Retour de la Neva : conte de femmes en hiver / Passion du livre

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Couverture du livre Retour de la Neva : conte de femmes en hiver

Auteur : Christine Fernandez

Date de saisie : 01/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Poésie-littérature

Prix : 12.00 €

ISBN : 9782915293678

GENCOD : 9782915293678

Sorti le : 18/09/2011

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Macha, jeune esthéticienne slave d'origine russe, d'une grande beauté, aspire à quitter le village de Gork, situé entre Moscou et Saint-Pétersbourg pour rejoindre les lumières et les fastes de l'Europe et particulièrement de Paris.

Attirée par le luxe, l'artifice, la brillance, l'esthétique et les mirages d'une vie facile, elle sera inexorablement aspirée dans le précipice inhumain d'une société de consommation sans autre morale que l'argent. Cette société de consommation avec des besoins toujours plus grands va l'avaler tout entière. Ses rencontres amoureuses lui permettront de réaliser une partie de ses désirs, pour un laps de temps réduit à une peau de chagrin. Mais la dureté de la vie ne la lâchera pas et finira par la détruire.

La vieille Véra, qui vit à Gork depuis toujours ancienne ouvrière à la scierie, et la mère de Macha, Ludmilla sont deux personnages lumineux de ce conte slave à la portée universelle.

Christine Fernandez née le 12 juin 1960 à Oran en Algérie, est actuellement Conservateur en chef au Conseil général des Yvelines à la direction de la bibliothèque de Prêt. Elle fut précédemment Conservateur du réseau de lecture publique d'Ajaccio au Palais Fesch. Elle a publié aux Éditions Tirésias en 2003 Les Oublies. Et a préfacé Hyacinthe di Brano, un avocat des Lumières de Marie-Josée Cesarini Dasso chez France Europe Éditions.





  • Les premières lignes

VÉRA

Je m'appelle Véra, je vis au milieu de nulle part sur des terres austères, gorgées d'eau, humides et froides, si loin des capitales entre Moscou et Saint-Pétersbourg, au beau milieu de forêts de bouleaux, avec pour tout horizon des scieries à perte de vue.
Je suis née en 24. J'ai toujours vécu à Gork. Je ne vois que le facteur, Vladimir, six jours sur sept. C'est lui qui m'a appris le nom du nouveau président russe. C'est lui qui m'a appris que la mer avançait et que le réchauffement climatique allait changer peu à peu le visage de la planète. Je ne serai plus là pour voir les eaux monter et les populations se déplacer.
Je ne lis pas la presse. Je ne sais pas lire. Le facteur sait suffisamment de choses sur le monde et il les raconte bien. De toute façon le monde va mal. Il ne faut pas en savoir trop, ça donne le vertige et on finit comme la fille de Ludmila, Macha, qui s'est pendue dans l'étable la semaine dernière, au retour de la ville parce qu'elle en savait trop sur tout et voulait tout avoir, tout posséder.
Elle avait un diplôme d'esthétique en poche, plusieurs soupirants et dans le tas des hommes tordus et pervers qui lui promettaient une vie de princesse en Europe avec des voitures décapotables et des hôtels de luxe, des bijoux et des piscines sur le toit des immeubles. Elle croyait à l'Europe Mâcha et quand elle m'en parlait des milliers d'étoiles brillaient dans ses yeux mais l'Europe elle n'a rien de bon à nous réserver.
-Tu vois Véra quand j'habiterai à Paris, je t'enverrai une carte par jour, tu voyageras sans te déplacer.
Je l'aimais ma petite Macha et rien que de penser à elle, les larmes m'envahissent.
Elle était si belle, si blonde quand elle mettait ses bottines grises et blanches en fourrure, elle ressemblait à un petit poney avec sa crinière bien lustrée. Elle appartenait à la horde de ces femmes russes qui cherchent avant tout à partir vivre dans leur Europe et à séduire un Français ou un Italien de préférence. Mais Macha, elle était encore plus belle que les autres. Ses cheveux blonds très longs, toujours lissés au maximum comme des baguettes brillantes et lumineuses, ses bottes en cuir rouge très hautes, sa jupe en cuir assortie très courte, ses traînées de parfums délicieux qui restaient longtemps présentes sur son passage, ses jambes interminables, tout cet édifice de beauté aérien et si fragile, ce corps filiforme qui ne se nourrissait que de thés bus à toute vitesse, ne pouvait que se briser. J'avais toujours peur de la voir s'affaisser, se casser en deux et que ses petits os partent en éclat d'un seul coup. Elle me faisait songer à une étoile qui ne trouverait jamais son coin de ciel et qui passe en laissant une trace lumineuse.


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