Chambre S10 / Passion du livre

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.. Chambre S10

Couverture du livre Chambre S10

Auteur : Béatrice Houchard

Date de saisie : 29/03/2013

Genre : Littérature, essais

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Lieux Est Mémoire

Prix : 10.20 €

ISBN : 978-2-915293-75-3

GENCOD : 9782915293753

Sorti le : 14/01/2013

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un ancien ministre du général de Gaulle vit ses ultimes jours dans sa «cage», la chambre S 10 de l'Institution nationale des Invalides. «Marche ou crève» répète-t-il. Peu à peu, il rend les armes et s'en remet au destin que sa famille a ordonné pour lui. Pour la première fois de sa vie, il lâche prise. Sans doute a-t-il décidé que c'était fini. L'amitié d'une poignée d'amis tente d'alléger ces derniers jours. L'auteure, qui l'a connu trente ans plus tôt quand elle était jeune journaliste et lui maire de Blois, oscille entre la révolte contre la dureté du sort qui lui est fait, et la douceur des souvenirs d'une autre époque.
Nous voyons s'entrecroiser le récit d'une fin, celle du grand homme, et les premiers pas de la carrière d'une journaliste dans une petite ville des bords de Loire où les rois jadis ont régné. Chambre S 10 effectue des allers-retours entre les derniers jours de l'ancien résistant du réseau «Brutus», déporté à Buchenwald, ministre, député, président de la région Centre et autres postes prestigieux de la République, et l'itinéraire de cette jeune femme qui a découvert, à travers lui, la réalité de la politique sur le terrain.
Avec colère et douleur, dans une ultime scène où est saisissante et insupportable la condition faite à cet homme, l'auteure écrit : «Vous qui étiez si lumineux, j'avais peur de vous voir vous éteindre.» Dans un style enlevé, précis, concis, elle s'insurge contre le sort fait trop souvent aux personnes âgées que l'on traite comme des enfants et dépossède d'elles-mêmes, jusqu'à leur confisquer leurs papiers d'identité. Et retrace parallèlement, dans un récit critique et savoureux, le journalisme d'une époque déjà lointaine où Internet n'existait pas.

Béatrice Houchard, dès 12 ans, décide de devenir journaliste pour pouvoir suivre le Tour de France. En trente-cinq ans de journalisme, elle a plus souvent observé des congrès politiques, des campagnes présidentielles, des séances de l'Assemblée nationale. À La Nouvelle République du Centre-Ouest à Blois, elle a découvert la vie politique locale et l'hécatombe des accidents de la route. À La Vie puis au Parisien/Aujourd'hui en France, elle s'est spécialisée dans la vie politique nationale. À 58 ans, elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe au service politique du Figaro.





  • La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 27 mars 2013

Le récit de Béatrice Houchard, qui lui rendit de fréquentes visites dans la chambre S 10, est un très bel hommage à cette vie et une protestation contre la façon dont, parfois, l'on traite, comme des enfants débiles, ceux qui vont finir.



  • Les premières lignes

Pour Pierre Sudreau, parti le 22 janvier 2012,
À Jacques,
A Patricia.

I. PREMIÈRE VISITE

Le premier jour, assis sur le lit de la chambre S 10, vous portiez autour du cou un rectangle de plastique blanc et jaune, semblable aux badges distribués aux journalistes dans les congrès et les meetings et que j'ai longtemps collectionnés avant de les ranger dans une boîte à chaussures, le jour où j'ai cessé de partir en reportage.
Le premier des badges de ma collection, un morceau de carton bleu, date du programme de Raymond Barre, connu sous le nom de «Programme de Blois». Il s'agissait pour le Premier ministre de sauver une situation électorale que tout le monde croyait perdue pour la droite, deux mois avant les élections législatives. Le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, avait déjà évoqué la perspective d'une cohabitation avec un Premier ministre de l'Union de la gauche, et annoncé qu'il se retirerait dans cette hypothèse à Rambouillet pour ne plus s'occuper que des affaires du monde. Et aller à la chasse, accessoirement.
Raymond Barre, le 7 janvier 1978, avait annoncé un catalogue de propositions aussitôt oubliées, à la tribune d'un chapiteau mal chauffé au sud de la Loire, devant un public savamment trié par la Préfecture - de ce point de vue, les temps n'ont pas changé. En l'accueillant, dans un discours qui commençait par «Souffrez, Monsieur le Premier ministre...» (Le Matin de Paris en avait fait un titre), vous lui aviez servi votre phrase préférée de Balzac : «Le zèle effleure la duperie», tirée du Lys dans la vallée, cet hymne à l'amour et à la Touraine que je relis presque chaque été. Puis vous aviez prononcé une phrase dont vous étiez très fier : «Il n'y a pas de père Noël pour les peuples», et que vous m'aviez fait l'honneur de tester sur moi quelques jours auparavant. Les conseillers municipaux se bousculaient dans les premiers rangs pour être sûrs d'être en photo dans La Nouvelle République. Le Premier ministre était semblable à ce qu'il serait toujours : ennuyeux, sérieux, sans démagogie, pas sympathique.
Après les discours, on avait frôlé l'incident : Simone Veil, ministre de la Santé, avait oublié sa toque de fourrure au château de Blois, où était donnée une réception après ce meeting qui ne disait pas son nom. Le gouvernement au grand complet avait été transporté en car, pour éviter les cortèges officiels trop voyants. Déjà, la République tentait d'être modeste. Pourquoi avoir choisi Blois, où s'agitaient quelques milliers de manifestants et quelques dizaines de CRS ? Parce que c'était «la ville moyenne la plus proche de Paris par l'autoroute», m'aviez-vous répondu en faisant mine de vous plaindre de cet honneur gouvernemental.


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