Le dossier Younsi : 1962, procès secret et aveux d'un chef FLN en France / Passion du livre

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.. Le dossier Younsi : 1962, procès secret et aveux d'un chef FLN en France

Couverture du livre Le dossier Younsi : 1962, procès secret et aveux d'un chef FLN en France

Auteur : Jean-Luc Einaudi

Date de saisie : 05/02/2014

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Prix : 16.00 €

ISBN : 9782915293814

GENCOD : 9782915293814

Sorti le : 06/09/2013

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  • La présentation de l'éditeur

Le nouveau livre de Jean-Luc Einaudi est le récit minutieux d'une tragédie au sein du FLN. Ce long travail est une contribution à la recherche d'une vérité historique toujours mouvante. Il dévoile un des épisodes les plus méconnus de l'après guerre d'Algérie en France qui se conclura par la condamnation à mort sur notre territoire, d'un des principaux cadres du FLN sur ordre des dirigeants de cette organisation. Ce chef du FLN de la région marseillaise puis à Lyon, s'appelait Abdallah Younsi, alias Charles, Mourad.

Après le cessez-le-feu de 1962, suspecté de détournements de fonds, il est séquestré à Aubervilliers, durant plusieurs semaines... Pourtant, depuis déjà fort longtemps, il était mis en cause par des militants algériens, en raison notamment de son attitude à l'égard des femmes. Des détenus FLN à la prison des Baumettes disaient avec insistance qu'il était de connivence avec la police française. Après avoir tenté de se suicider, d'alerter l'extérieur, de s'évader, il finit par avouer, par écrit, être devenu un informateur de la DST. Cela fut-il bien le cas ? On ne peut ignorer dans quelles conditions ces «aveux» furent rédigés, ni comment les policiers procédèrent pour obtenir puis maintenir sa coopération. Quels renseignements leur fournit-il ? L'auteur nous aide à trouver des pistes à cette énigme, à mieux saisir le personnage, son rôle, son parcours...

Né en 1951, à Paris, Jean-Luc Einaudi est l'auteur de nombreux ouvrages portant sur différents moments de notre histoire contemporaine. Il est surtout connu pour plusieurs ouvrages sur la répression sanglante des manifestations algériennes du 17 octobre 1961 à Paris lorsque Maurice Papon était préfet de Police. En 1997, il a été appelé à témoigner devant la Cour d'assises de la Gironde lors du procès de Maurice Papon. En 1999, il a remporté le procès que lui a intenté l'ancien préfet de Police de Paris, ce qui a permis le début du processus de reconnaissance des massacres du 17 octobre 1961. Il est également l'auteur de plusieurs biographies.





  • La revue de presse Catherine Simon - Le Monde du 6 février 2014

En tuant Younsi «comme un chien», selon l'expression d'un témoin de l'époque, quels comptes a-t-on voulu régler et avec qui ? Jean-Luc Einaudi se garde de conclure. Mais les pièces inédites qu'il verse au dossier font de ce drame, a priori limpide (la liquidation d'un salaud), une affaire politique...
Les assassins de Younsi ne sortent pas grandis de cette enquête. Orfèvres en mensonge, virtuoses du faux document, les cliques du FLN, qui se déchirent déjà tournent le dos à l'idéal d'un Etat démocratique. L'assassinat d'Abdallah Younsi «en annonçait de nombreux autres» : cette sombre affaire, par son opacité même, est emblématique de l'histoire de l'Algérie indépendante. Un livre dérangeant et rare.



  • Les premières lignes

Avant-propos

Ce qui va suivre relate, autant que possible, l'affaire Abdallah Younsi. L'action se situe sur le territoire français, entre Marseille, Lyon, Paris, pendant la guerre d'Algérie et durant les premiers mois qui suivirent les accords d'Évian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Elle se déroule dans les milieux clandestins des Algériens de la Fédération de France du FLN et des Français des réseaux de soutien.
Abdallah Younsi était l'un des principaux cadres du FLN en France, susceptible d'occuper à l'avenir d'importantes fonctions dans le jeune État algérien. L'un des protagonistes de cette affaire, devenu lui-même un haut personnage de l'État algérien, pourra dire : «il aurait pu devenir ministre». Mais la destinée d'Abdallah Younsi fut toute autre : accusé d'être un indicateur de la police française ainsi que de détournements de fonds, il fut condamné à mort par les dirigeants de la Fédération de France du FLN et, en conséquence, assassiné, en banlieue parisienne, à la fin du mois de juin 1962. Assassiné est bien le terme qui convient : la guerre était finie depuis plus de trois mois et l'on ne saurait donc invoquer ses cruelles et impitoyables circonstances. Le FLN avait atteint son objectif : la reconnaissance de l'indépendance algérienne. L'absence d'une souveraineté rendant impossible l'exercice d'une justice équitable ne saurait être retenue comme circonstance atténuante, même si cette souveraineté n'en était encore qu'à ses balbutiements. Pourtant, un autre acteur de cette affaire, ancien dirigeant de la Fédération de France du FLN devenu ministre algérien des Droits de l'homme... en 1991-1992 puis membre du Haut Comité d'État, osera dire de cet assassinat que c'était «la seule décision concevable à l'époque». Durant les années de guerre, le FLN avait pris l'habitude de recourir à des exécutions au sein de l'immigration algérienne en France : contre les partisans de Messali Hadj, qui agissaient d'ailleurs de même; contre les «mouchards», réels ou soupçonnés ; contre ceux qui persistaient à ne pas reconnaître son autorité. La guerre finie, le même état d'esprit se perpétua, tournant ainsi le dos à la perspective d'édification d'un État démocratique dont la Justice aurait été l'un des éléments essentiels. Ce fut dans ces conditions que se produisit cet assassinat qui en annonçait de nombreux autres qui ensanglantèrent l'histoire de l'Algérie indépendante.
Existe-t-il une conscience universelle ? Qui peut prétendre légitimement l'exprimer ? Malgré ses limites historiques et les violations dont elle n'a cessé d'être l'objet, la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations Unies, fut, sans aucun doute, un des moments où s'exprima cette conscience. En son article 5, elle déclarait : «Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.» En son article 10 : «Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera soit de ses droits et obligations, soit du bien fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.» En son article 11 : «Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.»
Rien de tout cela ne fut accordé à Abdallah Younsi.


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