L'arbre de l'oubli : mémoires / Passion du livre

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Couverture du livre L'arbre de l'oubli : mémoires

Auteur : Alexandra Fuller

Traducteur : Anne Rabinovitch

Date de saisie : 05/06/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. des 2 terres, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-84893-127-2

GENCOD : 9782848931272

Sorti le : 28/03/2012

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  • La présentation de l'éditeur

«Alexandra Fuller nous transporte dans un vaste paysage où s'entrecroisent l'amour, la perte, la nostalgie et la réconciliation.»
The New York Times Book Review

Née sur l'île écossaise de Skye, la mère d'Alexandra Fuller, mieux connue sous le nom de «Nicola Fuller d'Afrique centrale», a grandi au Kenya dans les années cinquante, avant d'épouser un Anglais fringant. Ils s'installent dans leur propre ferme, d'abord au Kenya puis en Rhodésie - l'actuel Zimbabwe - où l'auteur, Bobo, et sa soeur ont grandi, avant d'atterrir en Zambie. Nicola, à la fois drôle, originale et spontanée, reste inébranlable dans le maintien de ses valeurs familiales, la fierté de son sang écossais, et sa passion pour la terre et les animaux. Le parcours de la famille Fuller, déterminée à rester en Afrique malgré la guerre civile, est fait de survie, de folie, de loyauté et de pardon. Elle trouvera la sérénité sous son «arbre de l'oubli».

Alexandra Fuller, née en Angleterre, a grandi en Rhodésie (Zimbabwe) et en Zambie. Elle est l'auteur de quatre livres, publiés dans une dizaine de pays. Elle a signé de nombreux articles pour The New Yorker, Financial Times, New York Times Book Review, National Géographie, Vogue et Granta. L'arbre de l'oubli, encensé par la critique, a figuré parmi les livres de prédilection du New York Times. Alexandra Fuller vit aujourd'hui dans le Wyoming avec son mari et leurs trois enfants.





  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 26 avril 2012

Alexandra Fuller a voulu raconter, dans " L'Arbre de l'oubli ", la vie de sa mère, Ecossaise devenue fermière en Afrique australe - en adoptant son point de vue...
Avec L'Arbre de l'oubli, elle met à l'épreuve sa technique d'auteur et son idée de l'écriture. Car si, pour elle, " écrire une vérité est une libération ", elle ne déteste rien tant que les livres thérapeutiques : " Il faut faire sa thérapie avant - sinon, c'est dégoûtant. " De fait, elle cultive une forme radicale de neutralité. A la manière d'un comédien, elle se débarrasse de toutes les étiquettes, elle s'identifie à ses personnages. L'Arbre de l'oubli, elle ne l'écrit pas " en tant que fille de (sa) mère, mais du point de vue de (sa) mère ", comme si Alexandra n'était pas sa fille. Et ce qui s'entend simplement, dans le cas d'un roman ou d'une fiction (Madame Bovary, c'est lui), s'avère particulièrement " douloureux " dans le cas d'un récit familial. Mais nécessaire : " A écrire en tant que sa fille, je l'aurais jugée en tant qu'elle est ma mère. A-t-elle été une bonne mère ? Ce n'était pas la question. Il fallait déjà que je fasse avec les étiquettes que mes parents collaient sur moi : féministe, socialiste, américaine... " Ce regard biaisé des parents sur leurs enfants est d'ailleurs l'un des aspects les plus touchants du livre. Des plus réussis et des plus universels, aussi.



  • Les premières lignes

NICOLA FULLER D'AFRIQUE CENTRALE APPREND À PILOTER UN AVION

Mkushi, Zambie, 1986 environ

Du plus loin qu'il nous en souvienne, notre maman - ou Nicola Fuller d'Afrique centrale, comme elle aimait à se présenter à l'occasion - a toujours désiré avoir un écrivain dans la famille car non seulement elle aime les livres et a toujours souhaité y apparaître (de la même façon qu'elle apprécie les grands chapeaux coûteux, et a du plaisir à se montrer avec), mais elle a toujours voulu vivre une existence follement romantique exigeant d'être transcrite par un témoin assez malléable.
«Au moins elle ne t'a pas lu Shakespeare quand tu étais dans son ventre, me dit ma soeur. Je pense que c'est pour ça que j'ai des lésions cérébrales.
- Tu n'as pas de lésions cérébrales.
- Maman affirme que si.
- À ta place, je ne l'écouterais pas. Tu sais comment elle est.
- Oui, répond Vanessa.
- Par exemple, dis-je, elle prétend depuis quelque temps que j'ai dû être échangée à ma naissance.
- Ah oui ?» Vanessa incline la tête dans tous les sens pour mieux voir mon visage. «Tourne-toi pour que je jette un coup d'oeil à ton nez de l'autre côté.
- Ça suffit.»
Je cache mon nez.
«C'est toi qui as mis le sujet sur le tapis, reprend Vanessa, allumant une cigarette. Tu n'aurais jamais dû écrire cet Horrible Livre sur elle.»
Je dénombre les erreurs que commet Vanessa.
«Pour la millionième fois, il n'est pas horrible et il ne parle pas d'elle.»
Elle exhale placidement la fumée vers le ciel.
«Ce n'est pas ce que maman dit. De toute manière je ne peux pas le savoir. Je ne l'ai pas lu. Je ne le lirai pas. Je ne peux pas. J'ai des lésions cérébrales. Demande à maman.»
Nous sommes assises devant la maison en pierre de Vanessa, près de la ville de Kafue. Elle a eu la sagesse de devenir une artiste indéchiffrable - le travail sur le tissu, l'art graphique et les toiles tropicales exubérantes étant l'expression d'une sorte de chaos nébuleux - aussi, personne ne peut lui reprocher quoi que ce soit. Et de toute manière, quoi qu'il arrive, Vanessa se comporte comme si tout devait se résoudre un jour ou l'autre, tant que personne ne panique. Par exemple, un arbre pousse au milieu du toit de chaume de sa salle de bains - très romantique et pittoresque mais piètre protection contre la pluie et les reptiles. Vanessa dit d'un ton vague :
«Oh, garde tes chaussures et regarde bien autour de toi avant de t'asseoir, et il ne t'arrivera rien.»


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