Paradoxia : journal d'une prédatrice / Passion du livre

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Couverture du livre Paradoxia : journal d'une prédatrice

Auteur : Lydia Lunch

Préface : Virginie Despentes | Hubert Selby Jr.

Traducteur : Charles Wolfe

Date de saisie : 04/09/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782846263450

GENCOD : 9782846263450

Sorti le : 22/08/2011

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  • La présentation de l'éditeur

«INNOCENTS, COUPABLES, VICTIMES, AGRESSEURS : UN SEUL CORPS. TOUS EN ELLE. CAMPÉE SUR SES DEUX JAMBES, ELLE ÉCRIT COMME ELLE EST : ELLE COGNE, ET ÇA FAIT UN BIEN FOU. [...] CE QUI EST EXTRAORDINAIRE, CE N'EST PAS L'INCESTE, LA PRISE DE RISQUE, LES ASSASSINS, LES GRANDES VILLES LA NUIT QUAND ON EST UNE PETITE LASCIVE D'À PEINE 15 ANS, L'ARGENT VOLÉ ET LES DROGUES DURES, LA VITESSE ET LES BAISES ANIMALES. C'EST CE QU'ELLE EN A FAIT. PARADOXIA.»
Virginie Despentes

L'esprit de révolte et l'influence de cette artiste radicale, à la fois chanteuse et musicienne, actrice, photographe, instigatrice de la no wave new-yorkaise, en font une figure unique en Amérique. Elle a participé à l'émergence de la scène spoken word américaine aux côtés d'Henry Rollins ou de Hubert Selby Jr. et est entrée en littérature en 1998 avec Paradoxia, son autobiographie, chef-d'oeuvre d'une icône underground postpunk. Elle vit désormais à Barcelone et se produit dans toute l'Europe avec son groupe Big Sexy Noise.

Née en 1960 dans le Rochester de famille pauvre, Lydia Lunch quitte un foyer incestueux à 16 ans pour rejoindre les trottoirs de New York. Prostitution, drogue, alcool, arnaques... elle survit dans la violence et la haine. Elle n'a pas 17 ans quand elle est guitariste et «cri primai» dans le groupe mythique de la scène no wave, Teenage Jésus and the Jerks. Lunch est un modèle unique de l'underground américain. Musicienne, actrice, performeuse, photographe, auteur de plusieurs albums et films, elle a collaboré avec les meilleurs groupes américains et européens de son temps et a été élue parmi les musiciens les plus influents des années 90. Elle a participé à l'émergence de la scène spoken word américaine aux côtés d'Henry Rollins ou Hubert Selby Jr, vit à Barcelone et se produit dans toute l'Europe.

Elle acquiert sa popularité en librairie en 1998, dès la parution de Paradoxia, qui donne le ton de son incroyable voix dans la littérature contemporaine. Après la publication du recueil de textes Déséquilibres synthétiques, traduit en 2010 par Virginie Despentes, Wendy Delorme et Busty, Au diable vauvert réédite en septembre 2011 son livre phare Paradoxia, épuisé en France depuis plusieurs années, conjointement à la sortie de son nouvel album Trust the Witch.





  • Les premières lignes

J'ai été tellement malmenée par les hommes -un homme : mon père - que je suis devenue comme eux. Tout ce que j'adorais en eux, ils le méprisaient chez moi : le caractère impitoyable, l'arrogance, l'obstination, la distance et la cruauté, ma nature froide et calculatrice, qui n'entendait que ma propre raison. Inconsciente de ma brutalité et de mon égoïsme à l'égard des autres, j'étais incapable d'assumer les conséquences de mon comportement. J'étais égoïste et égocentrique, sans remords. Un animal mû par l'instinct, marchant à l'intuition, toujours à la recherche de la prochaine proie juteuse, insouciante ou crédule. Mon but était rarement de mutiler ou de tuer, mais toujours de satisfaire. De me satisfaire. Si c'était aux dépens de la fierté, de la vanité ou même de l'existence d'autrui, tant pis. Mes intentions étaient toujours sincères. Envers moi-même.
Des jours, des semaines et des mois passés avec des visages sans nom, dans l'anonymat. Le leur et le mien. Je m'inventais une foule de personnages dont les noms variaient au gré de mon humeur : Stella Dora, Lou Harris, Sheila Reeves, Lourdes Vega, Lucy Delgado. Je faisais la tournée des bars, des boîtes, des librairies, des jardins publics, des salles d'urgence. Je cherchais, au milieu des hommes perdus, un endroit où je pourrais me perdre moi-même. À l'affût, toujours en quête du point faible, vulnérable... de la faille où je pourrais m'abreuver, et où je pourrais m'abriter. Un endroit où disparaître et m'exprimer via une multitude de personnalités toutes tendues vers le même but : amener le prochain micheton à baisser sa garde morale, financière, spirituelle ou physique, de telle sorte que je gagne quelles que soient les conséquences. J'obtenais ce que je voulais : argent, drame, ou sexe. Ils donnaient toujours librement le plus important : eux-mêmes. Et ce qu'ils ne donnaient pas, je le prenais.
J'ai toujours eu une nature masculine. La plupart des hommes ne supportent pas la compétition, elle les rend fous, complètement cinglés. Elle les pousse à se défouler. Dominer, lutter pour garder le contrôle, avec moi, ça ne marche pas. C'est soit un K.-O., soit un combat à mort. La seule chose que mon père m'ait apprise, c'est de ne jamais abandonner, ne jamais se rendre, se battre. Agir comme un homme. Et même si je les plaignais en tant qu'espèce, je finissais par être de leur côté, tout en luttant contre leur sexe. J'y rechargeais ma force vitale, en même temps que j'y trouvais la voie vers un état supérieur.


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