Grand cirque Taddei / Passion du livre

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.. Grand cirque Taddei

Couverture du livre Grand cirque Taddei

Auteur : Andrea Camilleri

Traducteur : Dominique Vittoz

Date de saisie : 13/02/2014

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782213671826

GENCOD : 9782213671826

Sorti le : 05/02/2014

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  • La présentation de l'éditeur

Dans la Conjuration, un tailleur ambulant déploie avec générosité des talents d'amant qui aiguisent la convoitise de la présidente de l'association des femmes fascistes... Dans Grand Cirque Taddei, le jeune Pippo profite de l'arrivée d'un cirque pour tenter de se débarrasser de sa richissime tante Michela, dont il est le seul héritier... Dans le Trésor enfoui, la voyante Arsenia attire une clientèle nombreuse, parmi laquelle figure le chef mafieux local...
Huit nouvelles drôles et truculentes, qui, dans la Vigàta de l'époque fasciste, épinglent la bêtise et la cupidité, le pouvoir et la lâcheté, et font triompher la joie de vivre, sous forme de joyeux désordres amoureux. Un condensé de moquerie salutaire dans une langue qui, elle aussi, se joue des carcans.

Né en 1925 près d'Agrigente, en Sicile, metteur en scène de théâtre, réalisateur de télévision et scénariste, Andréa Camilleri s'est fait connaître tardivement comme romancier, mais avec un succès foudroyant. Auteur culte de la série des Montalbano, il écrit parallèlement des romans inspirés par des documents d'archives.





  • Les premières lignes

Dans les années trente, à l'approche du changement de saison et donc de garde-robe, le sieur Ciccino Firrera, surnommé P'tit-Rafiot parce qu'il boitait pire qu'un vieux rafiot tangue, était immanquablement de retour à Vigàta, où il arrivait le lundi matin par le train de huit heures en provenance de Palerme.
Il hélait une voiture pour y charger sa malle et deux énormes valises bourrées à craquer et enfardelées par une corde, demandant qu'on le mène à l'hôtel Moderno où, selon un scénario réglé comme du papier à musique, il prenait une chambre pour la durée de son séjour et réservait trois jours le salon Mussolini pour y exposer tout son fourniment.
Pas plus tôt arrivé à l'hôtel, il vidait malle et valises et dressait un étalage complet de nouveautés féminines de chez Stella Del Pizzo, maison de confection palermitaine très en vogue à l'époque en Sicile, dont il se targuait d'être le représentant exclusif.
Vers treize heures le même jour, au moment où chacun est dans son chez-soi pour déjeuner, Ciccino parcourait Vigàta en long en large et en travers à bord du side-car qu'il louait à Totò Rizzo en même temps que ses services de chauffeur, clamant dans un mégaphone en fer-blanc à l'intention des canantes de tout âge :
«Avis aux gentes dames et belles demoiselles ! Votre Ciccino est de retour ! Ciccino est à Vigàta ! Nos modèles sont exposés dans le salon de l'hôtel Moderno, ouvert de seize heures à dix-neuf heures jusqu'à mercredi. Ne manquez pas cette occasion ! Venez toutes découvrir les merveilles que vous réserve la nouvelle collection Stella Del Pizzo !»
Les Vigataises mariées ou célibataires suffisamment moyennées pour s'habiller chez un fournisseur réputé ne se le faisaient pas dire deux fois. Il faut savoir que Ciccino pratiquait de jolies ristournes, censément un tarif de soldes.
Pendant ses trois jours d'ouverture, le salon ne désemplissait pas et Ciccino inscrivait ce que chacune de ces dames désirait, débattait du prix, encaissait les pécuniaux. Puis, entre le jeudi et le dimanche matin, il passait au domicile de ses clientes avec la robe choisie. Chacune essayait et, ni une ni deux, Ciccino de ses mains expertes de tailleur recoupait, recousait, rallongeait, rétrécissait, resserrait, raccourcissait, bref rabobillonnait le vêtement en deux temps trois mouvements. Le dimanche après-midi, malle et valises vides, il s'en retournait à Palerme, et à la revoyure dans trois mois.
Le sieur Ciccino Firrera, qui avait largement franchi le cap de la quarantaine, était d'une laideur à détourner une procession. Velu comme un singe, le front bas, un oeil qui casse le bois et l'autre qui le range, il mesurait un petit mètre cinquante, était affligé d'un crâne de lézard, d'une masse de cheveux noirs frisés qu'on prenait à première vue pour son galure et de jambes arquées qui lui donnaient une démarche de vieux rafiot ballotté par les vagues.


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