Esquisses pour un troisième journal / Passion du livre

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.. Esquisses pour un troisième journal

Couverture du livre Esquisses pour un troisième journal

Auteur : Max Frisch

Postface : Peter von Matt

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 06/03/2013

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-246-79806-4

GENCOD : 9782246798064

Sorti le : 13/02/2013

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

JOURNAL POSTHUME

Max Frisch commence ce «journal», en forme d'aphorismes et de récits brefs, au début des années 1980, et le rédige jusqu'à son décès en 1991. Portraits de ville, récits de la vie aux États-Unis, indignations et mots tendres alternent dans une langue superbe, parfois fulminante. Réflexion sur l'affrontement entre deux mondes - la Suisse et les États-Unis -, c'est aussi et surtout le récit d'un cheminement vers la mort.
Ce dernier texte littéraire a été retrouvé dans les archives Max Frisch alors que l'auteur l'avait laissé de côté, contrairement à ses deux premiers journaux conçus comme des oeuvres à part entière, d'un genre particulier, revues et publiées de son vivant.

Testament d'une grande noirceur, malgré tout empreint d'humour et parsemé de fragments oniriques, où l'imaginaire et l'écriture ont toute leur place.

Max Frisch, né et mort à Zurich (1911-1997), est un écrivain majeur de la Suisse de l'après-guerre. Architecte de formation, journaliste, grand voyageur, il est l'auteur de plusieurs romans, dont le célèbre Homo Faber (Gallimard), de pièces de théâtre et d'un Journal. Stiller (Grasset, 2009) est tenu pour une ouvre capitale.





  • La revue de presse Nicolas Weill - Le Monde du 21 février 2013

Plus de vingt ans après sa mort, Frisch est étudié à l'école dans l'espace germanophone. Avec Dürrenmatt, c'est l'autre grand écrivain suisse allemand de la seconde moitié du XXe siècle. Ses romans et son théâtre subissent pourtant aujourd'hui la baisse d'attention qui est le lot de bien des classiques. La sortie de ces Esquisses pourrait changer les choses...
Mais ces pages arrachées à l'oubli sont bien plus qu'un journal intime : leur nature fragmentaire révèle la quête inépuisable d'une forme nouvelle d'écriture, qui exprime la discontinuité de l'existence moderne. Il s'agit donc avant tout de littérature et non de confessions.



  • Les premières lignes

New York, comme une provocation - pendant des décennies j'ai pu me fier à cela, être sûr que je n'y somnolerais pas, que je ne m'y reposerais pas comme en Engadine ou à Paris, qu'elle me secouerait chaque jour :
I HATE IT
I LOVE IT
I HATE IT
I DONT KNOW
I LOVE IT
etc.

New York comme lieu de pèlerinage pour ainsi dire (visa INDEFINITELY) sur trois décennies - et voilà que j'y possède ce que l'on appelle un loft, enfin suffisamment aménagé pour que l'on puisse y habiter, je suis assis dehors, sur l'escalier de secours métallique, au cinquième étage, et je ne parviens pas à me le dissimuler : comme cette Amérique me fait gerber !
LOVE IT OR LEAVE !

Bref, automne de la vie, à la campagne -
CH-6611 BERZONA
La maison, une vieille bâtisse que j'ai fait rénover il y a dix-sept ans, a quatre chambres et une chambrette, une loggia, une cuisine trop petite, deux salles de bains, et un sauna dans la cave ; à côté de la maison une étable, à trois niveaux, ce qui lui donne l'air d'une petite tour, rénovée en studio ; toutes les pièces peuvent être chauffées.

Ils sont une superpuissance qui peut tous nous détruire. Et ils ont déjà été sur la Lune, on l'oublie ; car en réalité cela n'a pas fait l'histoire du monde. Ce que presque aucun Américain ne sait en revanche : que le confort américain (on peut vivre ici sans jamais voir un bidonville) repose, pour une part considérable, sur l'exploitation d'autres peuples et d'autres pays. L'exploitation n'est pas un mot ici, ils en ont un autre à la place : KNOW HOW. C'est ce qu'ils apportent aux peuplades plus pauvres, se heurtant parfois ainsi à l'incompréhension ; on est bien forcé de soutenir un putsch militaire çà et là pour introduire la démocratie, etc., KNOW HOW. Leur mot préféré : POWER. Je ne fréquente pas de militaires ; c'est le mot que j'entends le plus souvent dans ce pays : POWER. On en est fier : POWER. Sans cela, même sur le marché de l'art, ça ne fonctionne pas. MONEY ? C'est le synonyme le moins ambitieux. Le synonyme éthique : LIBERTY. Et c'est pourtant de cela qu'il est question : LIBERTY, c'est ce qui convainc chaque Américain : POWER = LIBERTY. Et là, il n'y a pas de dialectique. À quoi bon ? En parler n'a aucun sens - ils se considèrent comme la meilleure espèce d'êtres humains qui puisse exister, raison pour laquelle ils ne supportent même pas la critique de l'Amérique de la part de leurs alliés, dès lors qu'ils sont les plus forts au sein de cette alliance, ils sont donc mieux placés pour le savoir...

Ici fleurissent les premiers magnolias. Un invité attire mon attention sur eux ! Mais on est encore obligé de chauffer.


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