L'apprenti du philosophe / Passion du livre

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.. L'apprenti du philosophe

Couverture du livre L'apprenti du philosophe

Auteur : James Morrow

Traducteur : Philippe Rouard

Date de saisie : 08/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Collection : Littérature générale

Prix : 23.00 €

ISBN : 9782846262897

GENCOD : 9782846262897

Sorti le : 10/02/2011

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Mason Ambrose, un étudiant en philosophie bavard et égocentrique, touche le fond après que le travail de sa vie, Éthiques de la terre, a été mis en miettes par un rival aigri. Après s'être vu offrir un poste de professeur sur une île qui aurait fait la fierté du Dr Moreau, le bon thésard se lance vite dans des joutes verbales avec son élève, une érudite blessée mais obstinée appelée Londa, à qui il a pour mission de transmettre rien de moins qu'une morale fonctionnelle.
Sur cette île la matriarche et mère de Londa, la généticienne Edwina Sabachthani, s'est adonnée à des tests génétiques pour créer des arbres conscients, un iguane mutant doué de parole et d'autres aberrations de la nature. Après le décès prématuré d'Edwina, Mason et ses collègues professeurs s'accordent, à leurs risques et périls, pour ne rien dévoiler du secret de Londa et de sa fratrie hors normes.
Après s'être échappé, Ambrose s'essaye à la vie de couple avec une jeune et belle étudiante anglaise, mais l'apparition fracassante d'un homme qui dit se nommer John Snow et appelle Mason «papa» vient bouleverser la tranquillité qu'il chérissait. Entre-temps, Londa a abandonné la science et est devenue une célébrité médiatique à l'influence considérable et à la vision plus sombre, insufflée par les Évangiles, d'un nouvel âge d'or pour l'humanité. Lancé vers son destin, Mason doit choisir entre consommer et détruire son premier amour.
«Essaie de retenir ton jugement jusqu'à ce que tu saisisses la vision d'ensemble», lui conseille Londa. Une prudence salutaire pour les lecteurs de cette pièce à haute ambition morale, savant mélange de sacré et de profane qui lorgne aussi bien du côté de la philosophie éthique que de Mary Shelley ou George Bernard Shaw.

Né en 1947, diplômé d'Harvard, James Morrow a retenu de ses études supérieures littéraires, en particulier de sa découverte de Camus et du siècle des Lumières, son goût pour le roman philosophique et satirique, et aime à se considérer comme un «pèlerin ironique». Doté d'un solide sens de l'humour, il écrit depuis toujours des romans iconoclastes, allégories philosophiques pleines d'érudition et de fantaisie, qui s'apparentent en fait à des contes voltairiens, en plus drôle. À la parution de La Grande Faucheuse qui vient clore sa trilogie sur le corpus dei (Au diable vauvert), il déclarait : «Dieu m'a mis sur Terre pour que je passe ma vie à élaborer des théories prouvant qu'il n'existe pas.»

Auteur de plusieurs romans, lauréat pour En remorquant Jéhovah (Au diable vauvert) du World Fantasy Award 1995, l'un des prix littéraires les plus prestigieux dans le domaine de la SF, Morrow accède de livre en livre à une reconnaissance plus large, grâce au soutien inconditionnel des libraires et bibliothécaires qui l'ont lu.





  • Les premières lignes

Tout commence par un papillon. L'insecte en question, un monarque, voletait au-dessus des guirlandes de belles-de-jour festonnant la barrière de mon appartement au rez-de-chaussée, et il plongeait sa trompe dans le fin pollen des cônes bleus. C'était un chaud et fécond matin d'août, et j'avais vingt-sept ans. Contemplant ce Danaus plexippus par un trou dans la porte grillagée, j'étais proprement fasciné par les antennes éthérées et les ailes orange rayées de bandes noires, aussi remarquables que des vitraux. Combien sacré il devait paraître aux yeux d'un insecte plus modeste... une véritable révélation pour un criquet.
Il me revint fatalement en mémoire la fameuse énigme de Lao-tseu. «Suis-je un homme rêvant qu'il est un papillon ou bien un papillon rêvant qu'il est un homme ?» Me livrant à une petite expérience, je changeai mentalement ma place avec le monarque. Je ne sais si ce dernier prit plaisir à être un thésard en philosophie, fauché et nourrissant un fort penchant pour l'éthique mais, de mon côté, ma condition de lépidoptère me réjouissait. Le soleil réchauffait mes ailes, le nectar apaisait ma faim, et le parfum comblait mes organes olfactifs, situés, devinez où, dans mes pattes.
Le téléphone sonna. Un représentant de ma banque m'incitait ardemment à m'enfoncer un peu plus dans les dettes. Je raccrochai sèchement et tentai de retourner à ma rêverie taoïste, mais celle-ci s'était évaporée. Peu importe, le papillon avait fait son office. Grâce à cette fragile créature, j'avais trouvé le point d'ancrage de ma thèse de doctorat. Mason Ambrose, moraliste embryonnaire, fonderait les impératifs inhérents au lien existant entre l'humanité et le Danaus plexippus et les insectes en général, ainsi qu'à toute chose dans le monde se prévalant d'avoir ailes, pattes, tentacules, griffes, serres, écailles, plumes, nageoires, fourrure ou chair. Et ce fut avec une bouffée de joie que je mesurai que cette attitude darwiniste ne séduirait ni les marxistes séculiers, dont les enseignements éthiques barbotaient exclusivement dans le cours brutal de l'histoire, ni les chrétiens évangélistes pour lesquels une éthique naturaliste était une contradiction dans les termes, ni les mystiques des classes moyennes, qui détestaient tout débat fleurant le déterminisme biologique. Une position philosophique susceptible de heurter la gauche collectiviste, la droite bondieusarde et la frange née sous le signe du Verseau, avait à mes yeux bien des atours.


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