Dernier recours : le monde du travail devant les tribunaux / Passion du livre
Partager

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Dernier recours : le monde du travail devant les tribunaux

Couverture du livre Dernier recours : le monde du travail devant les tribunaux

Auteur : Françoise Champeaux | Sandrine Foulon

Date de saisie : 07/06/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Essais

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782021005028

GENCOD : 9782021005028

Sorti le : 08/03/2012

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Comment des salariés qui perdent leur emploi, ou qui sont frappés dans leur intégrité physique et morale, se mobilisent-ils pour obtenir justice ? Sur quel terrain juridique décident-ils de mener bataille ? Pour quel résultat ?
Les patrons-voyous de Metaleurop, les milliers de morts de l'amiante, le harcèlement moral chez Carrefour, France Telecom ou Renault, le double meurtre d'inspecteurs du travail en Dordogne... autant d'affaires médiatisées qui ont donné lieu à des procès. Mises en scène, portées sur les marches du palais par les victimes, elles sont à la fois la concrétisation et le symbole d'une évolution du combat social.
Cet ouvrage les revisite dans une double intention. Humaine d'abord, à l'heure où le collectif s'effrite, des salariés, des militants, des syndicalistes ont su faire jouer la solidarité et la mobilisation pour faire avancer leur cause et progresser le droit du travail. Tactique ensuite, quand des avocats ont su mener des contre-offensives efficaces et construire des stratégies judiciaires. Voyage dans un monde du travail où le dernier recours passe par le tribunal, ce livre est aussi un hommage à ceux qui luttent et qui contribuent, par leur ténacité et leur expertise, à faire progresser le droit social dans un contexte d'une rare hostilité.

Françoise Champeaux, chargée d'enseignement à l'École de droit Paris 1-Panthéon-Sorbonne, est rédactrice en chef de la revue hebdomadaire La Semaine sociale Lamy, sur l'actualité sociale et juridique. Sandrine Foulon est rédactrice en chef adjointe de Liaisons sociales magazine et chroniqueuse sur France Inter.





  • La revue de presse Francine Azicovici - Le Monde du 7 juin 2012

Chaque année, des milliers de procès sont ainsi engagés par des travailleurs pour faire valoir leurs droits. Françoise Champeaux et Sandrine Foulon ont mené des enquêtes sur plusieurs affaires, de Metaleurop au drame de l'amiante en passant par les risques psychosociaux et les suicides au travail. Elles tentent de cerner les stratégies judiciaires adoptées par les acteurs, de voir comment celles-ci ont permis de faire progresser le droit du travail, d'analyser le rôle du juge et celui des médias...
On lit comme un roman noir ces épopées de salariés meurtris qui en appellent à la justice. S'il est vrai que les procès de ces dernières années ont surtout débouché sur le versement d'indemnités, une fois l'emploi perdu, il n'empêche que ces réparations financières sont aussi morales.



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

«Vive la sociale !», un lointain souvenir ? Où sont passées les images véhiculées par les congés payés, la collectivité de travail, la solidarité, le syndicat, la grève, immortalisées par les photos de Robert Doisneau, Willy Ronis ou David Seymour ? Depuis la fin des Trente Glorieuses, le monde du travail a terriblement évolué. Les usines ne cessent de mettre la clé sous la porte, les bureaux accueillent des hordes de salariés du tertiaire dans une version renouvelée du taylorisme. Les clichés de Martin Pair, d'Andréas Gursky ou d'Edward Burtynsky saisissent désormais un monde où l'individualisme et le consumérisme ont triomphé. Crises et chômage sont passés par là. Depuis, il n'est question que de régression et de désespérance - mots pour ne pas dire les maux du social. Côté face, rendement financier, actionnaires, mondialisation, libéralisme, flexibilité... Côté pile, plan de sauvegarde de l'emploi, liquidation judiciaire, précarité, souffrance au travail, suicides... L'époque est à la résignation avec des éclairs de mobilisation. Dans les entreprises, la rage des Continental, Molex ou des Caterpillar en 2009, le conflit sur la réforme des retraites de l'automne 2010, la révolte des indignés sur les places d'Europe au printemps 2011, suivie d'autres mouvements en Israël, au Chili ou aux États-Unis, sont autant de poches de résistance. Tout n'est pas perdu. Mais les contre-attaques sont à réinventer.
L'objet de cet ouvrage est de changer de focale, de prendre le large. De s'attarder sur quelques histoires du monde du travail, parce que la réalité économique dépasse la fiction. Et, plus encore, de les aborder sous un angle judiciaire, de comprendre ce qui structure et fait évoluer la matière sociale. Plonger dans les grandes affaires judiciaires, c'est décortiquer les stratégies, saisir ce qui pousse les protagonistes à privilégier tel fondement plutôt que tel autre et leur permet de faire progresser le droit du travail. C'est aussi analyser la mobilisation, la solidarité, les rôles du juge, du politique et des médias.
Il a beaucoup été dit que l'affaiblissement du collectif avait eu pour conséquence de mettre un terme aux stratégies judiciaires en droit du travail. Ce n'est pas totalement faux. Dans les années 1970, les grandes centrales syndicales, et, au premier chef, la CFDT, ont su mobiliser l'argumentaire juridique. Elles ont abandonné leur discours bien rodé sur la justice de classe, les magistrats bourgeois. Elles ont alors massivement saisi et instrumentalisé les juges. En jouant des divergences de fond entre la chambre criminelle et la chambre sociale de la Cour de cassation, elles ont obtenu la réintégration des salariés investis de mandats illégalement licenciés. Qu'en est-il aujourd'hui ? Des stratégies sont à l'oeuvre, mais elles se font de plus en plus rares. En juillet 2008, c'est en se fondant sur la convention n° 158 de l'OIT que les magistrats du quai de l'Horloge enterraient définitivement le contrat «nouvelles embauches» (CNE) avec un arrêt retentissant : impossible pour un employeur de licencier un salarié sans motif pendant les deux premières années de son contrat. Plus récemment, en 2009, cette même Haute Cour consacrait l'égalité de traitement entre différentes catégories de personnel : plus question d'accorder plus de jours de congés, d'indemnités de départ ou d'avantages sociaux divers aux cadres plutôt qu'aux employés ou aux ouvriers sans en justifier précisément les raisons.


Copyright : Studio 108 2004-2013 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli