Auteur : Peter Fritzsche
Date de saisie : 05/07/2012
Genre : Histoire
Editeur : André Versaille, Bruxelles, Belgique
Prix : 24.90 €
ISBN : 9782874951701
GENCOD : 9782874951701
Sorti le : 18/04/2012
Comment vivait-on au quotidien sous le totalitarisme le plus violent du XXe siècle ? Et dans quelle mesure le peuple allemand a-t-il été le complice du régime nazi ?
Au fil des ans, les réponses ont varié considérablement.
En se basant sur des documents privés (correspondances, carnets, journaux intimes) écrits par des citoyens allemands de l'époque, Peter Fritzsche nous offre une lecture nuancée de la vie sous le nazisme et de la popularité de ce régime. Dans cet ouvrage magistral, il révèle les craintes des Allemands ordinaires, leurs désirs et leurs réserves. Il analyse les efforts de ceux-ci pour s'adapter aux nouvelles identités raciales et pour croire à la nécessité de la guerre - bref, pour devenir nazis.
Il montre en même temps que les perspectives de grandeur et d'unité allemande ont résonné profondément chez de nombreuses personnes, même si cela signifiait une guerre extrêmement destructrice et le génocide des Juifs. En pénétrant ainsi dans leurs intimités, il rend compte du vécu des Allemands sous le IIIe Reich.
Fascinant et novateur, cet ouvrage livre un portrait glaçant de la manière dont une idéologie se met en place.
Lors de sa parution aux États-Unis, le livre a été salué par la critique :
«Fritzsche propose une interprétation significative du nazisme et du peuple allemand, et écrit avec une vivacité qu'on ne retrouve pas souvent dans les études sur le IIIe Reich.»
Publishers Weekly
«Un livre fascinant... Le livre de Fritzsche démontre qu'il y a encore de nombreux domaines de l'ère nazie dans lesquels les historiens peuvent se plonger.»
Library Journal
«Fritzsche écrit avec son flair et sa verve habituels. [...] Son livre, facile à lire et intelligent, fait magnifiquement usage de lettres et de journaux intimes pour communiquer l'expérience des gens ordinaires sous le nazisme d'une manière que peu d'autres historiens ont été capables de faire.»
New York Review of Books
Peter Fritzsche est professeur d'histoire à l'Université de l'Illinois. Spécialiste de l'histoire moderne allemande et européenne, ses recherches actuelles se concentrent sur les questions comparatives de mémoire et d'identité dans l'Europe moderne.
Extrait de l'introduction
Un ouvrage populaire publié en Allemagne en 1940 décrivait pratiquement les premières phases de la Shoah. L'oeuvre examinait avec minutie la violence impitoyable exercée à l'encontre des civils et explorait les dynamiques psychologiques à l'oeuvre chez les auteurs de ces crimes. L'histoire se passe au début de la guerre, après que les autorités ont mis des quartiers sous surveillance et attribué à la population des laissez-passer dont la couleur (rouge, rose et blanc) reflète la loyauté politique. Alors qu'une église brûle, des soldats arrivent et rassemblent hommes, femmes et enfants sur la place du marché avant de les emmener vers l'Est. Les gardes confisquent les derniers biens des déportés, et enferment les civils dans des granges qu'ils menacent de brûler. À un moment, des soldats débattent de la justification morale de tuer les femmes, ce que l'un d'eux refuse catégoriquement de faire. Les enfants sont abattus sous prétexte que «dans dix ans ils seront des hommes». Plus tard, des soldats «liquident» les retardataires en fin de colonne. Effrayés, les prisonniers chuchotent entre eux : «Ôte tes lunettes !», le commandant à l'intention de «détruire toute la classe intellectuelle» en exécutant les hommes qui en portent. Lorsque deux files de déportés se croisent, l'un d'eux remarque : «Voilà à quoi nous ressemblons... mais malheureusement, personne d'autre ne nous voit.» Manifestement, l'opinion publique du monde entier ignore leur détresse. L'ouvrage décrit en détail comment d'autres groupes ethniques ont délibérément malmené, battu ou encore maltraité les prisonniers.
Dans son reportage romancé intitulé La mort en Pologne, Edwin Erich Dwinger anticipe de nombreux éléments de l'assassinat systématique des civils Juifs perpétré par les unités mobiles d'extermination (Einsatzkommandos), sous le commandement de la SS dès le début de l'été 1941, après l'invasion allemande de l'Union Soviétique. Erich Dwinger reprend également les caractéristiques spécifiques de l'occupation en Pologne, comme l'emprisonnement et l'exécution des intellectuels. Toutefois, La mort en Pologne ne porte pas sur les tueurs allemands, mais plutôt sur les Allemands de souche, ou «Allemands ethniques» déportés ou massacrés par des soldats et des paramilitaires polonais. Bien que son compte rendu des atrocités commises par les Polonais deux jours après l'invasion allemande de la Pologne, pendant et après le «dimanche sanglant» de Bydgoszcz (Bromberg), le 3 septembre 1939, soit presque entièrement fictif, Erich Dwinger y dépeint la guerre moderne comme une entreprise génocidaire dont les civils sont la cible principale. Dans le texte, l'un des Allemands de souche libérés par la Wehrmacht envisage ce qui va se dérouler en Pologne : «Que ses villes soient totalement détruites, que sa classe intellectuelle tombe au combat, ou qu'un tiers de sa population périsse sous une pluie de balles, pas une seule conséquence de la guerre ne pourra me sembler injuste». En réalité, l'invasion de la Pologne par l'Allemagne et ses forces d'occupation avait déjà mis en oeuvre une bonne partie de ce programme avant même que les lecteurs n'ouvrent le livre d'Erich Dwinger.
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