Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe / Passion du livre

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.. Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe

Couverture du livre Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe

Auteur : Boualem Sansal

Date de saisie : 26/10/2013

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Hors série connaissance

Prix : 12.50 €

ISBN : 9782070142897

GENCOD : 9782070142897

Sorti le : 09/10/2013

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  • La présentation de l'éditeur

«Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique, leur bigoterie empressée, leurs manières doucereuses et leurs discours pleins de magie et de tonnerre, ils faisaient spectacle dans l'Algérie de cette époque, socialiste, révolutionnaire, tiers-mondiste, matérialiste jusqu'au bout des ongles, que partout dans le monde progressiste on appelait avec admiration "la Mecque des révolutionnaires". Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays.»
Après avoir brossé un tableau d'ensemble des courants musulmans, Boualem Sansal s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les universités, les médias, «la rue arabe»... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés.
Ainsi, l'islamisme arabe tend à s'imposer, mal évalué par les pouvoirs occidentaux qui lui opposent des réponses inappropriées, tandis que les femmes et les jeunes, ses principales victimes, sont de plus en plus à sa merci.
Boualem Sansal, devenu l'une des grandes voix de la littérature algérienne, propose une synthèse engagée, précise, documentée, sans pour autant abandonner les prises de position humanistes intransigeantes qui, au fil de ses romans, l'ont amené à dénoncer à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.

Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d'Alger. Il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le serment des barbares, prix du Premier roman et Prix Tropiques (Blanche, 1999), L'enfant fou de l'arbre creux (Blanche, 2000), Dis-moi le paradis (Blanche, 2003), Harraga (Blanche, 2005), Le village de l'Allemand, Grand prix RTL-Lire, Grand prix SGDL du roman et Grand Prix de la Francophonie (Blanche, 2008), Rue Darwin (Blanche, 2011).





  • Les premières lignes

Un témoignage en guise d'introduction :
L'Algérie, du colonialisme à l'islamisme

Cet opuscule qui traite de la montée de l'islamisme dans le monde arabe n'a d'autre prétention que celle que peut avoir un écrivain qui, s'emparant d'un sujet, essaie de le regarder d'une certaine manière, appelons-la littéraire, autrement dit avec sa subjectivité, et l'espoir cependant que cette subjectivité atteigne quelque part une certaine vérité. Pour autant, ce n'est pas le «flou artistique» qui est recherché, il n'a pas sa place dans pareil sujet, c'est un éclairage sous un angle spécifique qui mette en évidence des points que pour ma part je considère comme essentiels.

Mon texte n'est pas un traité académique, je ne suis ni historien ni philosophe, il n'est pas davantage une investigation journalistique, encore moins un rapport d'expert en islamisme, et pas du tout un essai d'islamologie. Il est la réflexion d'un témoin, d'un homme dont le pays, l'Algérie en l'occurrence, a très tôt été confronté à l'islamisme, un phénomène inconnu de lui jusque-là.
Nous l'avons vu arriver, dans les années 1960, au lendemain de l'indépendance (1962), nous sortions de cent trente-deux années de colonisation française et d'une guerre de libération de huit terribles années (1954-1962) qui avait causé la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes.
Ce vent religieux nous a été amené par des prédicateurs discrets venus du Moyen-Orient, la plupart membres des Frères musulmans, alors persécutés dans leurs pays, l'Égypte, où Sayyid Qutb, l'idéologue de l'islamisme radical et militant des Frères musulmans, avait été condamné à mort et exécuté par pendaison sur ordre du président Nasser, en Syrie où le président Hafez el-Assad leur menait la vie dure et ira, plus tard, en 1982, jusqu'à raser la ville de Hama, fief des Frères musulmans, en Irak où le parti laïc Baath exerçait un contrôle absolu sur la société, en Jordanie où le roi Hussein réprimait à tout-va islamistes et Palestiniens, et au Yémen du Sud dirigé par un parti marxiste-léniniste qui exécrait les religieux, comme nous l'apprîmes d'eux, et d'autres encore plus discrets, des prédicateurs wahhabites diligentes par l'Arabie Saoudite, gardienne des Lieux saints, qui voulait inculquer un peu d'islam à notre pauvre pays si longtemps colonisé par les Français, des chrétiens laïcs et rationalistes.

(...)


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