Le peuple des berges / Passion du livre

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.. Le peuple des berges

Couverture du livre Le peuple des berges

Auteur : Robert Giraud

Préface : Olivier Bailly

Date de saisie : 12/06/2013

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 12.00 €

ISBN : 9782842637507

GENCOD : 9782842637507

Sorti le : 10/04/2013

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  • La présentation de l'éditeur

«La cloche, en argot, c'est le ciel. Sont clochards tous ceux qui n'ont que le ciel pour toit. Paris compte quelque vingt-cinq mille individus dans ce cas. On ne saura jamais, et pour cause, l'effectif exact de cette légion de pouilleux, vivant en marge d'une société dite organisée. On vient; on s'en va; on meurt dans le plus strict anonymat dans le monde de la guenille. Les loques sont une sorte d'uniforme qui, semblables à tous les autres uniformes, ôtent toute personnalité à qui les endosse.»

Le Peuple des berges : c'est en effet un monde d'hébergés passagers, de moutons noirs sans berger ni pasteur, de mouflons à cinq pattes abonnés aux bas-côtés de la vie, à brouter l'herbe rare des talus, que nous invite à découvrir Robert Giraud. Parue en octobre 1956 dans Qui ? Détective, cette incursion dans l'inframonde des clochards parisiens, cette étrange parade de binettes hors norme et de destins brisés témoigne d'une période singulière de la vie de l'auteur, de 47 à 50, celle où, chômeur en rupture de province, gîtant dans la rue, il y fit provision d'amitiés singulières et d'expériences nocturnes. En sortirent le mythique Vin des rues (Denoël, 1955) et les textes qui composent Le Peuple des berges. Un peuple souterrain, anonyme, nocturne, qui fermente et scintille en familier dans les zones d'ombre de Paris, sur les quais ou sous l'arche des ponts, s'emploie à l'heure dans le brouhaha des Halles, s'ameute autour d'un chaudron de soupe offerte, prend la queue pour un quignon, se bat pour une bouche de chaleur, marche sans trêve. Bienvenue, donc, pour un petit viron avec l'Amiral, roi des clochards, Ralph, le pêcheur à la sauvette, le Chat, borgne haineux, virtuose dans le détroussage d'amoureux, Olga et Titine, «fleurs de Seine», Riton, expert en herbes et branchages, d'autres encore. La cloche, en argot, c'est le ciel : alors en route pour le pays des clochards célestes ! Le tout présenté par Olivier Bailly, notre giraudlâtre.

Robert Giraud (1921-1997) s'est distingué dans la Résistance, puis a collaboré, dès 1945, à Franc-Tireur, Paris-Presse, France-Soir et Qui ? Détective, avant d'aborder la carrière de bouquiniste. Après avoir écrit Le Vin des rues, il devint chroniqueur attitré de L'Auvergnat de Paris, croquant les innombrables bougnats alors tenus par des Auvergnats, des Limousins et des Aveyronnais. Plus parisien que nature, Robert Giraud, que l'on rencontrait surtout dans un bistrot à vins du pied de la butte Montmartre, Le Négociant, avait notamment écrit sur la langue des Titis.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 12 juin 2013

«La vie secrète des clochards de Paris», titrait l'hebdomadaire Qui ? Détective, en 1956. Le reportage était signé Robert Giraud (1921-1997), l'auteur du Vin des rues, récemment redécouvert par les éditions du Dilettante. Un habitué de la rue Mouffetard, du carrefour Maubert, et surtout des Halles...
Robert Giraud les immortalise avec sa prose poétique, un peu marlou, pittoresque et sincère.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 4 avril 2013

Ces clochards parisiens des années 1950, Robert Giraud (1921-1997) les appelait «le peuple des berges», «le monde guenilleux» ou «l'armée des couche-dehors». L'auteur du «Vin des rues» et de «l'Argot du bistrot», qui était un peu le Henri Calet des bougnats, les connaissait bien...
Giraud les portraiture sans les idéaliser; il n'a pas son pareil pour attendrir la misère et rendre leur dignité aux humiliés. Son livre d'un autre temps, celui du noir et blanc de Doisneau, est terriblement actuel. C'est beau, c'est triste.


