Les juges : trois histoires italiennes / Passion du livre

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.. Les juges : trois histoires italiennes

Couverture du livre Les juges : trois histoires italiennes

Auteur : Andrea Camilleri | Giancarlo De Cataldo | Carlo Lucarelli

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 04/12/2012

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Thriller

Prix : 12.50 €

ISBN : 9782265096974

GENCOD : 9782265096974

Sorti le : 15/11/2012

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  • La présentation de l'éditeur

À la fin du XIXe siècle, un magistrat venu de Turin pour réorganiser le tribunal de Montelusa en Sicile affronte la mafia avec une candeur dévastatrice.

Dans les années 70, prise dans les complots des services secrets et des fascistes pour déstabiliser l'Italie, la Gamine, jeune juge d'instruction, trouve des alliés inattendus chez les hors-la-loi.

À notre époque, un procureur affronte l'affairisme politicien dans un duel cauchemardesque.

Dans ces trois récits, Camilleri, De Cataldo et Lucarelli, unanimement considérés comme les plus grands auteurs du roman noir italien, enquêtent sur le Juge, ce personnage qui occupe, aujourd'hui plus que jamais, une position centrale lions un pays où la frontière entre le bien et le mal est sans doute encore plus floue qu'ailleurs...

Né en 1925, ANDREA CAMILLERI est auteur d'une soixantaine de romans et de divers recueils de poèmes et de nouvelles, traduits dans plus de 30 langues. Il est particulièrement connu pour ses romans dédiés aux enquêtes du commissaire Montalbano.

Depuis 1973, GIANCARLO DE CATALDO vit à Rome où il est juge auprès de la cour d'assises. Il est aussi l'auteur de nombreux romans, parmi lesquels le célèbre Romanzo Criminale, adapté au cinéma.
Un recueil de trois nouvelles ayant pour figure centrale un personnage de juge. La nouvelle de Camilleri met en scène le juge Efisio Surra, envoyé en Sicile pour reprendre les rênes du tribunal, et qui se heurte à la «Fratellanza», l'ancêtre de la mafia.

CARLO LUCARELLI a publié 14 romans et une douzaine d'oeuvres de non-fiction sur l'histoire criminelle de l'Italie. Il connaît un vrai succès, à la fois auprès du public et des critiques.





  • Les premières lignes

Le juge Efisio Surra arriva directement de Turin à Montelusa quinze jours après que le premier préfet de l'Italie unie, le Florentin Falconcini, eut pris possession de sa charge.
Avant que le juge se présente dans la ville en personne, on parvint à obtenir quelques informations sur lui. Comment ? Par quelles voies ? Peut-être l'un des collaborateurs que Falconcini avait emmenés avec lui le connaissait-il et en avait-il parlé.
Par exemple, on sut que, quoique portant un prénom et un nom sardes, il n'était pas à proprement parler sarde, vu que son arrière-grand-père paternel, qui était d'Iglesias, à l'époque où les Piémontais avaient troqué la Sardaigne contre la Sicile, avait déménagé à Turin, d'où, ayant fondé une famille avec une Piémontaise, il n'avait plus bougé.
On sut aussi qu'il avait cinquante ans, qu'il était un peu plus petit que la moyenne, qu'il s'habillait toujours très correctement, qu'il était marié et père d'un fils avocat, mais qu'il viendrait seul à Montelusa.
Du moins, dans un premier temps.
Que, en tant qu'homme, il était peu loquace.
Mais, sur lui, en tant que juge, on ne savait pas grand-chose, car il avait officié dans les bureaux ministériels et n'avait aucune expérience des tribunaux.
Il arrivait avec une mission qui n'était certes pas facile : recréer le tribunal qui n'existait plus. Concrètement, il s'agissait de remplacer le vieux président Fallarino - que les garibaldiens voulaient arrêter en raison de ses idées irréductiblement probourboniennes et qui, ayant refusé par la suite de reconnaître pour souverain le roi de Savoie, avait démissionné -, de reprendre au service de la justice les magistrats qui avaient travaillé avec les Bourbons et qui étaient disposés à travailler pour le nouvel État, mais en changeant leurs mentalités, de faire appliquer le code piémontais encore parfaitement inconnu des juges et des avocats.
Bien entendu, on parla aussi longuement du juge qui arrivait au cercle des nobles - où tous n'étaient pas nobles : il y avait aussi de riches possédants et commerçants.
- La surra, pontifia don Agatino Smecca, dans nos villages, ça signifie la ventrèche qui, comme tout le monde le sait, est la partie la plus sdélicate et savoureuse du thon. Avec ce nom, le juge promet bien.
- Vosseigneurie parle comme ça parce que vous êtes un homme de mer, rétorqua don Clémente Sommatino. Mais moi, qui suis terrien et paysan, je vous dis que la surra est aussi une herbe amère et dégueulasse que quand les poules se la mangent, l'oeuf a un goût tellement vilain qu'il faut le jeter. Son nom, pour moi, il ne promet rien de bon.
- Les noms n'ont rien à voir avec la pirsonne qui les porte, ne disons pas de conneries, intervint le négociant en soufre Bonocore. Vous vous arappelez ce juge qui s'appelait Benevolo, bienveillant, et qui en fait n'acquitta jamais personne et qui était pire qu'un bourreau ?
Vrai, c'est, pensa don Clémente. En fait, tu t'appelles Bonocore, bon coeur, et tu as ruiné deux de tes collègues !
Mais il ne dit rien.


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