American taste / Passion du livre

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.. American taste

Couverture du livre American taste

Auteur : Gioacchino Criaco

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 09/09/2013

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque italienne

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782864249337

GENCOD : 9782864249337

Sorti le : 03/10/2013

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  • La présentation de l'éditeur

Tandis que don Gino, vieux parrain d'un clan calabrais, chemine à l'aube vers son jardin de montagne, ses petits-fils traversent la France vers Fleury-Mérogis. Ils vont réaliser la spectaculaire évasion d'un groupe hétéroclite : Mister B., ancien marine au Vietnam, Andreï, ex-tueur russe, Hakim, trafiquant druze, Kismi Urruela, terroriste basque.
Le même jour, Jeremy Biren maquille en suicide le meurtre de son amant. Il travaille pour son père Bobby, qui dirige American Taste, holding internationale de produits de luxe et paravent d'un très puissant réseau de narcotrafic.
Les évadés, qui ont tous un compte personnel à régler avec Bobby Biren, vont lui livrer une guerre sans merci.
L'affrontement se déroule dans cette zone grise entre pouvoirs officiels et crime organisé, où nul ne peut se prétendre innocent. De la Crète à la Nouvelle Angleterre en passant par la Colombie, dans les coulisses ensanglantées de la haute couture ou sur les sentiers de l'Aspromonte, dans les bateaux qui irriguent l'économie noire, c'est à une véritable épopée du crime contemporain que nous convie un de ses plus fins connaisseurs. Il arrive, avec son talent de conteur et la sobriété de son style, à nous faire sentir que, même au plus noir des activités humaines, l'amour et l'amitié peuvent encore frayer leur chemin, et parfois l'emporter.

Gioacchino Criaco a 47 ans. Après avoir été avocat à Milan, il est revenu dans son village d'Africo, Aspromonte, travailler sa terre, au contact des réalités qu'il décrit. Il est l'auteur des Âmes noires.





  • Les premières lignes

Le même soleil

Avec le début du jour nouveau, la vie se mit à animer les jeunes pins et les sveltes silhouettes des cyprès. La colline dominait le paysage, un décor sauvage qui, sur une distance de deux kilomètres, descendait vers la mer, immobile en cette aube estivale.
Une armée de fourmis rouges commença à arpenter la terre, courant amasser des provisions pour un hiver encore impossible à imaginer. Quelques mouches bourdonnaient.
Un lointain bêlement annonça l'effort du berger en mouvement.
Des deux hommes qui avaient passé la nuit sous les arbres, l'un d'eux se secoua. Il ouvrit le sac de couchage. Se mit sur son séant, pointant le regard sur la nature en éveil. Ses yeux suivirent le cours sinueux de la piste, jusqu'à arriver en bas, sur la nationale qui courait parallèlement à la côte.
Il connaissait chaque mètre de cette route de terre battue. Il pouvait compter mentalement chaque amandier sauvage, chaque laurier rose ou eucalyptus qui en délimitait la voie. Dans sa jeunesse, il l'avait parcourue des centaines de fois, en montée ou en descente.
Ses yeux s'arrêtèrent sur l'étendue d'eau salée. Une barque apparut, frêle, ouvrant une inutile blessure sur la surface veloutée de la mer.
Le soleil se leva, illuminant ce recoin du monde. La lumière de la mer se répandit sur les monts abrupts.
- Espérons qu'il ne vienne pas, dit-il à mi-voix en remontant du regard le parcours de la route.
Le bruit de sonnaille annonça l'approche d'un troupeau.
Le deuxième homme aussi se secoua. Il regarda son compagnon avec deux yeux très noirs affectés d'un léger strabisme.
- Allons-y, dit-il.
- On est sur le point de commettre un péché mortel.
- Ce n'est qu'un de plus dans le compte que nous avons ouvert auprès de Notre Seigneur, lui répondit le louchon.
Ils replièrent rapidement les sacs de couchage et les glissèrent dans leurs sacs à dos militaires. Décrochèrent les fusils suspendus à une branche d'arbre. Abaissèrent sur leur visage le passe-montagne et sortirent du bois.
Ils parcoururent un bref espace découvert et s'arrêtèrent à l'abri de figuiers de barbarie au bord de la route. De cet endroit, ils pouvaient voir l'entrée et la sortie du virage à angle droit.
Les bêlements se firent plus forts, et, dans un nuage dense de poudre jaunâtre apparurent les premières brebis.
Le troupeau descendait vers la vallée. Les brebis avançaient, regroupées au centre de la chaussée. Derrière, quelqu'un les éperonnait avec des sifflets, des hurlements et quelques jurons. De la nuée émergea le berger.
Les bêtes s'arrêtèrent d'un coup au milieu du virage, insensibles aux incitations. Elles cessèrent de bêler. Les clochettes se turent. Le pasteur lui aussi garda sa voix dans sa gorge. Un silence irréel descendit sur la campagne.
Le berger tourna son regard vers les raquettes des figuiers de barbarie, découvrant les hommes en position. Tous deux levèrent le canon de leurs fusils.
C'était un gamin. Il avait les cheveux et le visage encroûtés de poussière. Inexpressif, il regardait les fusils automatiques, deux yeux noirs pointés sur lui.
Le deuxième berger, plus vieux, apparut en silence dans son dos. Il suivit son regard jusqu'aux figuiers de barbarie. Il leva la houlette de poirier sauvage, hérissée d'épines, qu'il tenait en main et la fit bruisser en l'air, frappant avec force les épaules du garçon. Il se mit à siffler et à jurer en faisant avancer brebis et pastoureau, rendant ses bruits à la campagne.


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