  • La revue de presse Florence Bouchy - Le Monde du 4 avril 2013

Le journaliste a (...) de 1947 à 1950, " partagé l'existence des gueux ". Olivier Bailly, le préfacier, rappelle qu'à cette époque, au chômage, récemment divorcé, Giraud s'est laissé dériver avec les mendiants de Paris, partageant leur quotidien, apprenant les règles de cette société parallèle, même s'il n'a " jamais été clochard au vrai sens du mot, parce qu'(il a) toujours eu un domicile ". " La "cloche", en argot, c'est le ciel, rappelait souvent le journaliste. Sont clochards tous ceux qui n'ont que le ciel pour toit...
Si " le miséreux a toujours été le meilleur gobeur de merveilleux ", c'est que " celui-ci fait oublier tant de souffrances ".



  • Les premières lignes

Extrait de la préface

Envoyé spécial au royaume de la nuit

Pour Agathe, toujours, et pour Jean-Yves Griette

Du 8 octobre au 3 décembre 1956, semaine après semaine, l'hebdomadaire Qui ? Détective publie «La vie secrète des clochards de Paris», neuf articles signés Robert Giraud. Cette exploration de la Ville lumière côté ombre est aussi une chronique du petit peuple des rues, un hommage à ceux qui paient d'une incommensurable misère une liberté toute relative».
Héritier du Détective dirigé dès la fin des années vingt par Joseph et Georges Kessel, Qui ? Détective n'est plus l'hebdomadaire de grands reportages d'avant-guerre, mais il n'est pas encore devenu Le Nouveau Détective qui s'affiche à la devanture des kiosques en 2012. C'est alors une passionnante photographie de la France de la IVe République. Pas toujours exempte de sensationnalisme, certes. Chaque époque a ses tares et l'on rira peut-être demain de l'objectivité de principe (principes à géométrie variable) des médias qui fabriquent aujourd'hui l'opinion.
Bob collabore à Qui ? Détective depuis le mois de juin 1954. Il cosigne son premier reportage - l'enterrement en grande pompe d'Alexandre Bouglione, «le roi du cirque» - avec son vieux copain Pierre Mérindol. Avant qu'il ne devienne le fameux chroniqueur du banditisme lyonnais au sein de la rédaction du Progrès de Lyon, Mérindol a fait les 400 coups avec Bob. Brocanteurs, traînant leur charrette à bras sur le pavé, ils montent ensemble le cabaret les Escarpes au numéro 74 de la rue du Cardinal-Lemoine (pour la petite histoire au rez-de-chaussée de l'immeuble qui abrita Hemingway lorsqu'il écrivit Paris est une fête,). Ils relancent la chanteuse Fréhel qui y fait ses dernières et pathétiques apparitions publiques et y organisent un bal des tatoués dont la presse se fait l'écho, notamment Qui ? Détective du 17 juillet 1950, dans un article signé Jean Le Conte et illustré de photos de... Robert Doisneau.
Cette paire de Robert se connaît depuis 1947, mais leur collaboration professionnelle ne débute qu'en 1950. Cette année-là, ils publient avec le commissaire Jacques Delarue Les Tatouages du milieu. En avril ils livrent «Etoiles noires de Paris» à la rédaction de Paris Presse - L'Intransigeant, une série de portraits de doux dingues que l'on peut alors croiser ici et là dans Pantruche. Il est probable que Doisneau ait introduit son compère à Qui ? Détective. Pourtant ce n'est pas lui qui illustre le reportage que nous pouvons lire dans ce recueil, mais Georges Dudognon.


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