Les nigauds de l'oubli et autres saloperies / Passion du livre

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.. Les nigauds de l'oubli et autres saloperies

Couverture du livre Les nigauds de l'oubli et autres saloperies

Auteur : Ilaria Gremizzi

Date de saisie : 28/06/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Escales des lettres

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-85920-937-7

GENCOD : 9782859209377

Sorti le : 10/05/2013

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  • La dédicace de l'auteur

Ces nigauds-là viennent d'Italie. Ils émergent d'un bouillon verbal au goût méditerranéen, aux notes de poisson et de noix muscade. Ils se pressent comme des citrons, s'expriment, se racontent sans cesse. Du village en hibernation où ils habitent, entre les mésaventures d'une vieille boutique de coiffure et des sessions de chasse aux ovnis (en bagnole), ils font tout ce qu'ils croient utile pour gagner des points auprès des Martiens. Réussiront-ils à s'en sortir, entourés comme ils sont par des roses cannibales et de la bave d'escargot cosmétique ? Au début de ce livre, je ne le savais pas... Tout le temps, je n'ai fait qu'écouter les nigauds, les aider en racontant, à mon tour, leurs exploits imaginaires. Puisse tout ça vous faire sourire !

Ilaria Gremizzi



  • La présentation de l'éditeur

«Dans la vie, c'est toujours une question de passion. La passion nous distrait, nous tord, nous modèle, nous pousse en avant. La passion est variable, elle mute, elle disparaît et laisse sa place à une autre, sans problème, en toute légèreté. Hors des passions, on est fichus. On continue d'être des hommes, quand même, mais pas tout à fait. Des homoncules, des larves plutôt. C'est pour ça que je tolérais les soucoupes volantes de mon père.»

Les nigauds de l'oubli et autres saloperies, c'est l'histoire de Lily. Elle vit dans un bled, quelque part en Italie, entre son père, Ronnie, coiffeur pour dames au bord de la faillite, et sa belle-mère, Jeanne, qui fait de son mieux, parfois. Sans l'arrivée de Franz Pelliccia, tueur à la retraite mais néanmoins en cavale, on n'aurait pas parié mille lires sur l'avenir de Lily. Et on ne se serait pas dit qu'on vit tous plus ou moins dans un bled, avec plus de questions que de réponses, avec des émotions incroyables qui nous mettent le coeur à l'envers, avec une si grande envie de comprendre un peu ce qui se passe et, surtout, d'aimer et d'être aimé, quoi qu'il arrive.

Ilaria Gremizzi est née à Treviglio (Bergamo) en 1981. Elle vit près de Milan. Parlant l'italien, le russe et l'anglais, elle a choisi d'écrire en français. Les nigauds de l'oubli et autres saloperies est son premier roman.





  • La revue de presse Dominique A. - Le Monde du 20 juin 2013

C'est un livre-barnum où tout est foutraque, branlant, où personnages et décor sont soumis aux mêmes lois d'absurdité. Les dialogues sont des joutes verbales permanentes, et les situations des défis lancés à la logique, qu'il faille incinérer une femme que son volume empêche d'entrer dans le crématorium ou élever des poules pour éviter de tomber enceinte (pour plus d'explications, cf. chapitre 18). A la longue, on en vient à souhaiter que l'auteure mette un peu son imagination en veilleuse, ou se fasse plus allusive, ce qui lui réussit plutôt, comme lorsqu'elle évoque un premier rapport sexuel : " Des crampes et un cri. Un bruit de fermeture éclair. Quelqu'un tousse. Quelqu'un d'autre murmure. Un oiseau nocturne traverse le ciel noir. " La piste du barnum se vide alors, on démonte la toile. Fini de rire. La poésie prend place, et donne envie de suivre les prochaines traces romanesques d'Irinia Gremizzi.



  • Les premières lignes

PROLOGUE :
DE LA DIFFICULTÉ D'OUBLIER.

Ça souffle, les cars. Comme les chevaux. Ça s'ébroue.
Ce genre de car roule à longueur de journée et relie les faubourgs à la ville. La plupart du temps à bord il n'y a que le chauffeur. Ce sont des cars fantômes.

Tout de suite, dans ce siège de car qui pique et qui pue la clope, je ne suis sûre de rien du tout. Il me semble que rien n'existe complètement, que la Terre entière est une ébauche géante, quelque chose de pas fini, de jamais prêt pour y vivre. Sauf ce car. Il roule, il m'emmène loin. C'est ma seule certitude. Une marmelade, le reste. Une mélasse indiscernable. Mes jours comme des mangroves émotionnelles : une jungle torride d'événements qui se poursuivent.
Je préférais avant. Avant que Franz n'arrive, me chamboule, me pulvérise sans même que je m'en aperçoive. Ce serait bien de pouvoir remonter à la veille de sa venue. Réparer les cassures qui ont suivi, l'une après l'autre, jusqu'au broyage titanesque. Mais dans la vie, on revient difficilement en arrière. C'est cela qui relie les rêves à la vie, cette impossibilité de reprendre son chemin à l'envers. Tout ce qui m'intéresse, c'est de faire les choses à l'envers et je n'y arrive pas, j'ai beau forcer le truc, ça ne marche guère, ni dans les rêves ni dans la vie. Je dois être la seule qui a essayé. Ou alors les autres se cachent, ce qui n'est pas idiot. Tout ce qui me reste est ce récit, dont les faits puisent, luttent, se broient et, un jour, arriveront à se faire oublier. J'espère.

Une partie des gens qui habitent la Terre a pour tâche l'oubli. Ils effacent efficacement, dégagent les souvenirs de notre galeuse humanité. Mon voisin, par exemple. Cinquante ans, célibataire, moustachu et souvent en sueur. Il vit avec sa vieille mère et adore la musique classique. C'est rare qu'il parle avec les gens. Or, moins on parle, plus on oublie ce que l'on est, plus on s'efface. Ce qui fait que le voisin va disparaître, s'il ne fait pas gaffe. Mais je crois qu'il s'y connaît, qu'il a même envie de prendre le risque. Les gars comme lui, l'oubli, c'est leur sainte vocation. Je les remercie d'oublier. Ils me soulagent d'une partie de la tâche. D'autant plus que je n'y arriverai pas. Ma viande brûle et mon sang est noir. Je suis un volcan en pleine activité. Quoique je fasse, je n'oublie presque rien.

Après les professionnels, nous avons les chats. De rusés compagnons qui en savent aussi pas mal, en matière d'oubli. Demandez à un chat ce qu'il a bouffé la veille : il ne va pas savoir vous répondre. Encore que les chats, ça fonctionne bien, mais ça pose aussi des contraintes : d'abord il faut arriver à avoir un chat à soi, ce qui n'est guère facile, puisque tous les parents n'achètent pas des chats à leurs gosses. Ensuite, le chat, il faut le garder, ce qui n'est pas commun, puisque les chats s'échappent ou meurent.

Sinon, ceux qui n'ont ni chat ni voisin oublieux n'ont plus qu'à raconter les choses. Il n'y a pas d'autre moyen pour continuer à vivre, quand on est des nigauds de l'oubli. Raconter soulage, vide, épuise. Raconter sauve.

(...)


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