Du côté de chez Shuang / Passion du livre

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.. Du côté de chez Shuang

Couverture du livre Du côté de chez Shuang

Auteur : Jean-Louis Crimon

Date de saisie : 13/12/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Escales des lettres

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782859209735

GENCOD : 9782859209735

Sorti le : 02/01/2014

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  • La présentation de l'éditeur

Boris Vian a écrit L'Automne à Pékin, mais ça ne parle ni d'automne ni de Pékin. L'auteur de ce roman a voulu écrire L'Automne à Chengdu, et que ça parle un peu d'automne et un peu de Chengdu. De Confucius aussi. De Mao. Des pandas. Du pays du capitalisme rouge. De l'empire du Milieu devenu l'empire des Extrêmes. De la Chine d'aujourd'hui et de la Chine d'autrefois.

Baroque. Loufoque.
Poétique. Politique.
Désopilant, et tombant pile pourtant.
Love Story asiatique et chimérique.
Onirique et ironique.

Du côté de chez Shuang est un roman d'amour et d'humour. Humour débridé. Un amour unique au pays de la multitude.

Jean-Louis CRIMON a reçu le prix Tristan-Bernard pour Verlaine avant-centre, son premier roman. Il a également publié Rue du Préaux-chevaux et Oublie pas 36. Journaliste, dans une autre vie, presse écrite et radio {Courrier Picard, France Inter, France Culture), et Maître de conférences à l'université de Picardie Jules-Verne d'Amiens, Jean-Louis Crimon a ensuite été bouquiniste, quai de la Tournelle, à Paris. Histoire de rendre à la Seine tous les bonheurs de lecture que la Seine lui a donnés. De septembre 2011 à janvier 2012, il a été faguo Laoshi, professeur de français, à l'Université normale du Sichuan, à Chengdu. RPC. République Populaire de Chine. Il y a rêvé et composé ce roman. Dédié à Liu Xiaobo.





  • Les premières lignes

C'est la fin. La fin de l'automne. Je lui ai fait traverser la plus belle des saisons. Elle y a pris du plaisir. Je lui ai fait découvrir le désir. L'étrange goût du désir. Le désir d'aimer. Le désir d'apprendre. D'apprendre à aimer. Le désir d'amour. Le désir, tout court. Toutes les formes du désir. Le désir d'apprendre. Le désir de comprendre. Le désir d'être. Le désir de vivre. Intensément. Le désir de l'absolu.
Raffinement suprême, elle m'a fait découvrir le plus beau de tous les désirs. Le plus intense. Le plus pur. Le plus irrémédiable. Le désir du désir.
Je lui ai fait aimer l'automne. Sans jamais lui dire que l'hiver viendrait. Viendrait à son heure. Viendrait à la fin. La fin qui signerait la fin. Que je partirais avec le premier jour de l'hiver.
Elle n'a jamais entendu parler de Proust. Pas davantage de La Recherche. Swann lui est un nom parfaitement inconnu. Elle n'a jamais lu À la recherche du temps perdu. Avec elle, c'est le Temps présent dont il faudrait faire l'éloge. Le récit. Le portrait. Mieux : la biographie.
Pour elle, je me suis juré d'écrire un jour. Un roman. Une histoire. Une histoire vraie. Une fiction. Une histoire d'amour. Une histoire de la langue d'amour. Une histoire d'amour de la langue.
Une histoire des mots. Une histoire d'amour des mots. Une histoire des mots d'amour. Un amour comme on n'en fait plus. Dans la vie comme dans les livres. Un amour comme on n'en voit plus. Un amour comme on n'en vit plus. Un amour charmel. Non pas charnel. Un amour sous le charme de l'amour. Un amour où le chant d'amour est premier. Toujours. Premier comme au premier jour. Premier comme au premier amour. Premier comme au premier jour du premier amour.
Le charme. L'amour charmel, l'amour qui mêle armes du charme et charme des armes. Amour désarmant. Amour désarmé. Amour des amants désarmés. Amour où la quête, jamais, n'oblige à la conquête. Amour toujours en devenir. Amour toujours à venir.
Supériorité extraordinaire de l'amour inachevé. À tout jamais d'une autre nature que l'amour banalisé dans le quotidien ordinaire de l'amour vécu.
Je le sais depuis toujours : il est des amours qui vous marquent au fer rouge et qui n'ont jamais été consommées. D'instinct, elle et moi, aux amours consommées, nous affichions une élégante préférence pour les amours consumées.
Je me souviens du soir où, rentrant d'un petit restaurant de Nan da men, l'entrée Sud du campus, elle m'avait dit, soudain rêveuse et rieuse : «Tu vois, là-bas, c'est le bois des amours !» De la main, elle désignait un petit bosquet qui faisait vraiment envie. Je n'ai pas osé l'y entraîner. L'aurais-je fait qu'elle et moi le regretterions sans doute aujourd'hui.


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