Charly 9 / Passion du livre

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.. Charly 9

Couverture du livre Charly 9

Auteur : Jean Teulé

Date de saisie : 28/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-260-01824-7

GENCOD : 9782260018247

Sorti le : 10/03/2011

en vente sur


  • Le message sonore
Un message sonore de Jean Teulé

Une courte lecture de Jean Teulé



  • La présentation de l'éditeur

Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu'il n'aurait pas laissé un grand souvenir s'il n'avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n'était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu'un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 24 ans à l'époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d'assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C'est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu'on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu'il délivrait dans les appartements de sa maîtresse ; comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes où le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu'il croyait être une sorte de salade ; comment il permit l'invention du poisson d'avril en officialisant le changement de date du début de l'année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d'autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.

Jean Teulé est l'auteur de treize romans. Parmi les plus notables, Je, François Villon a reçu le Prix du récit biographique ; Le Magasin des suicides a été traduit dans dix-neuf pays (best-seller à Taïwan !). Son adaptation en film d'animation par Patrice Leconte est en cours de réalisation et sortira sur les écrans en 2012. Darling a été adapté au cinéma par Christine Carrière, avec Marina Foïs et Guillaume Canet dans les rôles principaux ; Le Montespan, prix Maison de la presse et grand prix Palatine du roman historique, a été élu parmi les vingt meilleurs livres de l'année 2008 par le magazine Le Point. Son roman Les lois de la gravité est joué actuellement au théâtre par la Compagnie du Brasier. La totalité de son oeuvre romanesque est publiée aux Éditions Julliard.





  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 21 avril 2011

Peut-on éprouver de la compassion pour l'instigateur du massacre de la Saint-Barthélemy ? A priori non. Jean Teulé brosse pourtant le portrait convaincant d'un Charles IX trop jeune, trop fragile pour résister à sa mère, la terrible Catherine de Médicis...
Le roman offre un contraste saisissant entre la dureté du sujet et la légèreté du style. Au fil des livres, la force de Jean Teulé apparaît justement dans cette écriture vive, aisée, qui ne laisse transparaître ni le travail de documentation historique préalable - les événements contés ici sont attestés - ni le labeur de l'écrivain. Jean Teulé a le souci de ne pas ennuyer le lecteur. Celui-ci lui en sait gré. En témoigne le succès de ses précédents ouvrages, qu'ils évoquent une figure littéraire (Rimbaud, Verlaine, François Villon), qu'ils ressuscitent un personnage historique (le Montespan) ou qu'ils relèvent de pures fictions.


  • La revue de presse Marie-Françoise Leclère - Le Point du 14 avril 2011

"Plus pâle qu'un cadavre et plus tremblant qu'un chien, de ses milliers de victimes il voit errer les ombres." Ces accents shakespeariens sont de Jean Teulé, grand pourfendeur de rois qui, hier, dans Le Montespan, se payait la tête de Louis XIV et s'en prend aujourd'hui à Charles IX, l'avant-dernier des Valois...
Jean Teulé décrit ces monstruosités avec une verve étourdissante. Peu lui importe que Catherine de Médicis ait été une grande reine ou que Charles IX ait tenté d'arrêter le massacre ; il préfère la légende noire, dans laquelle il se roule avec volupté, il fonce, tranche, délire et rigole comme un forcené.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, avril 2011

Voici Charly 9, ou l'histoire d'un jeune monarque aux pulsions morbides - Charles IX (1550-1574) - responsable d'un bon massacre - celui de la Saint-Barthélemy - bref, un morceau de choix pour Jean Teulé, plus fou du roi que jamais. Et le bon peuple de France d'applaudir, hissant le 13e roman du gamin d'Arcueil sur le podium des meilleures ventes !...
Avec des accents de bédéiste à la Hara-Kiri, Teulé malaxe l'Histoire, joue avec la langue, amuse la galerie. Un délice... royal !


  • La revue de presse Béatrice Vallaeys - Libération du 31 mars 2011

Les apparences loufoques de Charly 9 n'en font pas moins un roman historique, façon ovni. On y apprend beaucoup de choses et d'anecdotes utiles dans les dîners en ville - c'est Charles IX qui fixa le début de l'année au 1er janvier alors qu'il était jusqu'ici célébré le 1er mars. Mais on est surtout emballé par la forme du récit, qui se lit d'une traite, sourire aux lèvres et laisse perplexe : Jean Teulé est-il sain d'esprit ?



  • Les premières lignes

- Un mort ?
Un gentil garçon semblant à peine sorti de l'adolescence - il vient d'avoir vingt-deux ans - écarquille ses grands yeux :
- Quoi ? Vouloir que j'ordonne, pour cette nuit, l'assassinat d'un convalescent surpris en plein sommeil ? Mais vous n'y pensez pas, ma mère ! Et puis quel homme, l'amiral de Coligny que j'appelle «mon père». Jamais je ne scellerai cet édit !
Tout loyal, franc, ouvert du coeur et de la bouche, le garçon, à haute fraise blanche entourant sa gorge jusqu'au menton, s'étonne :
- Comment pouvez-vous venir me réclamer la mort de mon principal conseiller qui déjà hier matin, sortant du Louvre, fut arquebuse dans la rue par un tueur caché derrière du linge séchant à une fenêtre ?... Il n'est que blessé. Ambroise Paré dit qu'il s'en tirera et je m'en réjouis.
- Pas nous, répond une voix de matrone au fort accent italien. D'autant que c'est ton jeune frère et moi qui avions commandité l'attentat.
- Quoi ? !
Le garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions, n'en revient pas. Sous un bouquet de duvet de cygne à sa toque, il tourne lentement la tête vers les six personnages assis côte à côte devant lui. L'un d'eux, vieux gentilhomme vêtu d'une jupe de damas cramoisi, regrette :
- Sire, le seigneur de Maurevert, tueur professionnel mais mal habitué aux armes à feu, voulait faire ça à l'arbalète. Pour plus de sûreté, nous lui avons imposé l'arquebuse. Mal nous en a pris. Au moment du tir, Coligny s'est penché pour réajuster sa mule. Maurevert a manqué sa cible.
Le jeune roi aux joues arrondies hoche la tête d'un air consterné :
- Quand je pense que cet après-midi je suis allé rue de Béthisy, au chevet de l'amiral, lui promettre de faire rechercher et punir les coupables... C'étaient ma mère et mon frère !... Mais pourquoi avez-vous décidé ça, tous les deux, mamma ?
Mamma, assise juste en face de son rejeton royal, porte autour du cou une immense collerette tuyautée en façon de roue de carrosse. Couverte d'une poudre de riz parfumée, celle-ci enfariné le haut des manches bouillonnées d'une robe noire de veuve. Yeux globuleux et joues molles, les lèvres lippues de la reine mère remuent :
- Charles, écoute-moi... Gaspard Coligny de Châtillon, certes grand amiral de France mais aussi chef du parti protestant, a maintenant trop d'emprise sur toi. Et depuis des semaines, il te presse en secret d'intervenir aux Pays-Bas espagnols sous prétexte que Philippe II y opprime les huguenots.
- Comment le savez-vous puisque c'est en secret ?


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