Rêves et cauchemars de Georges Mandard / Passion du livre

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.. Rêves et cauchemars de Georges Mandard

Couverture du livre Rêves et cauchemars de Georges Mandard

Auteur : Gérard Pussey

Illustrateur : Philippe Dumas

Date de saisie : 10/06/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Escales des lettres

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782859209469

GENCOD : 9782859209469

Sorti le : 24/05/2013

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Prosper et Antoinette Mandard sont charcutiers à Melun-lès-Melons. Leur fils se désole d être l'héritier de ce commerce fait de cris et de boyaux tièdes. Comment échapper à cette fatalité de la viande, de l'égorgement et de la mort ? Comment faire faux bond à cette dynastie de l'andouille et du jambonneau ? Pour le dandy misanthrope, il va s'agir de fuir l'hostilité du monde, jusqu'en Patagonie s'il le faut !

Cette farce satirique s'autorise toutes les libertés, jouant avec le temps, la chronologie et la logique. Ainsi Georges Mandard va-t-il mourir plusieurs fois, non sans avoir croisé Guillaume Apollinaire, le Yéti femelle, le diable, Arthur Rimbaud, Simone de Beauvoir, une actrice américaine, un gros singe fasciste et divers anthropophages.

Gérard PUSSEY est notamment l'auteur de L'Homme d'intérieur, prix Roger-Nimier (Denoël), Menteur, prix Alexandre-Vialatte (Le Castor Astral), Ma virée avec mon père (Gallimard) et Les Succursales du ciel (Fayard).
Philippe DUMAS a écrit et illustré de nombreux livres au succès international. Pour l'ensemble de son oeuvre, il a reçu le Grand Prix de Littérature décerné par la Ville de Paris.





  • Les premières lignes

DANS la rue principale de Melun-lès-Melons, la charcuterie est tenue de père en fils par la famille Mandard. Un commerce florissant et séculaire qui désole Georges, l'héritier mâle, celui à qui devrait échoir le magasin à la mort de Prosper. C'est l'arrière-boutique, surtout, qui désespère Georges, là où sont sacrifiés les porcs. Rouge, hypertendu, la nuque gorgée de sang, le père Mandard préside, sous un ciel de crocs où pendent des carcasses, cet univers de cris et de boyaux tièdes. Il règne, apoplectique, sur ces monceaux d'organes, ces cochonnailles fumantes, et son rejeton, considérant son paternel avec effarement, se demande comment échapper à cette fatalité de la viande, de l'égorgement et de la mort. Comment faire faux-bond à cette dynastie de l'andouille et du jambonneau. D'une sensibilité démodée, Georges s'habille en dandy du XIXe siècle, s'obstine dans la poésie et trousse des sonnets en cachette. Ses parents le tiennent pour un idiot doublé d'un bon à rien, sa mère Antoinette surtout, postée dès l'aurore derrière la caisse du magasin, tandis que la douce Micheline Rodureau débite les produits et que ses mains pâles effleurent boudin et saucisses. L'Académie reconnaît aujourd'hui, dans «Ode à Micheline», l'une des pièces parmi les plus importantes de l'oeuvre courtoise de Georges Mandard.

AGLAÉ, soeur de Georges, son aînée de quatre ans, réussit, à l'inverse de son frère, tout ce qu'elle entreprend. Une cour d'hommes se prosterne aux pieds de cette créature instruite et désirable. Ses parents admirent leur fille qui vole de succès en succès, tandis qu'ils réservent leurs airs dégoûtés à leur fils qui ne fait rien de fameux. Lorsque vient le temps où ils se mettent à rêver pour elle d'un beau mariage avec un gars assez brillant pour reprendre les commandes de la charcuterie familiale (Georges, disent-ils, en serait bien incapable), Aglaé épouse un polytechnicien qui se moque des rillettes autant que du cervelas. Alors, son père, à contrecoeur, se tourne vers son dernier-né : «Tu seras charcutier, mon fils.» Georges rétorque qu'il veut être poète et son père n'en prend pas ombrage : «D'accord, tu seras le Ronsard du fromage de tête.»


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