La forme de la peur / Passion du livre

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.. La forme de la peur

Couverture du livre La forme de la peur

Auteur : Giancarlo De Cataldo | Mimmo Rafele

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 10/03/2011

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Noir

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782864247173

GENCOD : 9782864247173

Sorti le : 17/02/2011

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  • La présentation de l'éditeur

Marco Ferri, hooligan devenu policier pour combattre la Fureur qui gronde en lui, entre dans l'équipe de Mastino, adepte des solutions expéditives et ultraviolentes, et bientôt responsable d'une unité antiterroriste. Dantini, le mentor bien-aimé de Marco, est assassiné. Tout a été préparé pour que le meurtre soit imputé à Guido, un jeune anarchiste qui doit mourir en même temps que sa cible, mais le garçon survit. Il est pris en charge par Lupo, le chef des Affaires internes, qui pressent derrière le crime la main d'un vieil ennemi, le Commandant. Sous les ordres de celui-ci, Mastino met en scène un énorme attentat islamiste. Entre ces hommes et leurs jeux de pouvoirs circulent Daria, la brillante assistante de Lupo, et Alissa, impitoyable tueuse marquée d'une fêlure d'enfance qui fera tout basculer...
Corruption généralisée et individus intègres, manipulations géopolitiques et guerres de civilisations : voici, dans une Italie crépusculaire et un Belleville de légende, une plongée dans les coulisses du monde contemporain comme nous y a habitués l'auteur de Romanzo criminale. Où tout l'enjeu sera de donner une forme à cet inégalable outil de gouvernement : la peur.

Giancarlo De Cataldo, magistrat, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie, devenu aussi une grande signature de la presse et un homme de télévision apprécié. Il est l'auteur de Romanzo criminale, La Saison des massacres, et Le Père et l'Étranger.

Mimmo Rafele, scénariste de cinéma, a travaillé avec les plus grands noms du cinéma transalpin. Il cosigne ici son premier roman.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

CAMPAGNE AUX ENVIRONS DE KNIN
République serbe de Krajina, 7 août 1995

Le jour où l'armée régulière croate reprit Knin et où l'opération Tempête effaça la république serbe de Krajina, ce même jour le Commandant tua quatre de ses meilleurs hommes. Ils s'étaient perdus de vue sur les hauteurs autour de la ville, pendant que sa bande et celle de Pilic donnaient la chasse aux quelques Serbes armés qui s'entêtaient à résister aux troupes de Franjo Tudman. La ténacité désespérée des Serbes remplissait d'admiration le Commandant. Même si un jeu complexe de circonstances l'avait obligé à se placer du côté de Zagreb, ses sympathies allaient à ces combattants impitoyables mais en même temps loyaux qui, au fond, ne faisaient que défendre leur vie. Malheureusement pour eux, les nombreux intérêts du Commandant ne prévoyaient, en ce moment, aucune forme de collaboration avec les Serbes de Krajina : autrement, peut-être, l'affaire aurait pris un tout autre cours.
Toutefois, si le Commandant avait décidé de se priver de quatre éléments valides, ce ne fut pas à la suite de considérations de caractère politique, et encore moins en raison d'un sursaut humanitaire. Depuis quatre ans se menait dans les Balkans une guerre sans merci. Et comme dans les guerres, ce qui compte, c'est de l'emporter sur l'ennemi, le viol ethnique, les déportations de masse, les exécutions sommaires et le surplus de cruauté auxquels les combattants de tous les bords s'abandonnaient durant les actions, toutes ces pratiques devaient être jugées en termes exclusivement militaires. Quelques semaines auparavant, c'étaient les Serbes du général Mladic qui avaient massacré Dieu sait combien de milliers d'hommes et de femmes seulement parce qu'ils étaient de religion musulmane. Certains excès, durant la guerre, sont non seulement inévitables, mais sans aucun doute utiles. Mais il faut comprendre quand est venu le moment d'arrêter.
Ce qui l'avait poussé à un geste aussi extrême - aucun commandant ne se prive de gaieté de coeur des gars avec lesquels il a partagé l'âpre odeur de la bataille et le risque de mort -, ce fut donc la nécessité de marquer la frontière nette qui sépare un soldat d'un assassin, un combattant d'un mercenaire. Le soldat, même quand il n'est pas encadré dans une unité régulière, même privé d'uniforme, obéit aux ordres sans discuter. L'assassin, le mercenaire, représente l'aspect anarchique de la guerre. On doit lui reconnaître une certaine utilité. Mais quand il commence à travailler pour lui-même et néglige la cause, il doit être inexorablement puni.


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