de l'autre, le silence gardé sur la réalité criminelle de ses activités...
On ne doit pas déceler quelque pathologie schizoïde là où il n'y a rien d'autre que la défiguration d'une certaine normalité : un sens du devoir, de la " gentillesse ", un " travail " méticuleux, un souci de " correction " mis au service de la fureur génocidaire.



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

Au printemps 1945, immédiatement après la fin de la guerre, un intelligence officer des États-Unis rencontra à Gmund, près du Tegernsee, deux GI américains qui avaient apparemment fait le plein de «souvenirs» dans la «maison Lindenfycht», le domicile privé de Heinrich Himmler. L'officier, qui était par ailleurs historien, comprit rapidement ce que transportaient ces deux hommes et tenta de leur acheter leurs trouvailles. L'un des deux accepta. L'officier acquit ainsi un dossier contenant des documents privés de la famille Himmler, entre autres les journaux manuscrits du jeune Heinrich Himmler pour les années 1914 à 1922. Mais l'autre GI ne souhaita pas vendre ses trésors et reprit sa route.
L'officier envoya les journaux chez lui et ne leur accorda plus d'attention jusqu'en 1957, date à laquelle il se rappela leur existence lors d'une discussion avec un ami historien juif allemand, Werner Tom Angress, à qui il les remit afin que ce dernier en fasse une exploitation historique. Avec un jeune collègue, Bradley F. Smith, Angress réalisa une transcription des manuscrits, et tous deux firent état de leur découverte en 1959 dans un article paru dans le Journal of Modern History.
Il existe d'autres versions de cette histoire, qui demeure donc non élucidée, les deux GI n'ayant certainement jamais pu être identifiés. Par la suite, Angress remit les journaux ainsi que les autres documents à la Hoover Institution on War, Révolution and Peace de la Stanford University en Californie, qui les rendit accessibles au public. Pendant des années, cette «collection Himmler», où l'on trouvait les lettres de Marga Himmler à son époux, fut une mine pour l'historiographie. Vers 1995, après plusieurs années de négociations, les Archives fédérales de Coblence achetèrent à la Hoover Institution les originaux, qui sont désormais conservés dans ses murs sous l'intitulé Nachlass Himmler, «fonds Himmler».
Au début des années 1980 apparut en Israël une autre collection de documents privés de la famille de Heinrich Himmler, documents qui constituaient manifestement les «souvenirs» que le deuxième GI avait emportés. Ce matériau regroupe environ 700 lettres écrites par Heinrich Himmler à sa femme de 1927 à 1945, conservées sur rouleaux de microfilms, ainsi que les journaux microfilmés de Marga Himmler, rédigés entre 1937 et 1945, documents dont les originaux sont aujourd'hui détenus par le US Holocaust Mémorial Muséum à Washington. Cette collection trouvée en Israël contient par ailleurs les originaux du livret remis à Marga Himmler par le NSDAP, son journal de jeunesse écrit entre 1909 et 1916, un journal tenu sur l'enfance de sa fille Gudrun, l'album de poésie et le journal de jeune fille de cette dernière, couvrant la période allant de 1941 à avril 1945, des registres où Marga notait les dépenses du foyer, les cadeaux de Noël et ses recettes, les bulletins et les documents délivrés par la jeunesse hitlérienne à Gerhard von der Ahé qui, à l'âge de quatre ans, avait été pris en garde par le couple Himmler en 1933, ainsi que de nombreuses photos privées, tantôt isolées, tantôt collées dans un album.
On ignore comment ces documents sont arrivés en Israël. Celui qui en fut le propriétaire pendant de longues années, un survivant de la Shoah, prétendit, dans une première version remontant à la fin des années 1960, les avoir trouvés sur un marché aux puces en Belgique, et dans une autre version les avoir achetés à un familier de Himmler, Karl Wolff, au Mexique, avant de les garder chez lui. Un réalisateur israélien avait apparemment l'intention de s'en servir pour tourner un film sur Himmler, ce qui n'eut cependant pas lieu en raison de la mort prématurée du cinéaste. Il semble que l'on ait un temps envisagé de vendre ces documents aux Archives fédérales de Coblence. C'est la raison pour laquelle les Archives entreprirent en 1982-1983 une expertise de grande ampleur, comportant un test de matériau, afin d'authentifier les documents. Les résultats ne firent aucun doute. Bien que les lettres originales de Himmler ne soient pas disponibles, on put constater sans ambiguïté l'authenticité de ces textes, aussi bien sur la base de son écriture manuscrite que sur celle de l'imbrication, dans le temps et dans le contenu, avec les lettres de Marga Himmler.


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